Pallade Veneta - Gabon: Sylvia et Noureddin Bongo condamnés à 20 ans de prison par contumace pour détournement de fonds publics

Gabon: Sylvia et Noureddin Bongo condamnés à 20 ans de prison par contumace pour détournement de fonds publics


Gabon: Sylvia et Noureddin Bongo condamnés à 20 ans de prison par contumace pour détournement de fonds publics
Gabon: Sylvia et Noureddin Bongo condamnés à 20 ans de prison par contumace pour détournement de fonds publics / Photo: Richard A. Brooks - AFP/Archives

Sylvia et Noureddin Bongo, épouse et fils du président gabonais déchu Ali Bongo, ont été condamnés mercredi à 20 ans de réclusion criminelle en leur absence, notamment pour détournement de fonds publics.

Taille du texte:

Les récits de certains co-accusés et témoins au cours des deux jours de procès ont révélé un système de captation de l'argent public "au profit d'intérêts privés", se chiffrant en milliards de francs CFA selon le réquisitoire du procureur général Eddy Minang. Et à la barre, certains d'entre eux ont dévoilé les sommes vertigineuses, en milliards de francs CFA, issues des caisses publiques et utilisées à titre privé.

Le président de la cour criminelle spécialisée, Jean Mexant Essa Assoumou, a suivi les réquisitions du ministère public et déclaré Sylvia Bongo, 62 ans, coupable de "recel et de détournement de fonds publics et de blanchiment de capitaux, usurpation de fonds et d'instigation au faux", et Noureddin Bongo, 33 ans, de "détournement de deniers publics, de concussion, d'usurpation des titres et de fonction, de blanchiment aggravé de capitaux et d'association de malfaiteurs".

Tous deux ont été condamnés à "20 ans de réclusion criminelle et 100 millions de francs CFA d'amende (environ 152.000 euros)".

Au titre du préjudice financier subi par l'Etat gabonais constitué partie civile, la justice a également condamné Noureddin Bongo à payer plus de 1.201 milliards de francs CFA (1,83 milliard d'euros). Sylvia et Noureddin Bongo devront aussi payer ensemble 1.000 milliards de francs CFA (1,52 milliard d'euros) à l'Etat gabonais au titre de préjudice moral.

Comme annoncé depuis la mi-octobre, ni Sylvia ni Noureddin Bongo, installés à Londres, ni leurs avocats ne se sont présentés à l'audience. "Les conditions d'un procès juste et équitable ne sont toujours pas réunies", a déclaré Noureddin Bongo dans un entretien à l'AFP mercredi.

Arrêtés après le coup d'Etat du 30 août 2023 du président Brice Oligui Nguema, depuis élu président, Sylvia et Noureddin Bongo avaient été emprisonnés pendant 20 mois au Gabon avant d'être autorisés à quitter le pays dans le cadre d'une liberté provisoire.

- "Tortures" -

Noureddin Bongo a aussi été reconnu coupable de "corruption active" des membres du Centre gabonais des élections (CGE), la commission électorale de 2023, pour avoir leur avoir remis la somme de 500 millions de francs CFA afin "d'obtenir une décision favorable à son père", annoncé vainqueur de la présidentielle avant d'être déposé, a détaillé le président de la cour M. Assoumou.

Dix anciens proches collaborateurs des Bongo, pour la plupart eux aussi arrêtés lors du coup d'Etat de 2023, comparaissent encore jusqu'à vendredi. Ils sont accusés notamment de complicité de détournement de fonds publics, corruption active, concussion, faux et usage de faux, association de malfaiteurs et blanchiment de capitaux.

Sylvia et Noureddin Bongo, qui possèdent comme Ali Bongo la nationalité française, ont déposé plainte pour "tortures" devant la justice française. Ils affirment avoir été, durant leur détention au Gabon, "violemment torturés à répétition par les militaires les plus proches du président Oligui Nguema: fouettés, électrocutés, noyés, battus et bien pire".

La famille Bongo - le père, Omar, pilier de la Françafrique de 1967 à 2009, puis le fils, Ali - a dirigé pendant 55 ans le Gabon, un petit Etat d'Afrique centrale riche en pétrole, dont l'élite est accusée par ses opposants de "corruption massive" et de "mauvaise gouvernance".

Le général Oligui, devenu officiellement président du pays mi-avril, avait démenti fin mars toute forme de torture et promis que Sylvia et Noureddin Bongo feraient l'objet d'un "procès équitable".

D.Bruno--PV

En vedette

Pétition contre la loi Duplomb: le débat, inédit, loin de réconcilier les deux camps à l'Assemblée

Six mois après avoir recueilli plus de deux millions de signatures, la pétition contre la loi Duplomb a été discutée mercredi à l'Assemblée lors d'un débat inédit, mais sans vote, qui n'a pas permis de réconcilier deux camps frontalement opposés sur la question de la réintroduction d'un pesticide interdit.

Procès du RN: Marine Le Pen fixée sur son sort le 7 juillet

Marine Le Pen connaîtra le 7 juillet son sort judiciaire, et donc politique: la cour d'appel de Paris s'est donnée presque cinq mois après la fin des débats, mercredi en fin d'après-midi, pour statuer dans le dossier des assistants des eurodéputés du RN.

Le ministre américain de l'Énergie au Venezuela pour débloquer les freins à l'investissement pétrolier

Le ministre américain de l’Énergie Chris Wright est arrivé mercredi au Venezuela pour des rencontres avec la présidente par intérim Delcy Rodriguez et des dirigeants du secteur pétrolier, afin de débloquer les freins à l'investissement de compagnies américaines.

Le projet de loi-cadre sur les transports sur les rails

Remplacer des rails, élargir les canaux, mais comment payer? Le projet de loi-cadre sur les transports présenté mercredi en conseil des ministres doit permettre de piocher dans la manne autoroutière pour financer la rénovation d'infrastructures délaissées depuis des décennies.

Taille du texte: