Pallade Veneta - Au Portugal, l'extrême droite ébranle encore un peu plus l'échiquier politique

Au Portugal, l'extrême droite ébranle encore un peu plus l'échiquier politique


Au Portugal, l'extrême droite ébranle encore un peu plus l'échiquier politique
Au Portugal, l'extrême droite ébranle encore un peu plus l'échiquier politique / Photo: FILIPE AMORIM - AFP

Avec sa qualification pour le second tour de l'élection présidentielle au Portugal, le candidat d'extrême droite André Ventura pose un défi grandissant aux partis traditionnels, et en particulier au chef du gouvernement minoritaire de droite Luis Montenegro.

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C'est le candidat socialiste Antonio José Seguro qui a remporté le premier tour de dimanche, avec 31,1% des suffrages, déjouant les pronostics des sondages qui annonçaient une victoire de M. Ventura. Mais ce dernier peut désormais prétendre à diriger l'ensemble de la droite, comme il l'a aussitôt proclamé.

Avec un score de 23,5%, le président du parti Chega ("Assez") a nettement distancé le candidat libéral Joao Cotrim Figueiredo, arrivé troisième avec 16% des voix, et, surtout, le candidat soutenu par le gouvernement, Luis Marques Mendes, relégué à la cinquième position avec 11,3% des suffrages.

"C'est un pas de plus pour la croissance électorale et politique de la droite radicale dans le contexte de la droite au Portugal", commente pour l'AFP le politologue Antonio Costa Pinto, de l'Institut des sciences sociales de l'Université de Lisbonne (ICS).

"Ce qui importe maintenant c'est le niveau d'hégémonie à droite qu'atteindra Ventura, en fonction de son résultat électoral" lors du second tour de l'élection présidentielle, qui se tiendra le 8 février, ajoute cet analyste.

- "Absence de démarcation" -

"Cela représente un gros problème pour un gouvernement minoritaire qui doit négocier avec André Ventura pour survivre", conclut-il.

Signe de la difficulté dans laquelle se retrouve le Premier ministre Luis Montenegro, celui-ci a exclu dès dimanche soir de donner une consigne de vote en faveur de M. Seguro, un socialiste pourtant très ancré au centre, ou du chef de file de l'extrême droite.

"Cela peut lui servir à court terme, pour ne pas repousser les électeurs d'André Ventura, mais l'absence de démarcation peut finir par le pénaliser électoralement", note Paula Espirito Santo, professeure de sciences politiques à l'Institut supérieur des sciences sociales et politiques de l'Université de Lisbonne (ISCSP).

Même sans arriver en tête du premier tour, le patron de Chega obtient "une grande victoire, car il dépasse les partis de la droite traditionnelle et confirme son statut de chef de l'opposition", atteint lors des législatives de mai dernier, en obtenant 22,8% des voix et davantage de députés que le Parti socialiste, souligne-t-elle.

Cette élection présidentielle peut servir de "tremplin" pour M. Ventura en vue de prochaines élections législatives, puisque "son objectif est de devenir un jour Premier ministre", poursuit cette politologue.

- "Imprévisibilité" -

En ce qui concerne l'issue du second tour qui se jouera dans trois semaines, les observateurs placent le candidat du centre gauche dans le rôle du favori, en ligne avec toutes les enquêtes réalisées avant le vote de dimanche, mais restent prudents.

"Il y a toujours une part d'imprévisibilité", indique Mme Espirito Santo, même si elle estime qu'il est "très difficile" pour André Ventura d'accroître suffisamment son électorat pour l'emporter.

"Antonio José Seguro est le probable prochain président, mais il doit mobiliser davantage d'électeurs", note par ailleurs Antonio Costa Pinto.

Selon cet expert, le candidat de centre gauche va continuer à jouer la carte de la modération pour progresser parmi les électeurs du centre et du centre droit.

M. Ventura va en revanche chercher la "polarisation" et faire un "chantage" aux autres dirigeants de droite en les rendant responsables de la victoire de la gauche s'ils ne le soutiennent pas, prévoit M. Costa Pinto.

Comme le résume le quotidien de référence Publico dans son éditorial de lundi, le second tour de l'élection présidentielle au Portugal sera un combat "entre modération et radicalisme".

U.Paccione--PV

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