Pallade Veneta - Népal: début de la campagne des législatives, notamment dans le district-clé de Jhapa

Népal: début de la campagne des législatives, notamment dans le district-clé de Jhapa


Népal: début de la campagne des législatives, notamment dans le district-clé de Jhapa
Népal: début de la campagne des législatives, notamment dans le district-clé de Jhapa / Photo: Prakash MATHEMA - AFP/Archives

La campagne pour les élections législatives du 5 mars au Népal a débuté lundi, cinq mois après les manifestations des jeunes du mouvement Génération Z qui ont contraint le gouvernement à la démission.

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L'encre des premiers tracts à peine sèche, tous les yeux sont déjà tournés vers Jhapa (sud-est), théâtre du duel entre le "vieux" KP Sharma Oli, 73 ans, l'ancien Premier ministre marxiste renversé par les émeutes de septembre, et le "jeune" Balendra Shah, 35 ans, l'ex-maire de Katmandou soutien de la contestation.

Dès lundi matin, les deux adversaires se sont lancés à l'assaut des 163.000 électeurs de cette circonscription qui inclut la ville de Jhapa et les campagne environnante, bastion électoral de l'ex-chef du gouvernement.

"Cette nation a besoin de KP Oli", a lancé à l'AFP un de ses fidèles soutiens, Hima Karki, 66 ans. "Il est le sauveur de la nation, il est certain de l'emporter ici", a-t-il ajouté, "d'autres vont peut-être gagner sur les réseaux sociaux mais lui va gagner la vraie élection".

"Le changement n'est pour moi possible que par les jeunes, il est grand temps de grandir politiquement et de travailler à l'avènement d'un nouveau Népal", a rétorqué Chhabi Khatiwoda, 33 ans, un habitant qui a déjà décidé d'abandonner M. Oli pour jouer la carte jeunes.

- "L'avenir du pays" -

Près de 19 millions d'électeurs - dont plus de 800.000 nouveaux inscrits - sont appelés le mois prochain à élire les 275 membres de la chambre basse du Parlement, 165 au scrutin uninominal à un tour et les 110 autres à la représentation proportionnelle.

Le scrutin a été convoqué dans la foulée de la "révolution" de l'automne dernier et la nomination d'un gouvernement provisoire confiée à l'ancienne présidente de la Cour suprême, Sushila Karki.

Le 8 septembre, des milliers de jeunes Népalais étaient descendus dans les rues de Katmandou pour protester contre la suspension des réseaux sociaux, la corruption des élites et le chômage. La police a ouvert le feu, faisant de nombreuses victimes.

Le lendemain, les émeutiers ont repris le contrôle des rues de la capitale et détruit, incendié ou pillé de nombreux bâtiments publics symboles du pouvoir, dont le Parlement, et un grand nombre de commerces.

Ces émeutes, inédites depuis la fin de la guerre civile en 2006, ont fait 77 morts et des centaines de blessés.

"C'est une élection très particulière. Elle doit permettre au pays de sortir de la crise", a commenté la semaine dernière Mme Karki lors d'une visite à Taplejung (est) pour superviser la préparation du scrutin. "Cette élection va engager l'avenir du pays".

La commission électorale a enregistré un total de 3.406 candidats. Un tiers d'entre ont sont âgés de moins de 40 ans, reflet du rajeunissement de la classe politique amorcé par les émeutes de l'automne dernier.

- Rajeunissement -

Depuis l'abolition de la monarchie en 2008, le pays a été dirigé par des Premiers ministres issus des trois mêmes partis, nourrissant largement la frustration de la population et le rejet de la classe politique.

La contestation de septembre a suscité la naissance de plusieurs partis politiques et le renouvellement des dirigeants de plusieurs autres.

Le parti de centre gauche du Congrès népalais a lui aussi fait sa révolution de génération en poussant vers la sortie le mois dernier son chef Sher Bahadur Deuba, 79 ans et quatre fois Premier ministre. Ses membres lui ont préféré Gagan Thapa, 49 ans.

Mais, incarnée par M. Oli, la vieille garde résiste.

Et les partisans d'un rétablissement de la monarchie n'ont pas désarmé non plus. Vendredi dernier encore, ils étaient plusieurs milliers à se masser dans les rues de Katmandou pour acclamer le cortège de l'ex-roi Gyanendra Shah, de retour de vacances.

La commission électorale a annoncé que la date du 5 mars serait tenue, malgré les inquiétudes suscitée par la météo - froid et neige - de la saison dans les villages les plus reculés ou en altitude du pays himalayen.

Quelque 300.000 policiers et militaires seront mobilisés pour assurer la sécurité des opérations électorales.

U.Paccione--PV

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