Pallade Veneta - Le Mexique déploie 10.000 soldats pour mettre fin aux violences après l'élimination d'un chef de cartel

Le Mexique déploie 10.000 soldats pour mettre fin aux violences après l'élimination d'un chef de cartel


Le Mexique déploie 10.000 soldats pour mettre fin aux violences après l'élimination d'un chef de cartel
Le Mexique déploie 10.000 soldats pour mettre fin aux violences après l'élimination d'un chef de cartel / Photo: Enrique CASTRO - AFP

Le Mexique a déployé 10.000 soldats dans l'ouest de son territoire pour contenir les violences déclenchées par la mort du baron de la drogue le plus recherché du pays, qui ont fait des dizaines de morts.

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Nemesio Oseguera, alias El Mencho, chef du Cartel de Jalisco Nueva Generacion (CJNG), a été blessé dimanche lors d'une opération militaire dans la ville de Tapalpa, dans l'Etat de Jalisco (ouest), et est mort pendant son transfert en avion vers Mexico, selon l'armée.

L'annonce de sa mort a provoqué une violente réaction du cartel dont des membres présumés ont dimanche bloqué des routes, incendié des véhicules, attaqué des stations-service, des commerces et des banques, et affronté les autorités dans 20 Etats mexicains.

Au moins 25 membres de la garde nationale, ainsi qu'un agent de sécurité et un fonctionnaire du parquet, ont été tués dans l'opération militaire et les affrontements qui ont suivi, a déclaré le ministre de la Sécurité, Omar Garcia Harfuch.

Lors de ces événements, 30 membres du cartel ont été tués par les forces de l'ordre, a-t-il ajouté.

Les autorités espèrent mettre fin aux troubles à quatre mois du Mondial 2026 de football, co-organisé avec les Etats-Unis et le Canada et dont Guadalajara, capitale de l'Etat du Jalisco, sera l'une des villes-hôtes.

La présidente Claudia Sheinbaum a assuré lundi qu'il n'y avait plus de barrages routiers, mais l'AFP en a observé certains près de Guadalajara et du lieu de l'arrestation du baron de la drogue.

Le pays "est en paix, il est calme", a affirmé la dirigeante de gauche.

- Commerces et écoles fermés -

A Guadalajara, les rues étaient à moitié désertes et la plupart des commerces étaient restés fermés lundi en raison de la peur.

"La situation est un peu critique, à peine quelques commerces ont ouvert (...) Ma famille n'est pas sortie aujourd'hui", a déclaré à l'AFP Jorge Martinez, un retraité de 70 ans qui a pris le risque d'aller faire des courses dans une pharmacie. Il a été servi à travers une fenêtre.

"On sort avec un peu de peur", raconte aussi Teresa Loza, 51 ans, qui doit s'occuper d'un neveu hospitalisé.

Les écoles ont suspendu les cours dans le Jalisco et dans une dizaine d'autres Etats par crainte de nouvelles violences.

Guadalajara est la deuxième ville la plus importante du Mexique et sera le siège de quatre matchs de la Coupe du monde de football 2026.

Sollicitée par l'AFP, une porte-parole de la Fifa a indiqué que l'instance ne souhaitait pas faire de commentaire à ce stade sur la situation au Mexique.

- Renseignement américain -

Tué à l'âge de 59 ans, Nemesio Oseguera était considéré comme le dernier des grands parrains depuis l'arrestation des fondateurs du cartel rival de Sinaloa, Joaquin Guzman "El Chapo", et Ismael "Mayo" Zambada, incarcérés aux Etats-Unis.

A la tête du CJNG, il était l'un des barons de la drogue les plus recherchés par le Mexique et les Etats-Unis, qui offraient jusqu'à 15 millions de dollars pour sa capture.

Le CJNG a été qualifié en 2025 d'"organisation terroriste" par les Etats-Unis, qui l'accusent de trafic de cocaïne, d'héroïne, de méthamphétamine et de fentanyl.

Donald Trump a érigé en priorité la lutte contre le narcotrafic et a exhorté plusieurs fois Claudia Sheinbaum à laisser Washington envoyer des forces lutter contre les cartels qui opèrent au Mexique.

La dirigeante de gauche a confirmé lundi qu'il n'y avait pas eu "de participation des forces des États-Unis dans l'opération", mais "beaucoup d'échange d'informations".

La mort du chef de l'une des organisations criminelles les plus puissantes au monde suscite des interrogations sur qui lui succédera.

M. Oseguera "était omniprésent" et "n'avait pas de successeurs évidents", si bien que des scissions pourraient se produire au sein du CJNG, estime Gerardo Rodriguez, expert en sécurité à l'Université des Amériques à Puebla, interrogé par l'AFP.

D.Vanacore--PV

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