Pallade Veneta - Le Venezuela réclame la libération de Maduro devant l'ONU et libère des prisonniers politiques

Le Venezuela réclame la libération de Maduro devant l'ONU et libère des prisonniers politiques


Le Venezuela réclame la libération de Maduro devant l'ONU et libère des prisonniers politiques
Le Venezuela réclame la libération de Maduro devant l'ONU et libère des prisonniers politiques / Photo: Federico PARRA - AFP

Le Venezuela a réclamé lundi aux Nations unies la libération "immédiate" du président déchu Nicolas Maduro, tout en relâchant des prisonniers dans le cadre de l'amnistie promulguée par la présidente par intérim sous la pression de Washington.

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"On est libres!" ont crié une trentaine de détenus, cranes rasés, T-shirts blancs, en sortant de la prison Rodeo 1 à une quarantaine de kilomètres à l'est de Caracas avant d'être accueillis par de nombreux proches qui campaient devant l'établissement depuis des semaines.

"Justice! Liberté!", ont scandé une dizaine de cadets d'école militaire, libérés après avoir été accusés de complot.

Nicolas Maduro et la Première dame Cilia Flores ont été capturés lors d'une spectaculaire opération militaire américaine le 3 janvier. Tous deux attendent d'être jugés pour narcotrafic à New York, où M. Maduro s'est dit "prisonnier de guerre".

Sa vice-présidente Delcy Rodriguez a pris les rênes du pouvoir et opéré de nombreux changements sous pression de Washington, adoptant une loi d'amnistie pour libérer les prisonniers politiques ou réformant le secteur pétrolier pour l'ouvrir au privé.

S'adressant au Conseil des droits de l'Homme des Nations unies, le ministre vénézuélien des Affaires étrangères, Yvan Gil, a demandé "la libération immédiate" par les Etats-Unis de Nicolas Maduro.

"Le 3 janvier 2026 a marqué un tournant d'une extrême gravité. Une action militaire illégale contre notre pays a entraîné la mort de plus de 100 personnes et la détention arbitraire" de M. Maduro et de son épouse, a ajouté le chef de la diplomatie vénézuélienne.

Nicolas Maduro a dirigé le Venezuela d'une main de fer entre mars 2013 et janvier 2026.

- "Torture" -

La loi d'amnistie promulguée jeudi doit permettre de libérer des centaines de prisonniers politiques. Le président de l'Assemblée nationale Jorge Rodriguez, frère de Delcy, a indiqué que 1.500 personnes avaient demandé à bénéficier de la mesure.

La loi a néanmoins été jugée insuffisante par des défenseurs des droits humains. Elle ne couvre pas, par exemple, les cas liés au domaine militaire, fréquents dans la prison de Rodeo 1, où quelque 200 détenus ont entamé une grève de la faim durant le weekend, selon leurs proches.

Dimanche et lundi, une partie d'entre eux ont toutefois pu sortir de prison. Une trentaine ont été libérés en fin d'après-midi.

"Quarante-cinq jours à attendre la libération de mon fils et le voilà avec nous, merci! Nous n'avons de rancune contre personne", a affirmé à l'AFP Manuel Vieira Rodriguez, père de Manuel Vieira Camacho, en référence à la promesse faite le 8 janvier par les autorités des libérations à venir.

Son fils fait partie d'un groupe de "cadets" de l'armée, accusés de conspiration. La période d'incarcération "a été très difficile. Nous sommes ici, la tête haute", il faut maintenant "profiter de la liberté et continuer à se battre pour ceux qui sont là-bas" (dans la prison), a-t-il ajouté.

"J'ai subi de la torture, des coups, des mauvais traitements physiques. Ils m'ont menacé d'emprisonner mon père si je ne disais pas ce qu'ils voulaient... Ils m'accusent de choses qui ne tiennent pas la route", a confié un des cadets, Jesus Daniel Rivas Avila.

"J'ai été victime de négligence médicale, j'ai eu quatre maladies: dengue, tuberculose, pneumonie et hépatite B. Il ne me reste plus qu'un seul testicule (en raison de coups NDLR). On m'a dit que j'allais mourir et je suis vivant", a-t-il poursuivi soulignant toutefois vouloir continuer sa carrière dans l'armée.

Dans la lignée des concessions faites à Washington, le gouvernement a annoncé le début de la transformation de l'Hélicoïde, prison symbole des tortures et des détentions arbitraires dans le pays, dont la présidente par intérim avait promis la fermeture mais qui accueille toujours des détenus.

Mme Rodriguez a aussi écarté lundi du gouvernement Camilla Fabri, l'épouse d'Alex Saab, homme lige de M. Maduro qui a été en charge des importations du pays. Arrêté en 2020 au Cap-Vert et extradé vers les Etats-Unis qui l'accusaient de détournement d'aide alimentaire et de blanchiment, Alex Saab avait été échangé en 2023 contre dix Américains emprisonnés au Venezuela et était rentré triomphalement dans le pays.

Alex Saab a été limogé de son poste de ministre de l'Industrie au début de l'année. Début février, des médias ont fait état de son arrestation à la demande du FBI mais une source proche du pouvoir a confié à l'AFP que M. Saab était "dans sa maison".

F.Dodaro--PV