Pallade Veneta - La justice "partiellement favorable" à l'extradition d'un patron de presse sénégalais

La justice "partiellement favorable" à l'extradition d'un patron de presse sénégalais


La justice "partiellement favorable" à l'extradition d'un patron de presse sénégalais
La justice "partiellement favorable" à l'extradition d'un patron de presse sénégalais / Photo: Dimitar DILKOFF - AFP/Archives

La cour d'appel de Versailles a rendu mardi matin un avis "partiellement favorable" concernant l'extradition de Madiambal Diagne, patron de presse sénégalais, critique du pouvoir de son pays.

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"La cour a émis ce jour un avis partiellement favorable sur la demande d’extradition, compte-tenu de la prescription partielle d’une partie des faits visés", a indiqué cette juridiction dans un communiqué.

En septembre, les autorités sénégalaises avaient émis un mandat d'arrêt international contre le patron de presse.

Ce dernier, qui avait été convoqué dans le cadre d'une enquête portant sur de présumées transactions financières suspectes, avait quitté le territoire sénégalais pour la France fin septembre.

"C'est pour nous une demi-victoire, parce que nous n'avons pas été entièrement suivis dans notre argumentation", a déclaré Me Vincent Brengarth, qui défend les intérêts de Madiambal Diagne et précise qu'il compte former un pourvoi en cassation.

Selon Me Brengarth, ce pourvoi n'est pas suspensif de droit, mais "il est évident que compte tenu de l'importance publique de cette affaire, compte tenu de l'importance des enjeux nationaux, internationaux, on n'imagine pas qu'un décret (d'extradition) intervienne dans des conditions aussi dégradées", a-t-il ajouté, précisant que si un décret intervient, il pourra être contesté auprès du conseil d'Etat.

La justice sénégalaise lui impute "des infractions à caractère financier, escroquerie et blanchiment, à l'occasion de contrats passés entre deux sociétés et avec l'Etat sénégalais", avait précisé la cour d'appel de Versailles dans un communiqué en novembre.

"Je me sens vraiment serein, confiant", a déclaré M. Diagne à la presse, entouré de ses soutiens, après le prononcé de la décision.

Il estime néanmoins que "couper la poire en deux" pose "un problème peut-être de droit ou de pratique judiciaire" qui augure d'une "nouvelle bataille judiciaire qui s'engage".

Le patron de presse a néanmoins réitéré sa "confiance" en la justice française, "parce qu'au Sénégal, je ne pourrais pas prétendre à ce traitement-là", a-t-il encore jugé.

Mi-décembre, la ministre sénégalaise de la justice Yassine Fall avait indiqué "suspendre toute extradition vers la France jusqu'à ce que la France réponde" à la demande d'extrader M. Diagne vers le Sénégal.

"M. Madiambal (Diagne) est poursuivi pour des faits délictuels et non criminels. C'est une énorme différence (avec) nos demandes d'extradition qui portent principalement sur des crimes de sang ou des trafics en lien avec la criminalité internationale", avait souligné l'ambassadrice de France au Sénégal Christine Fages, dans un entretien avec la radio publique sénégalaise quelques jours plus tard.

Un commentaire qualifié de "forme d'ingérence" par le ministère sénégalais de la Justice dans un communiqué.

E.Magrini--PV

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