Pallade Veneta - "Pas notre guerre": en Cisjordanie, la stupeur après une première frappe iranienne mortelle

"Pas notre guerre": en Cisjordanie, la stupeur après une première frappe iranienne mortelle


"Pas notre guerre": en Cisjordanie, la stupeur après une première frappe iranienne mortelle
"Pas notre guerre": en Cisjordanie, la stupeur après une première frappe iranienne mortelle / Photo: HAZEM BADER - AFP

Brutalement, "sans avertissement", l'explosion a soufflé un petit salon de beauté de Beit Awa. Jeudi, les habitants de cette localité palestinienne se sont rassemblés pour les funérailles des quatre femmes tuées dans cette première frappe mortelle en Cisjordanie depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.

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Il était environ 21H30 mercredi dans cette petite ville proche de Hébron, dans le sud du territoire palestinien occupé par Israël, en pleins préparatifs pour la fête de l'Aïd el-Fitr, qui marque vendredi la fin du ramadan.

"J'ai été surpris par un bruit. Je suis sorti. Puis cet objet est tombé du ciel, sans le moindre avertissement", raconte Issa Masalmeh, un voisin âgé de 60 ans.

Il a vu alors "des débris, éparpillés sur une surface d'environ 200 mètres carrés, pas seulement sur le point d'impact", puis "les corps déchiquetés des trois femmes".

Une quatrième femme, âgée de 32 ans, enceinte de six mois et grièvement blessée, est décédée quelques heures plus tard.

Jeudi matin, la foule a accompagné les trois dépouilles, recouvertes du drapeau palestinien, portées par des membres des forces de sécurité en uniforme, de l'hôpital de la localité voisine de Doura jusqu'à leur enterrement dans le cimetière de Beit Awa, à 200 mètres du lieu de la frappe.

Les trois corps ont été portés en terre, en attendant le quatrième, dans la tombe entourée par des hommes de tous âges.

- "Aller vers la mort" -

"Nous sommes plongés dans la stupeur et l'incompréhension", confie Fawzi Abou Leil, le maire de Doura, après cette explosion provoquée par la chute de débris à la suite de l'interception d'un missile iranien dans le ciel du territoire palestinien.

Depuis le début de la guerre déclenchée par l'offensive israélo-américaine contre l'Iran et les tirs de missiles iraniens menés en représailles vers Israël, les habitants de Cisjordanie entendent régulièrement des explosions provoquées par des interceptions au-dessus de leurs têtes.

Mais à l'inverse d'Israël, les abris sont rares dans ce territoire.

"Les Israéliens peuvent éviter tout cela parce qu'ils ont des abris (...) des alertes, des sirènes", remarque le maire. "Mais nous, nous n'avons aucun endroit où aller qui offre une protection". "Si nous fuyons, nous risquons de fuir la mort pour aller vers la mort", dit-il.

Selon l'agence palestinienne Wafa, les trois femmes tuées sur le coup mercredi étaient âgées de 17, 36 et 50 ans. Parmi les blessés, d'après le maire, se trouve une petite fille qui a perdu sa mère.

Sur place, des journalistes de l'AFP ont vu les parois et le toit percés d'éclats du salon de beauté, installé dans un petit baraquement métallique jonché de débris. Jeudi matin, des pompiers continuaient à nettoyer avec des lances à haute pression les taches de sang qui maculaient le sol.

- Des cris, et l'horreur -

Dans la maison attenante, Hanane, la mère de Sahra, l'une des femmes tuées, sanglote en silence, entourée par ses autres filles.

Fawzi Abou Leil explique que des éclats provoqués par l'explosion se sont répandus dans dix zones différentes de la province de Hébron. Selon des médias israéliens, l'Iran a une nouvelle fois employé au cours de la nuit des armes à sous-munitions, qui libèrent une multitude de petites charges.

Issa Masalmeh assure qu'en 20 jours de guerre, des débris "sont déjà tombés plus de vingt fois" aux environs. Mais cette fois, ajoute-t-il, "c'est un lieu sensible qui a été touché".

Abdelrazek Masalmeh, un chercheur en neurosciences de 32 ans, qui habite à 200 mètres du lieu de la frappe, a été l'un des premiers à se précipiter.

"J'ai entendu des cris et je suis parti de chez moi en courant. J'ai trouvé la mère de Sahra qui m'a dit +ma fille a été tuée+". Il a tenté en vain de la rassurer, avant d'entrer dans le salon et de découvrir l'horreur.

"C'est un choc, un désastre", dit le chercheur, pourtant habitué aux situations d'urgence. "Nous sommes les victimes. Cette guerre n'est pas la nôtre. Tout cela doit prendre fin".

A.Saggese--PV

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