Pallade Veneta - L'"angoisse" de la hausse du gazole agricole plane sur la fin du congrès de la FNSEA

L'"angoisse" de la hausse du gazole agricole plane sur la fin du congrès de la FNSEA


L'"angoisse" de la hausse du gazole agricole plane sur la fin du congrès de la FNSEA
L'"angoisse" de la hausse du gazole agricole plane sur la fin du congrès de la FNSEA / Photo: Lou BENOIST - AFP

Les agriculteurs de la puissante FNSEA, réunis en congrès à Caen, ont interpellé jeudi la ministre de l'Agriculture Annie Genevard, venue sans nouvelle annonce sur le gazole non routier, dont le prix a explosé et pour lequel ils demandent une aide de "30 centimes par litre".

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Dans la salle comble du parc des expositions de la ville normande, des centaines de congressistes ont brandi des pancartes sur lesquelles on pouvait lire "GNR", lors du discours de leur président Arnaud Rousseau, sifflant et tapant des pieds sur les gradins.

Ils ont réitéré leur action juste avant le discours de clôture par la ministre Annie Genevard, sans réagir ensuite au moment où elle a évoqué le sujet.

La guerre au Moyen-Orient et le blocage du détroit d'Ormuz, par lequel transitent 20% du gaz et 30% des engrais mondiaux, ont entraîné une flambée des prix du gazole, très consommé au printemps par les tracteurs pour les grands travaux agricoles, mais aussi des prix des fertilisants.

"Il y a beaucoup de morosité dans la plaine, beaucoup d'inquiétude. On le ressent ici, c'est très tendu", a constaté Benoît Piétrement, président de l'interprofession des céréales, présent au congrès du syndicat agricole dominant.

"Le prix du carburant a doublé, les trésoreries exsangues ne permettent pas d'acheter des engrais ou du gazole. Cela va avoir des conséquences sur les prochains semis et sur la récolte", redoute-t-il.

"Le prix du GNR et des engrais ne sont pas des lignes comptables, ce sont des angoisses quotidiennes qui brisent nos projets", a clamé dans son discours le président des Jeunes Agriculteurs Pierrick Horel.

"Le Premier ministre vous l'a dit, ce n'est pas pour solde de tout compte et les mesures seront adaptées à l'évolution de la situation", a déclaré Annie Genevard jeudi, rappelant que le budget 2026 prévoyait déjà 1,3 milliard d'euros d'allègement de taxes sur le GNR.

- Reprise des manifestations ? -

La ministre a ajouté qu'elle avait demandé à Bruxelles la mobilisation de "100 millions d'euros de la réserve de crise communautaire pour les céréaliers français" dans le rouge depuis trois ans. "Mais la Commission reste jusqu'ici indifférente à nos relances", a-t-elle regretté.

Annie Genevard est également mobilisée pour demander une suspension de la taxe carbone européenne (MACF) pour les engrais "tant que la Commission n'aura pas proposé des mesures de compensation" pour les agriculteurs.

"Je ne lâche rien", a-t-elle déclaré, alors que plusieurs commissaires se sont fermement opposés à une suspension.

"Sans la prise en charge de 30 centimes sur le GNR, sans la suspension du MACF sur les engrais (...) : nous serons obligés de reprendre nos mobilisations là où nous les avons laissées", a répété Arnaud Rousseau jeudi, évoquant une hausse globale de 60 centimes par litre de gazole depuis le début de la guerre, le 28 février.

Après l'intervention de la ministre, il s'est dit peu surpris de l'absence d'annonce sur le GNR: "On sait très bien que c'est à Matignon que les choses s'opèrent". Mais il a regretté qu'elle n'ait pas apporté "de réponse aux questions concrètes".

"On ne demande pas des aides au revenu, on demande des aides au maintien de l'activité. Le risque c'est que les agriculteurs ne sèment pas cet été (...) parce qu'aujourd'hui, il vaut mieux ne rien faire que continuer à produire. C'est ça le drame", a-t-il insisté.

A l'hiver 2023-2024, la hausse prévue de la taxation du GNR avait été l'un des déclencheurs de la colère dans les campagnes.

Mais après trois hivers de manifestations et blocages à travers la France, l'ampleur d'une mobilisation reste incertaine dans une période d'intenses travaux agricoles.

Dans les coulisses du congrès, plusieurs cadres du syndicat entendent "l'angoisse" remonter des champs et semblent déjà se résoudre à de nouvelles actions. L'un d'eux prévient que, sans réponse concrète d'ici l'élection présidentielle, la mobilisation des agriculteurs pourrait se faire dans les urnes, notamment au profit de l'extrême droite.

F.Dodaro--PV

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