Pallade Veneta - Incertitudes autour des pourparlers entre Iraniens et Américains attendus au Pakistan

Incertitudes autour des pourparlers entre Iraniens et Américains attendus au Pakistan


Incertitudes autour des pourparlers entre Iraniens et Américains attendus au Pakistan
Incertitudes autour des pourparlers entre Iraniens et Américains attendus au Pakistan / Photo: Aamir QURESHI - AFP

L'incertitude règne autour du démarrage à Islamabad de pourparlers entre Iraniens et Américains vendredi, au troisième jour du cessez-le-feu, l'arrivée des délégations n'ayant pas été confirmée, alors que Donald Trump accuse Téhéran de ne pas respecter l'accord.

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La trêve est déjà compromise par les frappes israéliennes qui ont fait plus de 300 morts mercredi au Liban, où Israël lutte contre le Hezbollah pro-iranien.

Ce sont les plus meurtrières au Liban depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, déclenchée le 28 février par une attaque menée conjointement par Israël et les Etats-Unis contre l'Iran, et qui s'est propagée dans la région, faisant des milliers de morts.

"La tenue de pourparlers visant à mettre fin à la guerre dépend du respect par les Etats-Unis de leurs engagements en matière de cessez-le-feu sur tous les fronts, en particulier au Liban", a indiqué le porte-parole de la diplomatie iranienne Esmaïl Baghaï, cité par l'agence Isna.

Sous haute sécurité, Islamabad, où le Pakistan a invité les délégations à se retrouver vendredi, s'est transformée en ville fantôme. Les négociations doivent se tenir dans un hôtel de luxe, mais aucune arrivée de délégation n'a été annoncée jusque-là.

Selon la Maison Blanche, les discussions sont attendues samedi, et la délégation américaine sera menée par le vice-président JD Vance, aux côtés de l'émissaire spécial Steve Witkoff et de Jared Kushner, gendre de Donald Trump.

- "Mauvais boulot" -

Autre ombre sur les négociations, le président américain a accusé l'Iran de faire "vraiment du mauvais boulot" pour "permettre au pétrole de traverser le détroit d'Ormuz".

Le trafic reste grippé dans cette voie maritime stratégique pour le commerce mondial, quasi bloquée par l'Iran depuis le début de la guerre, alors que sa réouverture était une condition du cessez-le-feu.

"Ce n'est pas l'accord que nous avons!", a lancé Donald Trump sur sa plateforme Truth Social, tempérant l'optimisme qu'il avait auparavant exprimé sur la possibilité de conclure un accord de paix.

A ce stade, la trêve n'a pas engendré de hausse du transit par le détroit d'Ormuz selon les données du site MarineTraffic. Un pétrolier non-iranien, le premier depuis le cessez-le-feu, a néanmoins franchi jeudi ce goulet.

En Iran, le flou règne sur le départ d'une délégation pour Islamabad.

"Les informations relayées par certains médias selon lesquelles une équipe de négociateurs iraniens serait arrivée à Islamabad (...) sont totalement fausses" a rapporté l'agence de presse iranienne Tasnim, martelant que les négociations sont suspendues "tant que les Etats-Unis ne respecteront pas leur engagement de cessez-le-feu au Liban".

Le premier grand bulletin d'information vendredi matin à la télévision d'Etat n'a fait aucune mention des négociations.

Des Iraniens ont témoigné à l'AFP de leurs doutes, comme Amir, artiste à Téhéran, qui "ne pense pas que cet accord temporaire et ces négociations" tiendront "même une semaine".

L'ONU, comme nombre de capitales, s'est vivement inquiétée de la poursuite des frappes israéliennes au Liban, entraîné dans le conflit par le Hezbollah qui a attaqué Israël en riposte à l'offensive israélo-américaine en Iran.

- Nouvelles frappes -

Tôt vendredi, les sirènes d'alerte de nouveau ont retenti en Israël, a indiqué l'armée israélienne, après le tir de roquettes en provenance du Liban.

Le Hezbollah a revendiqué après minuit plusieurs frappes de roquettes et drones, notamment sur une ville frontalière en Israël.

Selon un diplomate occidental, des pressions sont exercées sur Israël de la part de pays arabes et européens pour empêcher la poursuite de frappes sur Beyrouth.

Et un responsable américain a affirmé que des pourparlers doivent aussi avoir lieu la semaine prochaine entre Liban et Israël à Washington, une initiative rejetée par le Hezbollah.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait annoncé peu auparavant avoir ordonné à son cabinet d'engager des "négociations directes" avec le Liban.

Mais le Liban insiste sur "un cessez-le-feu avant tout début de négociations", a déclaré à l'AFP un responsable libanais requérant l'anonymat.

- Revendications opposées -

Outre la tenue des pourparlers, le flou porte aussi sur leur contenu, tant les deux belligérants ont des positions opposées sur des points majeurs.

Ainsi, le chef de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique a exclu toute restriction du programme d'enrichissement d'uranium, une des demandes fondamentales des Etats-Unis et d'Israël.

Concernant le détroit d'Ormuz, Donald Trump a mis en garde l'Iran contre tout péage.

Après l'intense mais bref soulagement apporté par la trêve, la prudence règne sur les marchés, où le prix du pétrole reste vendredi matin sous les 100 dollars le baril.

L.Barone--PV

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