Pallade Veneta - Echec des négociations directes entre les Etats-Unis et l'Iran à Islamabad

Echec des négociations directes entre les Etats-Unis et l'Iran à Islamabad


Echec des négociations directes entre les Etats-Unis et l'Iran à Islamabad
Echec des négociations directes entre les Etats-Unis et l'Iran à Islamabad / Photo: Jacquelyn MARTIN - POOL/AFP

Les négociations marathon directes menées à Islamabad entre les Etats-Unis et l'Iran ont échoué dimanche, laissant planer un doute sur le respect de la trêve de deux semaines qui semblait toutefois tenir.

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Le Pakistan, médiateur dans ces pourparlers de plus de 20 heures, a rapidement appelé à ce qu'elle reste observée.

Côté américain ou iranien, personne ne s'est exprimé sur le devenir de ce cessez-le-feu qui doit expirer le 22 avril. Il est le premier dans la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive américano-israélienne sur l'Iran, qui a fait des milliers de morts, plongé le Moyen-Orient dans le conflit et l'économie mondiale dans la tourmente, et se poursuit au Liban.

Après les négociations, une réunion en personne à plus haut niveau entre les deux pays ennemis depuis près de 50 ans et la Révolution islamique de 1979, le vice-président américain JD Vance a quitté le Pakistan après, selon lui, une "offre finale et la meilleure possible".

S'il a déploré lors d'une brève conférence de presse l'absence de "promesse ferme" de Téhéran pour un abandon de son programme d'armement nucléaire, exigence clé du président américain, JD Vance a laissé entendre qu'il accordait encore du temps à l'Iran pour examiner l'offre des Etats-Unis.

Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, qui menait la délégation iranienne, a pour sa part critiqué sur X les Etats-Unis "incapables" selon lui de gagner la confiance de l'Iran pendant les négociations. Le pays avait confirmé la fin des discussions, imputant leur échec aux "demandes déraisonnables" des Etats-Unis, selon la télévision d'Etat iranienne.

"Il était évident dès le départ que nous ne devions pas nous attendre à atteindre un accord en une seule session (de négociations). Personne ne s'y attendait", a déclaré dimanche le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaeil Baqaei, évoquant "une atmosphère de suspicion et de méfiance".

L'ancien ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif a quant à lui estimé dimanche que les pourparlers avaient échoué du fait de tentatives américaines de "dicter leurs conditions".

"complexité des problèmes"

Si JD Vance a placé la question du nucléaire au cœur de l'échec des discussions, il n'a pas fait mention explicitement lors de sa conférence de presse du détroit d'Ormuz. Ce passage stratégique pour l'approvisionnement mondial en hydrocarbures du Golfe est de facto bloqué depuis le début du conflit par l'Iran, avec des conséquences en cascade sur l'économie mondiale, entre pénuries et hausses de prix.

Le porte-parole de la diplomatie iranienne a lui évoqué "la complexité des problèmes et des conditions entourant les négociations".

L'armée américaine a affirmé samedi que deux de ses destroyers avaient franchi le détroit dans une opération préalable à son déminage. "On balaye le détroit", a renchéri Donald Trump, auprès de la presse.

Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de la République islamique d'Iran, ont eux averti tôt dimanche qu'ils agiraient avec "sévérité" contre les navires militaires transitant par le détroit.

Dimanche, à la faveur d'une suspension des combats, les autorités saoudiennes ont annoncé que l'oléoduc traversant d'est en ouest le royaume, équipement crucial pour l'exportation de brut en période de blocage du détroit d'Ormuz, est à nouveau "en état de fonctionnement" après des attaques iraniennes menées en riposte à l'offensive israélo-américaine. Elles ont ciblé des bases et installations américaines dans les pays du Golfe, mais aussi d'importantes installations pétrolières et gazières, des aéroports et des infrastructures civiles.

En Iran, où les autorités ont fait état mardi quelques heures avant l'accord de trêve d'attaques contre des ponts, infrastructures ferroviaires et autoroutes, la coupure quasi totale d'Internet imposée par les autorités depuis le début de la guerre perdurait. Elle en est dimanche à son 44e jour.

- Plus de 2.000 morts au Liban -

En six semaines de conflit, la guerre au Moyen-Orient a fait des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban.

Après l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, Israël a soutenu que le Liban, où il combat le Hezbollah, n'était pas inclus dans l'accord.

Au total, les autorités libanaises ont dit samedi avoir décompté 2.020 morts et 6.436 blessés depuis le 2 mars.

Mercredi, Israël avait mené au Liban les frappes les plus meurtrières de cette guerre, avec au moins 357 morts en une journée, selon un dernier bilan.

Selon la présidence libanaise, des pourparlers doivent avoir lieu mardi entre le Liban et Israël à Washington, rejetés par le Hezbollah.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a dit samedi soir vouloir un accord de paix "qui tiendra pour des générations".

burx/al/hme

B.Fortunato--PV

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