Pallade Veneta - Merz, Zelensky lancent un partenariat stratégique fondé sur la coopération militaire

Merz, Zelensky lancent un partenariat stratégique fondé sur la coopération militaire


Merz, Zelensky lancent un partenariat stratégique fondé sur la coopération militaire
Merz, Zelensky lancent un partenariat stratégique fondé sur la coopération militaire / Photo: Tobias SCHWARZ - AFP

Le chancelier allemand et le président ukrainien ont lancé mardi un partenariat stratégique fondé sur la coopération militaire, l'Europe soutenant Kiev face à Moscou mais cherchant aussi à bénéficier de son expertise gagnée sur le champ de bataille.

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Après la signature notamment d'un accord de coopération dans le domaine de la défense par les ministres compétents, Friedrich Merz a souligné que les milliards versés à l'Ukraine depuis l'invasion russe étaient dans l'intérêt d'une Europe menacée, elle aussi, par Moscou.

"C'est aussi bénéfique pour nous, pour notre sécurité, car aucune armée en Europe n’a été (...) autant éprouvée au combat que l'Ukraine. Aucune société n’est devenue plus résiliente que l'Ukraine, aucune industrie de défense n'est devenue plus innovante que celle de l'Ukraine", a relevé le chancelier devant la presse et au côté de Volodymyr Zelensky.

Une déclaration commune évoque "l'augmentation des capacités de fabrication et de développement des systèmes de défense aérienne et des missiles allemands et ukrainiens", ainsi que "des projets de coproduction de drones".

- Drones germano-ukrainiens -

M. Zelensky a annoncé que les deux pays travaillaient aussi à "un accord bilatéral sur les drones".

"Notre expérience peut être intégrée au système de sécurité européen", a-t-il dit, citant aussi l'exemple de la récente coopération de l'Ukraine avec des pays du Golfe pour faire face aux frappes iraniennes.

L'armée ukrainienne a une expérience de terrain et technologique sans équivalent en matière de drones, devenus des armes essentielles du fait de leur faible coût relatif, de leur efficacité et portée croissante.

Une expertise dont Berlin veut profiter, le chancelier Merz ayant débloqué des centaines de milliards d'euros pour reconstruire l'armée allemande, minée par des décennies de sous-financement, afin de pouvoir faire face à une éventuelle agression russe mais aussi au désengagement américain.

La société allemande Quantum Systems, spécialisée dans ces aéronefs, a annoncé mardi matin la création prochaine de "nouvelles coentreprises avec des fabricants ukrainiens".

La guerre au Moyen-Orient a été l'occasion pour Kiev d'illustrer son expertise, Volodymyr Zelensky dépêchant des spécialistes antidrones et allant lui-même dans des pays visés par les attaques de l'Iran, allié de la Russie.

Le contexte en Europe est aussi plus favorable à l'Ukraine depuis dimanche, et la défaite électorale du Premier ministre hongrois Viktor Orban, proche de Moscou, qui bloque depuis fin 2025 un prêt européen de 90 milliards d'euros de l'UE au pays en guerre, ainsi qu'un nouveau train de sanctions contre Moscou.

M. Merz a appelé à ce que ces moyens soient "rapidement débloqués", le futur dirigeant hongrois, Peter Magyar, devant prendre ses fonctions dans les prochaines semaines.

"Nous comptons sur l'Allemagne", a dit à ce sujet M. Zelensky, relevant que l'argent servira à "relancer la production et l'investissement" dans l'armement.

Dans un geste envers Budapest, il a promis que l'oléoduc Droujba, qui fournit du pétrole russe à la Hongrie via l'Ukraine, "sera réparé" en partie d'ici fin avril.

- Effort diplomatique -

Premier bailleur de Kiev depuis 2025, Berlin veut aussi jouer un rôle central dans le jeu diplomatique, à rebours de Donald Trump qui a imposé des négociations sans les Européens et semble vouloir céder des terres ukrainiennes à la Russie.

Mais ce processus semble au point mort en raison des profondes divergences russo-ukrainiennes.

Et la guerre avec l'Iran, déclenchée par les Etats-Unis et Israël, a relégué de facto la question au second plan.

M. Merz a souligné mardi que tout accord de paix devra avoir "la signature de l'Europe".

"C'est incontournable", a-t-il jugé, à l'attention des Etats-Unis, alors que Berlin accueille mercredi des alliés de Kiev, le secrétaire général de l'Otan Mark Rutte et le ministre britannique de la Défense John Healey.

M. Merz a néanmoins évoqué un point de tension avec Kiev, la question du retour en Ukraine des hommes ayant trouvé refuge en Allemagne: "Nous avons besoins de progrès rapides et clairs".

Car la question migratoire est au centre de l'essor en Allemagne de l'AfD, parti antimigrants et prorusse.

M. Zelensky a voulu différencier les Ukrainiens ayant fui leur conscription illégalement, et ceux plus jeunes, partis avant d'être en âge d'être mobilisés, qui "ont ce droit", a-t-il insisté.

burs-alf/kas/clc

E.Magrini--PV

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