Pallade Veneta - Des lycéens préparent un bac option drones, une première qui intéresse l'armée

Des lycéens préparent un bac option drones, une première qui intéresse l'armée


Des lycéens préparent un bac option drones, une première qui intéresse l'armée
Des lycéens préparent un bac option drones, une première qui intéresse l'armée / Photo: SEBASTIEN BOZON - AFP

Dans un vrombissement, le quadricoptère s'élève du sol avant de slalomer entre des plots. Aux manettes se trouve Quentin, élève en bac professionnel option dronautique, une formation scolaire unique en France, qui intéresse l'armée.

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Onze élèves du lycée Louise Weiss de Sainte-Marie-aux-mines, une commune alsacienne de 5.000 habitants adossée au massif des Vosges, sont les premiers à inaugurer cette spécialité dans le cadre de leur bac professionnel Ciel (Cybersécurité, informatique et réseaux, électronique).

Dans le laboratoire d'électronique, les adolescents sont absorbés par diverses activités. Deux d'entre eux sont penchés sur un banc d'essai et travaillent sur la portance.

Il s'agit de "faire tourner les moteurs par paliers, de plus en plus vite pour savoir à partir de quelle vitesse le drone est susceptible de s'envoler", explique Jean-Marc Bour, enseignant.

Damien, 18 ans, a face à lui un S500 V2 en kit: "je dois le monter de A à Z, pour comprendre comment est-ce qu'on doit construire un drone, quel matériel on utilise, quel moteur, quelle batterie, etc.", énumère-t-il. L'objectif: apprendre à "le créer nous-mêmes".

Seule fille de la classe, Charlotte s'intéresse pour sa part à un modèle de tour en ruine, reconstitué en 3D grâce à des images captées par drone.

Pendant la formation, la jeune fille a appris un certain nombre de règles liées à l'utilisation de ces engins, comme le fait qu'"il y a certaines zones où on n'a pas le droit de voler et qu'il faut alors une autorisation."

En incluant une option dronautique à ce bac pro, "l'idée c'était de créer une filière innovante qui n'existe nulle part ailleurs pour l'instant en utilisant le drone comme un outil", explique le proviseur du lycée, François Ginoux.

L'établissement a noué un partenariat avec l'armée de l'air et de l'espace. Des instructeurs de l'armée ont donné des cours de pilotage de drone aux élèves et leur ont fait visiter des bases aériennes de la région.

- Secteurs porteurs -

Ce sont des compétences qui "intéressent" l'armée, explique Pascal Fischer, qui commande le Centre Régional de Recrutement de l'Armée de l'Air. "On a besoin des drones" pour la surveillance et la sécurité des sites militaires, et de personnes formées, capables de "mettre en place des contre-mesures" face à des drones hostiles, poursuit-il.

L'armée de Terre disposait de 3.000 drones en début d'année, elle en aura 15.000 fin 2026.

"Notre effort, c'est de rester au niveau de la technologie et que chaque soldat soit un opérateur" de drone, a souligné le général Philippe de Montenon, commandant la force opérationnelle terrestre, fin avril, au dernier jour du vaste exercice militaire Orion 26.

Parmi les élèves de Louise-Weiss, Nolan, 17 ans, se destine à une carrière militaire et espère que ses connaissances en dronautique constitueront "un petit plus, un atout que les autres n'auront pas forcément".

Si utiliser un drone comme arme n'est "pas le but", l'adolescent imagine plutôt s'en servir pour "faire du repérage" ou mener des opérations de "reconnaissance".

Outre l'armée, "d'autres secteurs sont tout à fait porteurs", souligne le proviseur, M. Ginoux, citant "les entreprises qui font de la recherche de déperdition de chaleur sur leurs installations" ou encore le secteur agricole.

Alban, 20 ans, considère plus la dronautique "comme un hobby". "Mais j'ai aussi appris grâce au partenariat avec l'armée que ça a aussi des applications sur le terrain. Et j'ai trouvé ça plutôt intéressant", témoigne le jeune homme.

M. Ginoux affirme que l'option dronautique "a recréé un véritable regain d'intérêt" pour le bac pro Ciel, assurant devoir "même refuser en début d'année des élèves à l'inscription".

L'objectif pour lui est de pérenniser cette formation, qui pourrait essaimer. "Il serait intéressant que l'Education nationale reprenne cette expérience pour l'étendre à plusieurs lycées en France", estime le proviseur, soulignant qu'à ce jour, il n'existe "aucune filière" équivalente.

G.Riotto--PV

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