Pallade Veneta - Buffles, cash et canapé: le scandale qui fait à nouveau trembler le président sud-africain

Buffles, cash et canapé: le scandale qui fait à nouveau trembler le président sud-africain


Buffles, cash et canapé: le scandale qui fait à nouveau trembler le président sud-africain
Buffles, cash et canapé: le scandale qui fait à nouveau trembler le président sud-africain / Photo: GUILLEM SARTORIO - AFP/Archives

Le vol d'une importante somme d'argent liquide dans une propriété du président sud-africain Cyril Ramaphosa, révélé en 2022, avait lancé le "scandale de Phala Phala", qui vient de le rattraper.

Taille du texte:

Quatre ans après, une décision de la justice sud-africaine vendredi pourrait relancer une procédure de destitution le visant, même si le parquet a entretemps abandonné en 2024 ses poursuites pour blanchiment et corruption contre le président. Voici ce que l'on sait de l'affaire:

. Un cambriolage

Homme d'affaires richissime avant de devenir chef d'Etat, Cyril Ramaphosa est notamment propriétaire d'un somptueux domaine appelé "Phala Phala" (nord-est) qui compte une maison de maître, un élevage de bétail et une réserve de gibier.

En février 2020, débarquent des cambrioleurs, vraisemblablement de mèche avec un employé de maison. Le président est à l'étranger. Les intrus dérobent des liasses de dollars cachées dans un canapé.

Aucune plainte n'est retrouvée auprès de la police, Cyril Ramaphosa affirme avoir informé les services de protection présidentielle.

. Soudain, une plainte

L'affaire reste inconnue du public pendant plus de deux ans. Le scandale éclate en juin 2022 avec une plainte déposée par Arthur Fraser, ex-patron du renseignement et opposant notoire du président.

Une enquête de police est alors ouverte, six mois avant une réunion cruciale de l'ANC au pouvoir qui devait décider de reconduire ou non Ramaphosa à la tête du parti et potentiellement du pays.

Selon la plainte, "plus de quatre millions de dollars" ont été volés. De l'argent sale, selon elle, introduit "illégalement" dans le pays par un conseiller pour le compte de Cyril Ramaphosa.

"Le président a dissimulé le crime à la police et aux impôts", poursuit la plainte de M. Fraser, accusant le chef d'Etat d'avoir ensuite organisé par le biais de son service de protection la traque des voleurs et leur "séquestration", pour finir par acheter leur silence.

Un petit parti, le Mouvement pour la transformation de l'Afrique (ATM), dépose une motion de censure.

. Passion présidentielle

Cyril Ramaphosa n'a jamais nié détenir chez lui d'importantes sommes en liquide.

Dans une déclaration officielle soumise à la commission parlementaire chargée de l'affaire, il explique que l'argent provient de la vente de 20 buffles: 580.000 dollars, selon lui.

Deux mois avant le cambriolage, un homme d'affaires soudanais "est venu à la ferme (...) Il a choisi les buffles qui lui plaisaient et payé en liquide".

L'employé chargé de la vente, à la veille de ses vacances de fin d'année, "ne se sentait pas à l'aise à l'idée de laisser l'argent dans le coffre-fort" auquel plusieurs salariés ont accès, et a jugé plus sûr de le dissimuler sous les coussins d'un canapé.

"Je n'ai jamais volé d'argent et je ne le ferai jamais", a juré Cyril Ramaphosa. Il nie aussi avoir "traqué les voleurs".

. De sérieux doutes

"Le président a pu commettre (...) des violations et des fautes" dans le cadre de l'affaire, avait conclu le rapport parlementaire. C'est celui-ci que l'Assemblée nationale avait rejeté par un vote, invalidé vendredi.

"Il est difficile d'admettre qu'un étranger transportant 580.000 dollars vienne par hasard à Noël", souligne le rapport. Et le fait que l'argent ait été gardé pendant des mois dans un canapé, au lieu d'être déposé à la banque, reste un "élément troublant".

L'acheteur des buffles cité par Cyril Ramaphosa, Hazim Mustafa, avait confirmé à plusieurs médias britanniques la transaction et son montant. Il s'était dit prêt à "aider la justice" et avoué ne pas avoir réalisé être en transaction avec le chef d'Etat sud-africain.

H.Lagomarsino--PV

En vedette

Toute "ingérence" dans la gestion d'Ormuz risque d'accroitre les tensions, prévient l'Iran

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a prévenu dimanche, après trois jours de reprise des hostilités, que toute ingérence dans la gestion par Téhéran du détroit d'Ormuz, en dehors du cadre prévu par le protocole d'accord conclu avec Washington, risquait "d'accroître les tensions" dans la région.

Le gouvernement va réduire la liste des travaux éligibles à MaPrimeRénov'

Le gouvernement va réduire la liste des travaux isolés éligibles aux aides MaPrimeRénov', en supprimant notamment les travaux d'isolation, a appris l'AFP dimanche auprès du ministère du Logement, confirmant des informations du journal Le Parisien.

Nouvelle-Calédonie: participation en net recul aux provinciales, l'archipel attend les résultats

La Nouvelle-Calédonie attendait dimanche soir les résultats de ses premières élections provinciales depuis 2019, un scrutin marqué par une nette baisse de la participation et qui doit redessiner les rapports de force politiques de l'archipel, dans l'impasse institutionnelle depuis les émeutes meurtrières de mai 2024.

Ouganda: le principal groupe de médias indépendant fermé par le chef de l'armée

Le principal groupe de médias indépendant d'Ouganda a déclaré dimanche être "assiégé par l'armée", après que le chef de cette dernière, Muhoozi Kainerugaba, a ordonné la fermeture de sa chaîne de télévision, de ses journaux et de ses stations de radio.

Taille du texte: