Pallade Veneta - Moyen-Orient: les dettes d'Etats toujours sous pression, les Bourses reculent

Moyen-Orient: les dettes d'Etats toujours sous pression, les Bourses reculent


Moyen-Orient: les dettes d'Etats toujours sous pression, les Bourses reculent
Moyen-Orient: les dettes d'Etats toujours sous pression, les Bourses reculent / Photo: ERIC PIERMONT - AFP/Archives

Le marché de la dette des Etats reste sous pression et les places boursières reculent à nouveau lundi, alors que la peur de l'inflation s'est réinstallée dans l'esprit des investisseurs, face au blocage persistant du détroit d'Ormuz.

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On assiste à des "craintes croissantes autour d'un retour durable des pressions inflationnistes", résume John Plassard, responsable de la stratégie d'investissement chez Cité Gestion Private Bank.

Après avoir flambé vendredi, les taux d'intérêt des dettes des Etats sont à nouveau en hausse lundi. En Europe, le rendement de la dette allemande à échéance dix ans, référence sur le continent, grimpait à 3,19% vers 07H30 GMT, contre 3,16% vendredi en clôture et 3,04% jeudi soir.

Son équivalent français gagnait lui encore 0,02 point de pourcentage par rapport à vendredi, à 3,84%. Jeudi, ce taux n'était qu'à 3,66%.

Le rendement de l'obligation italienne frôlait lui les 4%, à 3,97%.

En Asie, la dette japonaise à 30 ans s'installait au-dessus de la barre des 4%, à 4,09%, du jamais-vu depuis son lancement en 1999. Le taux de l'emprunt à dix ans atteignait 2,72%, contre 2,61% jeudi dernier.

- Le blocage d'Ormuz pèse -

"La rencontre entre Donald Trump et Xi Jinping" de la semaine dernière "n'a pas abouti à des résultats spectaculaires, se limitant à la poursuite de la trêve commerciale et à l'annonce de nouveaux mécanismes de dialogue", expliquent les analystes de Natixis.

Le détroit d'Ormuz, par lequel transite d'ordinaire un cinquième du brut mondial, reste donc toujours irrémédiablement bloqué en l'absence d'accord entre Téhéran et Washington, ce qui continue de maintenir la pression sur les prix du pétrole.

Vers 07H30 GMT, le cours du baril de WTI nord-américain prenait donc 1,87% à 107,39 dollars. Le baril de Brent de la mer du Nord, référence du marché européen, montait de 1,48% à 110,88 dollars.

Or, la hausse du pétrole commence à infuser dans la hausse des prix des principales économies mondiales, où des indicateurs publiés ces dernières semaines montrent une hausse de l'inflation, de l'Asie à l'Amérique du Nord, en passant par l'Europe.

Cette inflation "alimente les anticipations d'un resserrement monétaire des principales banques centrales" ce qui "renforce les perspectives d'une hausse des taux", explique Ipek Ozkardeskaya, analyste pour Swissquote Bank.

Interrogée en marge du G7 Finances sur ce mouvement de hausse des taux, la présidente de la Banque centrale européenne Christine Lagarde a voulu rassurer, disant être "toujours préoccupée, c'est mon job !"

Joachim Nagel, le président de la banque centrale allemande a assuré pour sa part que l'institution pouvait "faire beaucoup, voire tout ce qui est en notre pouvoir, pour apaiser les marchés et créer une dynamique positive".

- Les Bourses en recul -

Mais sur le terrain, rien ne permet aux investisseurs de se rassurer.

Le président américain Donald Trump a en effet proféré de nouvelles menaces contre l'Iran, tandis qu'un drone s'est abattu près d'un site nucléaire aux Emirats arabes unis ce week-end.

"Il ne restera rien" de l'Iran si ce pays n'arrive pas rapidement à un accord avec les Etats-Unis, a-t-il averti dimanche, ajoutant à la nervosité des opérateurs.

Dans ce contexte d'inquiétude, les marchés boursiers européens ont commencé la semaine en reculant. Vers 07H30 GMT, dans les premiers échanges, Paris perdait 0,94%, Francfort 0,26% et Milan 1,85%. Londres restait stable (-0,02%).

En Asie, Tokyo a perdu 1,42%.

Seules "les publications trimestrielles du géant Nvidia", première capitalisation mondiale, attendues mercredi soir après la clôture de Wall Street, "devraient susciter de l'attente", note Andreas Lipkow pour CMC Markets.

Côté changes, le dollar, monnaie internationale sur le marché pétrolier et qui joue son rôle de valeur refuge depuis le début de la guerre au Moyen Orient restait stable, cédant 0,10% face à l'euro à 1,1638 dollar pour un euro.

S.Urciuoli--PV

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