Pallade Veneta - Echec des discussions à l'ONU sur la non prolifération nucléaire

Echec des discussions à l'ONU sur la non prolifération nucléaire


Echec des discussions à l'ONU sur la non prolifération nucléaire
Echec des discussions à l'ONU sur la non prolifération nucléaire / Photo: ANGELA WEISS - AFP/Archives

Après des semaines de négociations, les pays signataires du traité de non-prolifération nucléaire (TNP) n'ont une nouvelle fois pas réussi à s'entendre sur les priorités pour les années à venir, malgré les craintes d'une nouvelle course à l'arme atomique.

Taille du texte:

Après de multiples révisions d'un projet de déclaration déjà jugée faible au départ par les partisans du désarmement, le président de la 11e conférence d'examen de ce traité considéré comme une pierre angulaire de la non-prolifération a jeté l'éponge, renonçant à présenter le texte à l'adoption.

"J'ai présenté quatre versions du projet de document final, toutes révisées méticuleusement en suivant les souhaits des Etats partie", a déclaré le Vietnamien Do Hung Viet, exprimant sa "profonde déception".

"Malgré tous nos efforts, je comprends que la conférence n'est pas en mesure de parvenir à un accord sur son travail sur le fond", a-t-il ajouté, ironisant sur le fait qu'il avait tenu sa promesse de rendre "tout le monde mécontent de façon égale".

"Les délégations partagent l'objectif d'un monde sans armes nucléaires, un monde dans lequel la menace nucléaire ne plane pas au-dessus de nos têtes et de celles de nos enfants, même si nous différons sur la voie à suivre pour atteindre cet objectif", a-t-il assuré. Avant de mettre en garde: "si nous ne pouvons pas nous mettre d'accord sur le chemin à prendre, nous n'atteindrons jamais notre destination".

Mais alors que les cinq grandes puissances nucléaires signataires (Etats-Unis, Chine, Russie, Royaume-Uni, France) ont été accusées d'avoir fait pression pendant les négociations, tout le monde n'est pas d'accord avec son analyse d'un objectif commun.

"La majorité des pays travaillent en effet en toute bonne foi pour le désarmement (...) mais une poignée d'Etats possédant l'arme atomique et certains de leurs alliés, sapent le TNP, contrecarrent les efforts de désarmement, augmentent leur arsenal et entrainent la prolifération, orientant le monde vers la catastrophe", a dénoncé vendredi soir Seth Shelden, de la Campagne internationale pour l'abolition des armes nucléaires (ICAN), lauréate du prix Nobel de la paix.

- Les fondations "craquent" -

Selon le dernier rapport de l'Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (Sipri), les neuf États dotés de l'arme atomique (Russie, Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Chine, Inde, Pakistan, Israël et Corée du Nord) possédaient 12,241 ogives nucléaires en janvier 2025, dont 90% entre les mains des Etats-Unis et de la Russie.

Et dans un contexte de tensions géopolitiques, les inquiétudes sur une augmentation des capacités nucléaires augmentent.

Les Etats membres avaient pourtant devant eux vendredi un texte maintes fois révisé et largement édulcoré.

Au fil de ces modifications, il était "de moins en moins ancré dans les réalités des conflits actuels et des risques de prolifération", notamment l'Iran et la Corée du Nord, avait déclaré à l'AFP plus tôt vendredi Richard Gowan de l'International Crisis Group.

La dernière version du texte vue par l'AFP vendredi se contentait ainsi de dire que Téhéran ne doit "jamais" développer d'arme atomique. Disparue la mention du "non respect" des obligations iraniennes présente dans le premier projet de déclaration.

Disparus également toute mention de la Corée du Nord, et l'appel direct aux Etats-Unis et à la Russie de commencer des négociations sur un successeur du traité New Start limitant les arsenaux russe et américain, expiré en février.

Le TNP, entré en vigueur en 1970 et signé par la quasi-totalité des Etats hormis notamment Israël, l'Inde et le Pakistan, vise à empêcher la prolifération, à favoriser un désarmement complet et à promouvoir la coopération pour l'utilisation pacifique de l'énergie nucléaire.

C'est la troisième fois de suite que la conférence d'examen échoue à adopter un texte, bloqué par la Russie en 2022 et par notamment les Etats-Unis en 2015.

Malgré ce nouvel échec, le traité continue d'exister, mais avec un risque accru d'érosion de légitimité et de confiance, risquant de conduire certains Etats non nucléaires à se demander si la non-prolifération est la meilleure solution pour leur sécurité, selon les experts.

"Les fondations du TNP (...) craquent en raison de l'inattention, de l'intransigeance et de l'incompétence", a dénoncé Daryl kimball, patron de l'Association du contrôle des armements, réclamant un leadership "éclairé" de Washington et des autres puissances nucléaires.

F.M.Ferrentino--PV

En vedette

Jay Clayton, le nouveau référent IA de Trump, un pragmatique qui plait aux patrons et aux élus

Le nouveau référent du gouvernement américain pour l'intelligence artificielle (IA) Jay Clayton est un sobre avocat passé par plusieurs postes de prestige, apprécié des politiques ou des patrons et dont la nomination par Donald Trump témoigne d'une nouvelle prise en considération des risques de l'IA.

Ethiopie: les forces fédérales patrouillent dans Mekele, les rivaux inquiets réunis en Egypte

L'armée fédérale éthiopienne et une milice tigréenne alliée contrôlent dimanche Mekele, capitale de l'Etat régional du Tigré, suscitant désormais les craintes d'une extension du conflit hors d'Ethiopie, sujet qui devrait être au menu d'un mini-sommet réunissant dimanche en Egypte ses rivaux régionaux.

Lula ou Flavio Bolsonaro? Le Brésil se rend aux urnes, sous l'œil de Trump

Le scrutin s'annonce serré et Donald Trump le suit de "très près" : les Brésiliens ont commencé à voter dimanche pour choisir entre le président de gauche Lula et son rival conservateur Flavio Bolsonaro, un choix de société dans un pays polarisé.

L'Iran exclut une "solution militaire" à la guerre au Moyen-Orient

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a affirmé dimanche qu'il n'y avait pas de "solution militaire" à la guerre au Moyen-Orient, bien qu'aucun règlement diplomatique ne se dégage, plus de sept mois après le début des hostilités.

Taille du texte: