Pallade Veneta - Trump tempère les espoirs d'un accord rapide avec l'Iran

Trump tempère les espoirs d'un accord rapide avec l'Iran


Trump tempère les espoirs d'un accord rapide avec l'Iran

Donald Trump a tempéré dimanche les espoirs d'un accord imminent avec l'Iran pour mettre durablement fin à la guerre au Moyen-Orient, malgré des signes de progrès des deux côtés.

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"J'ai demandé à mes représentants de ne pas se précipiter pour conclure un accord, car le temps joue en notre faveur", a écrit le président américain sur sa plateforme Truth Social, en prévenant aussi que le blocus imposé par son pays aux ports iraniens resterait en vigueur "jusqu'à ce qu'un accord soit conclu, certifié et signé".

Quelques heures plus tôt, son secrétaire d'Etat Marco Rubio avait pourtant évoqué la possibilité "dans les prochaines heures" de voir le monde recevoir "une bonne nouvelle", près de trois mois après le début du conflit qui a fait des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban.

Un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril entre l'Iran et les Etats-Unis, mais l'économie mondiale continue d'être secouée par le quasi blocage du stratégique détroit d'Ormuz.

M. Trump avait précédemment évoqué un compromis "largement négocié" qui prévoirait la réouverture d'Ormuz, bloqué de facto par Téhéran depuis le début de la guerre déclenchée le 28 février par une attaque américano-israélienne sur l'Iran.

Selon les médias américains, cet accord permettrait aux navires de franchir à nouveau Ormuz, passage par lequel transitait un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde avant le conflit.

Des sources iraniennes au fait des négociations, citées par l'agence de presse Fars, affirment que l'accord prévoit bien un déblocage du détroit mais que ce dernier resterait contrôlé par l'Iran.

- Quid du nucléaire ? -

Selon CBS News, qui cite des sources proches des discussions, la dernière proposition comprendrait également le dégel de certains actifs iraniens dans des banques à l'étranger et la poursuite des négociations pour 30 jours supplémentaires.

Selon une "source informée" citée par l'agence de presse Tasnim, l'Iran a souligné qu'il n'y aurait aucun accord à moins qu'une partie de ses avoirs gelés ne soit libérée dès la première étape et qu'un mécanisme clair ne soit établi pour garantir la libération des autres fonds bloqués.

Selon elle, si aucun accord définitif n'a encore été trouvé, c'est notamment en raison des désaccords sur ce dossier.

Fars rapporte elle que les sanctions visant le pétrole, le gaz et autres produits pétrochimiques seraient également levées le temps de la poursuite des négociations afin de permettre à l'Iran d'exporter ces productions, primordiales pour son économie.

L'accord discuté ne semble pas régler en revanche la question nucléaire.

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a laissé entendre samedi que ce sujet ne faisait pas partie "à ce stade" de l'accord en discussions et qu'il serait abordé lors de "discussions séparées".

Mais le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a dit dimanche être convenu avec M. Trump que tout accord final avec l'Iran devait "éliminer entièrement la menace nucléaire", selon un communiqué après un entretien téléphonique samedi soir entre les deux alliés.

Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, médiateur dans ces négociations, a alimenté dimanche le scénario d'une résolution du conflit en plusieurs temps, en déclarant espérer "accueillir très prochainement la prochaine séance de négociations".

Une première séance de pourparlers, infructueuse, s'était tenue à Islamabad le 11 avril.

- "Droit de se défendre" -

Des médias américains ont relevé des stratégies divergentes entre MM. Trump et Netanyahu, le premier poussant pour une solution diplomatique tandis que le second souhaiterait reprendre les combats.

L'armée iranienne a conservé un ton belliqueux dimanche. "Nous sommes en état de guerre et toutes nos forces armées sont pleinement préparées (...) à affronter tout ennemi", a déclaré le chef du commandement des forces armées, Ali Abdollahi, lors d'une rare apparition en public dans la principale mosquée de Téhéran, selon l'agence Tasnim.

L'apparent rapprochement des belligérants est intervenu après des semaines de blocages et de menaces.

Sur le front libanais, l'armée israélienne a appelé dimanche à l'évacuation d'une dizaine de villages dans le sud et l'est du Liban, avant de nouvelles frappes prévues contre le Hezbollah pro-iranien, malgré la trêve en cours.

Onze personnes, dont six femmes et un enfant, avaient été tuées samedi dans une frappe israélienne dans le sud du pays, selon le ministère de la Santé.

M. Netanyahu a affirmé dimanche que Donald Trump avait, lors de son appel téléphonique, réitéré "le droit" d'Israël à se défendre sur tous les fronts, notamment au Liban.

O.Merendino--PV

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