Pallade Veneta - Au Liban, des migrants s'entraident pour surmonter la guerre

Au Liban, des migrants s'entraident pour surmonter la guerre


Au Liban, des migrants s'entraident pour surmonter la guerre
Au Liban, des migrants s'entraident pour surmonter la guerre / Photo: Chantale SALAMEH - AFP

Elles sont sept autour d'une table, toutes bénévoles, originaires de différents pays. Les mains recouvertes de gants en plastique, une charlotte sur la tête, elles préparent des croissants qui seront distribués gratuitement à des travailleurs migrants démunis.

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Étaler la pâte. Recouvrir de beurre. Combler les interstices avec un peu d'eau. Enrouler le croissant. Et recommencer.

Sur les murs de cette petite cuisine, des étagères remplies de sauces et de boîtes de conserve. Après les croissants, il faudra concocter des beignets de riz, cuire des haricots verts.

L'organisation "Tres Marias", implantée dans la banlieue de Beyrouth, distribue environ 150 repas chauds par jour à des déplacés ou des personnes dans le besoin.

Des femmes, certaines avec enfants, viennent au centre et repartent avec des sacs plastique remplis de produits de base, comme du pain ou du dentifrice.

"Nous ne pouvons pas leur dire simplement +désolés, nous n’avons rien à cuisiner+", explique Myra Aragon, 52 ans, originaire des Philippines, responsable de cette organisation caritative. "Nous devons toujours trouver le moyen d'y arriver".

Lorsque la guerre entre le Hezbollah et Israël a éclaté, dans la nuit du 2 mars, elle se souvient avoir reçu ses premiers appels de demande d’aide "dès 3 heures du matin".

Au centre Reman de Beyrouth, l'atmosphère est tout aussi studieuse. Des femmes installées derrière leurs machines à coudre confectionnent des couvertures qui seront distribuées à des familles, alors que la guerre a fait plus d'un million de déplacés. Un peu plus loin, un homme empile des matelas.

Le centre vient en aide à près de 1.500 personnes, surtout des migrants de pays africains comme l’Ethiopie, le Bénin et le Kenya, mais aussi certains Libanais qui ont perdu leur logement.

"Si nous ne le faisons pas, personne ne le fera pour nous", assure Viany de Marceau, Camerounaise de 33 ans et directrice du site.

La jeune femme multiplie les journées à rallonge. "Même la nuit, nous sommes occupés", assure-t-elle, "le téléphone n’arrête pas de sonner".

Mais procurer une aide à des migrants dans le besoin "me procure une forme de bonheur", confie-t-elle.

A.Tucciarone--PV

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