Pallade Veneta - Présidentielle au Pérou: Keiko Fujimori, l'héritière d'un nom qui continue de diviser

Présidentielle au Pérou: Keiko Fujimori, l'héritière d'un nom qui continue de diviser


Présidentielle au Pérou: Keiko Fujimori, l'héritière d'un nom qui continue de diviser
Présidentielle au Pérou: Keiko Fujimori, l'héritière d'un nom qui continue de diviser / Photo: Connie FRANCE - AFP

Fille de l'ancien président Alberto Fujimori et figure incontournable de la droite péruvienne, Keiko Fujimori tentera dimanche, à 51 ans, de remporter la présidence après trois échecs successifs au second tour.

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Keiko Fujimori affrontera le candidat de gauche Roberto Sanchez avec, en toile de fond, l'héritage de son père, dont le passage au pouvoir dans les années 1990 continue de profondément diviser le pays.

Dans un Pérou où huit présidents se sont succédé en une décennie, Keiko Fujimori fait figure de constante. Après plus de 20 ans au premier plan de la vie politique, son nom est connu dans les moindres recoins du pays.

"C'est une +marque+ bien positionnée, qu'on l'apprécie ou non", estime le politologue Jorge Aragon. Et cette quatrième tentative pourrait bien être "la bonne", juge l'analyste.

Diplômée en administration aux États-Unis, ancienne députée et dirigeante du parti Force populaire, Keiko Fujimori a grandi dans les coulisses du pouvoir. A 19 ans, elle est devenue Première dame sous la présidence de son père et a côtoyé chefs d'État et dirigeants du monde.

Issue d'une famille d'origine japonaise, elle est connue des Péruviens simplement comme Keiko.

Figure majeure de la politique péruvienne des années 1990, Alberto Fujimori a vaincu les guérillas du Sentier Lumineux et du Mouvement Révolutionnaire Tupac Amaru (MRTA) et maîtrisé l'hyperinflation, avant d'être condamné pour corruption et crimes contre l'humanité.

Pour ses partisans comme pour ses détracteurs, Keiko Fujimori reste indissociable de la figure tutélaire de son père. Un héritage qui lui garantit un électorat fidèle mais suscite également un profond rejet qui lui a barré à trois reprises l'accès à la présidence. De nombreux Péruviens refusent toujours de voter pour un Fujimori.

- Le pari de l'ordre -

La candidate de droite estime que cette opposition au fujimorisme a dominé la vie politique du pays depuis la chute de son père. "Depuis 25 ans, le Pérou est gouverné par des gouvernements antifujimoristes", affirme-t-elle, accusant ses adversaires d'avoir alimenté la "haine" et la "division".

Ses détracteurs lui reprochent au contraire d'avoir contribué à l'instabilité chronique du pays, du fait de l'influence exercée par son camp au Parlement.

Première campagne sans son père, décédé en 2024 -- "Il me manque", a-t-elle confié à l'AFP en avril --, cette élection la voit revendiquer plus ouvertement que jamais l'héritage sécuritaire du fujimorisme. Dans un pays frappé par une montée de la criminalité, elle a fait de l'"ordre" son principal slogan.

"La gauche conduit à la pauvreté et au chaos", assure-t-elle en parlant de son adversaire.

"Avec la même détermination que mon père pour vaincre le Sentier Lumineux et le MRTA, nous viendrons à bout des délinquants", a-t-elle récemment déclaré.

Ses proches la décrivent comme une femme déterminée et résiliente.

"Chaque coup qu'elle a reçu dans la vie ne l'a pas brisée, mais l'a rendue encore plus forte", dit à l'AFP Miki Torres, son colistier à la vice-présidence.

Longtemps perçue comme une personnalité combative et clivante, notamment en raison de ses démêlés judiciaires, elle s'efforce depuis plusieurs années d'adoucir son image.

"J'ai aussi commis des erreurs, notamment en ayant parfois une attitude très conflictuelle", reconnaît-elle.

Elle a passé plus d'un an en détention provisoire dans le cadre d'une enquête pour blanchiment d'argent liée au scandale Odebrecht.

Mère de deux filles et divorcée d'un Américain, Keiko Fujimori certifie avoir changé au fil des années. "La barre est haute, mais j'espère la dépasser", a-t-elle confié à l'AFP en évoquant l'héritage de son père.

A.Rispoli--PV

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