Pallade Veneta - Déficits : Paris, Berlin et Rome attendent le verdict de Bruxelles

Déficits : Paris, Berlin et Rome attendent le verdict de Bruxelles


Déficits : Paris, Berlin et Rome attendent le verdict de Bruxelles
Déficits : Paris, Berlin et Rome attendent le verdict de Bruxelles / Photo: JOEL SAGET - AFP

Bruxelles présente mercredi ses évaluations des performances budgétaires des pays européens, dont les finances sont mises à l'épreuve par la hausse des dépenses militaires et les répercussions du conflit au Moyen-Orient. Voici les recommandations les plus attendues :

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- France: future championne des déficits?

Confrontée à un recul de l'activité économique au premier trimestre, qui ravive les craintes de récession, la France espère néanmoins maintenir son déficit à 5% cette année, même si elle a dû annoncer des aides pour atténuer l'impact des prix du pétrole sur certaines professions.

Mais selon les projections de Bruxelles, le trou dans les finances publiques pourrait, "à politique inchangée", s'envoler à 5,7% en 2027, année de l'élection présidentielle française.

Si de nouvelles économies n'étaient pas mises en oeuvre, la France enregistrerait le déficit le plus élevé de toute la zone euro l'an prochain, d'après ces mêmes prévisions.

Le gouvernement de Sébastien Lecornu, plongé dans la préparation du projet de budget pour 2027, promet lui de tenir ses engagements européens et entend ramener le déficit public sous les 3% du PIB en 2029.

- Allemagne: l'ancien bon élève échappera-t-il à un blâme?

Le chancelier Friedrich Merz a fait assouplir les règles constitutionnelles limitant strictement le recours à la dette, pour pouvoir financer un plan de relance de l'économie.

Combiné à un plan de réarmement massif, cela devrait entraîner un dérapage du déficit à 3,7% cette année et 4,1% l'an prochain, selon les prévisions de la Commission européenne.

Mais Bruxelles a jusqu'ici épargné à Berlin, longtemps un pays modèle en matière de respect du cadre budgétaire européen, l'humiliation d'une procédure pour déficit excessif.

En effet, le dérapage du déficit allemand est en grande partie lié à la hausse des dépenses militaires, pour lesquelles des exceptions aux règles sont prévues.

Une position qui avait été confirmée par la Commission en novembre, lors de sa précédente évaluation des trajectoires financières des Etats membres.

- Italie: un retour dans les clous retardé

Près de 15 ans après la crise de la dette italienne, le gouvernement de droite et d'extrême droite dirigé par Giorgia Meloni comptait ramener son déficit sous la barre des 3% du PIB en 2025.

Cela lui aurait permis de sortir de la procédure pour déficit excessif, mais un ralentissement de l'économie en fin d'année dernière a contrecarré ces espoirs. L'Italie a enregistré en fin de compte un déficit de 3,1% l'an dernier, et prévoit désormais de revenir dans les clous cette année, en le ramenant à 2,9%, comme le prévoit aussi Bruxelles.

Tout en affichant sa détermination à respecter le cadre européen, le gouvernement de Giorgia Meloni a rouvert un débat sur ces règles, qui avaient été nettement assouplies en 2024 pour exclure la plupart des dépenses militaires.

L'Italie voudrait encore plus de flexibilité, pour aider les Etats à financer des mesures de soutien en lien avec le conflit au Moyen-Orient. Mais la Commission refuse jusqu'ici, plaidant que les règles actuelles offrent déjà des marges de manoeuvre accrues.

- Bulgarie: une entrée difficile dans la zone euro

Le pays, qui vient tout juste d'adhérer à la zone euro (il a adopté la monnaie unique le 1er janvier) pourrait être aussitôt placé sous procédure pour déficit excessif.

Un cadeau de bienvenue qui ne devrait pas surprendre le nouveau premier ministre bulgare, Roumen Radev.

Ce dernier, qui vient de prendre ses fonctions, a lui-même annoncé avoir hérité d'une situation budgétaire très dégradée.

Bruxelles prévoit que le déficit budgétaire bulgare, qui a atteint 3,5% du PIB l'an dernier, grimpera à 4,1% cette année et 4,3% en 2027.

A.Fallone--PV

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