Pallade Veneta - Slogans, touffeur et gaz lacrymogènes à Genève à la veille du G7 d'Evian

Slogans, touffeur et gaz lacrymogènes à Genève à la veille du G7 d'Evian


Slogans, touffeur et gaz lacrymogènes à Genève à la veille du G7 d'Evian

Sous une forte chaleur, plusieurs milliers de manifestants ont défilé dimanche à Genève à la veille du sommet du G7 d'Evian, dans une ambiance d'abord festive et revendicative, avant que des échanges de jets de projectiles et tirs de gaz lacrymogènes entre jeunes masqués et forces de l'ordre ne viennent ternir la fin du rassemblement.

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La coalition "No-G7", qui regroupe associations, syndicats et partis de gauche, avait appelé à manifester pour une "riposte internationaliste" aux politiques promues par le G7 et dénoncer "le fascisme et l'impérialisme".

"Je suis là parce que je ne suis pas content que ce groupe de chefs d'État se réunisse ici pour prendre des décisions qui concernent nous tous", a déclaré à l'AFP Michel, un retraité suisse de 69 ans arborant un drapeau palestinien, qui n'a pas souhaité donner son nom de famille.

Le sommet du G7 se tient de lundi à mercredi, mais la plupart des dirigeants arriveront lundi par l'aéroport de Genève avant d'être transférés vers la ville thermale française.

A Genève, sous un soleil de plomb, le cortège rassemblant une foule bigarrée de plusieurs milliers de personnes derrière divers slogans anticapitalistes, propalestiniens, féministes, proclimat ou prokurdes, a démarré dans le calme, vers 15H15 (13H15 GMT), au son des tambours, trompettes et cornes de brume.

Vers 19H00 (17H00 GMT), la police estimait la participation à 20.000 manifestants, dont environ 600 "Black blocs", rompus à une pratique de contestation politique consistant à se regrouper dans les marches ou actions de désobéissance civile en un bloc uni, visible et mobile.

Quelques heurts sporadiques ont émaillé le cortège avant de s'intensifier au moment de sa dispersion, sous l’œil sidéré de nombreux passants, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Vers 20H30 (18H30 GMT), au terme d'un long face-à-face à distance avec les forces de l'ordre près du Léman, les manifestants radicaux ont finalement commencé à se disperser, après avoir notamment lancé des fumigènes roses, incendié divers objets et provoqué la police en scandant "ACAB", acronyme de l'anglais "All cops are bastards" ("Tous les flics sont des salauds").

- "A bas l'Etat policier" -

Les premières échauffourées avaient éclaté en milieu d'après-midi à mi-parcours lorsque des manifestants, pour beaucoup vêtus de noir et le visage masqué, ont lancé des bouteilles, pierres, morceaux de ciment et pétards en direction des forces de l'ordre, qui ont répliqué par des grenades lacrymogènes.

Plusieurs bâtiments ont également été pris pour cible, dont ceux de PricewaterhouseCoopers et du siège de l'Union internationale des télécommunications (UIT), causant divers dégâts, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Plus tôt, une voiture Tesla sur laquelle était inscrit "Eat the Rich" ("Bouffer les riches") a brûlé. Selon la police, les vitrines de la Banque du Léman et de Raiffeisen ont également été endommagées.

Les manifestants ne se sont pas approchés du siège de l'ONU, fortement sécurisé, avec notamment deux imposants camions lanceurs d'eau et un important dispositif policier, alors qu'un hélicoptère a balayé le ciel tout l'après-midi.

Les autorités suisses, qui ont autorisé la marche à Genève, avaient engagé un important dispositif de forces de l'ordre autour de nombreuses barrières pour contenir tout débordement et éviter une répétition du fiasco de 2003.

A l'époque, des groupes violents avaient provoqué émeutes, pillages et affrontements avec les forces de l'ordre à Genève et Lausanne en marge d'un sommet du G8, déjà à Evian, causant des millions de francs de dégâts.

Signe d'un traumatisme encore bien présent dans les esprits genevois, de nombreux commerçants s'étaient barricadés cette semaine et des plaques de bois aggloméré ornaient de nombreuses vitrines dans la ville lacustre, y compris dans des quartiers éloignés du tracé de la manifestation.

G.Riotto--PV

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