Pallade Veneta - Le chef de l'ONU en Haïti, en "solidarité" avec un peuple qui souffre

Le chef de l'ONU en Haïti, en "solidarité" avec un peuple qui souffre


Le chef de l'ONU en Haïti, en "solidarité" avec un peuple qui souffre
Le chef de l'ONU en Haïti, en "solidarité" avec un peuple qui souffre / Photo: Clarens SIFFROY - AFP/Archives

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres est arrivé mardi matin à Port-au-Prince à bord d'un hélicoptère des Nations Unies en provenance de Saint-Domingue, de l'autre côté de l'île d'Hispagnola que Haïti partage avec la République Dominicaine.

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"Monsieur le Premier ministre, quel plaisir de vous rencontrer à Port-au-Prince", a-t-il déclaré en français au responsable politique qui l'a accueilli à la descente de l'hélicoptère.

"C'est une visite totale de solidarité", a-t-il ajouté, à propos de la population haïtienne victime depuis des années de la brutalité des gangs qui ravagent ce pays caribéen.

Lors de cette "visite de solidarité", Antonio Guterres, qui s'était rendu à Port-au-Prince pour la dernière fois en juillet 2023, doit rencontrer "des hommes, des femmes et des enfants dont les vies sont touchées par la violence", selon ses services.

Il verra aussi "personnellement les défis humanitaires et sécuritaires auxquels le pays est confronté".

Le pays pauvre des Caraïbes subit depuis longtemps une crise politique, économique et sécuritaire, mais la situation s'est largement détériorée ces dernières années, les gangs multipliant meurtres, enlèvements, viols ou recrutements forcés d'enfants.

Résultat, près de 1,5 million de personnes sont actuellement déplacées, sur une population d'environ 11 millions d'habitants, et plus de 5 millions sont en situation de grave insécurité alimentaire, selon l'ONU.

Et le plan d'aide humanitaire des Nations unies pour 2026, chiffré à 880 millions de dollars, est financé à moins d'un quart, alors que la saison des ouragans commence.

- "2.300 morts" -

Dans ce contexte, le Conseil de sécurité de l'ONU a décidé en septembre de remplacer la Mission multinationale d'appui à la sécurité (MMAS) menée par le Kenya, sous-équipée et critiquée, par une Force de répression des gangs (FRG) plus robuste.

Cette nouvelle force, en cours de déploiement, pourra compter jusqu'à 5.500 personnels en uniforme, des policiers mais aussi des militaires, contrairement à la MMAS.

Cette force, qui n'est pas une mission onusienne de maintien de la paix, peut compter notamment pour la logistique sur un tout nouveau "bureau de soutien de l'ONU", qui sera également l'objet de la visite d'Antonio Guterres.

Récemment, les opérations des forces de l'ordre - engageant la police haïtienne associée aux frappes de drone menées par des sociétés privées étrangères - et les actions des groupes d'autodéfense ont réussi à freiner l'expansion des gangs dans la capitale, qu'ils contrôlent à 90%, selon le dernier rapport des experts mandatés par le Conseil de sécurité publié en avril.

"La violence des gangs a causé au moins 2.300 morts, 1.100 blessés et 99 enlèvements depuis le début de l'année", a déclaré lundi le Haut-commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme Volker Türk, soulignant que la nouvelle force était "nécessaire de toute urgence".

Selon un rapport de ses services publié fin mars, les violences liées aux gangs avaient fait 5.519 morts entre le 1er mars 2025 et le 15 janvier 2026. La majorité de ces décès était due aux opérations antigangs: 3.497 tués, dont un grand nombre de membres de gangs, mais aussi des civils.

E.M.Filippelli--PV

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