Pallade Veneta - Khamenei dit avoir approuvé l'accord avec Washington malgré des réserves, levée du blocus naval américain

Khamenei dit avoir approuvé l'accord avec Washington malgré des réserves, levée du blocus naval américain


Khamenei dit avoir approuvé l'accord avec Washington malgré des réserves, levée du blocus naval américain
Khamenei dit avoir approuvé l'accord avec Washington malgré des réserves, levée du blocus naval américain / Photo: Guillaume BAPTISTE - AFP

Le guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, a avalisé jeudi, tout en faisant part de réserves, le protocole d'accord signé dans la nuit par Washington et Téhéran pour mettre fin au conflit régional, les Etats-Unis annonçant de leur côté la levée de leur blocus naval contre l'Iran.

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Dans sa première réaction à la signature, l’ayatollah a déclaré dans un message écrit avoir approuvé l'accord malgré une "opinion différente" sur la question, sans plus de détails.

"Il est évident que les négociations en face-à-face qui se tiendront à l'avenir ne présagent pas de l'acceptation du point de vue de l'ennemi", a souligné ce dirigeant, qui n'a pas été vu en public depuis son entrée en fonction en mars.

Donald Trump et son vice-président JD Vance ont eux crié "victoire" face à l'Iran, malgré les nombreuses critiques d'un accord jugé trop favorable à Téhéran par leurs opposants mais aussi plusieurs élus conservateurs.

L'incertitude demeure quant au lancement, au départ prévu vendredi en Suisse, des tractations prévues par le protocole en vue d'un accord final, d'une durée - prolongeable - de 60 jours.

M. Vance a affirmé que ce délai courait à partir de jeudi et affirmé qu'il pourrait se rendre "ce week-end" en Suisse. "Mais cela pourrait changer parce qu'il n'est pas facile d'avoir des réponses d'un pays comme l'Iran".

Ces négociations doivent être centrées sur le programme nucléaire iranien, après l'accord-cadre mettant un terme au conflit déclenché le 28 février par les Etats-Unis et Israël, qui a fait des milliers de morts, essentiellement en Iran et au Liban, et secoué l'économie mondiale.

- Reprise du trafic maritime -

Dans l'attente, le trafic reprend dans le détroit d'Ormuz, passage stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures, doublement verrouillé par l'Iran depuis le début de la guerre et le blocus américain.

Les forces américaines "ont laissé plus d'une douzaine de bateaux passer", a affirmé JD Vance.

La télévision d’État iranienne, citant un communiqué du Conseil suprême de sécurité nationale du pays, a annoncé que les navires souhaitant traverser le détroit d’Ormuz devront soumettre leur demande à un nouvel organisme gouvernemental chargé de superviser cette voie navigable.

Conformément aux termes du protocole, "aucun frais" ne sera perçu "pendant une période de 60 jours", a-t-elle rappelé.

"On a quand même le sentiment qu'aujourd'hui les Américains (...) ne veulent qu'une seule chose, c'est la réouverture du détroit d'Ormuz et que les autres questions mises en avant pour justifier cette guerre ne sont plus du tout d'actualité", analyse pour l'AFP Agnès Levallois, présidente de l'Institut de Recherche et d'Études Méditerranée Moyen-Orient.

Les Bourses mondiales ont profité jeudi d'une nouvelle baisse des prix du pétrole, qui se rapprochent de leur niveau d'avant-guerre.

Mais la presse américaine est très sévère, fustigeant un accord-cadre offrant à l'Iran d'énormes avantages financiers, sans exiger le démantèlement de son infrastructure nucléaire.

Les Etats-Unis s'engagent, en cas d'accord définitif, à faciliter "avec leurs partenaires régionaux", notamment du Golfe, le déblocage d'un fonds de 300 milliards de dollars pour la reconstruction et le développement économique de l'Iran, sans que cela implique une quelconque participation financière américaine.

- "Iran puissant" -

Côté iranien, le protocole d'accord a été signé par le président Massoud Pezeshkian qui a salué un document "historique" émanant d'un "Iran puissant". Il "acte l'échec des Etats-Unis", a commenté le principal négociateur iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf.

Téhéran peut de fait se féliciter d'avoir obtenu la promesse d'un déblocage de ses avoirs gelés à l'étranger et de la suspension des sanctions américaines sur la vente de pétrole iranien dès la mise en œuvre du protocole.

Mais à Téhéran, Mina, une psychologue de 54 ans, doute que l'accord soit "durable". "Peut-être qu'après les 60 jours, les hostilités reprendront", dit-elle, interrogée depuis Paris par l'AFP.

Malgré l'apaisement, "le combat n’est pas terminé", a déclaré de son côté jeudi le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, "d’autres défis nous attendent".

Sans commenter directement l'accord, vivement critiqué en Israël y compris au sein du gouvernement, il a appelé à préserver la "relation vitale" avec les Etats-Unis.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète", a tancé JD Vance, appelant les contempteurs israéliens des décisions américaines "à prendre conscience de la réalité".

M. Netanyahu n'en a pas moins réaffirmé que les forces israéliennes resteraient dans le sud du Liban et y conserveraient une "zone de sécurité", et ce "tant que les besoins sécuritaires l'exigeront", alors que le protocole d'accord prévoit "une cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban".

Depuis l'annonce de sa conclusion, lundi, Israël a poursuivi ses frappes sur le pays voisin contre le Hezbollah pro-iranien, faisant huit morts, dont trois jeudi.

Le groupe chiite a annoncé en fin d'après-midi des affrontements entre ses combattants et une unité de l'armée israélienne dans le sud du Liban.

Le chef du Hezbollah, Naïm Kassem, a lui appelé à "tirer profit" du protocole d'accord pour "expulser Israël" du territoire libanais.

burs-cab/apz/

E.Magrini--PV

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