Pallade Veneta - Les Entrepreneurs (ex-CPME) inaugurent leur nouvelle ère au Parc des Princes

Les Entrepreneurs (ex-CPME) inaugurent leur nouvelle ère au Parc des Princes


Les Entrepreneurs (ex-CPME) inaugurent leur nouvelle ère au Parc des Princes
Les Entrepreneurs (ex-CPME) inaugurent leur nouvelle ère au Parc des Princes / Photo: EMMA DA SILVA - AFP/Archives

Nouveau nom, nouvel événement annuel d'envergure: la CPME devient Les Entrepreneurs et tenait jeudi, avec la canicule en invitée principale, sa première "grande assemblée" au parc des Princes à Paris, signe de l'ambition du président Amir Reza-Tofighi de faire monter en puissance la deuxième organisation patronale.

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"Ce changement de nom incarne deux ambitions", a-t-il expliqué à l'AFP: "Remettre les entrepreneurs au cœur du débat public et en faire une force de proposition beaucoup plus impactante; et d'autre part, aller chercher tous les entrepreneurs, d'entreprises de toutes tailles, qui ne sont pas aujourd'hui adhérents, pour que l'on soit collectivement plus forts".

"Les entrepreneurs ne demandent pas qu'on les plaigne mais qu'on les écoute, et seront +candidats+ à la prochaine élection présidentielle, par leurs idées", a déclaré M. Reza-Tofighi dans son discours jeudi matin.

Il l'a tenu devant une assemblée moins nombreuse à cette heure-là que les 4.000 personnes annoncées, tandis que les bancs se remplissaient peu à peu au fur et à mesure que le soleil tournait autour du stade et dégageait des rangées à l'ombre.

En chemise, le ministre des PME, Serge Papin, ou l'ancien Premier ministre et candidat à l'élection présidentielle Edouard Philippe, avaient trouvé à se caser sur un siège pliant parmi l'assistance. "Je suis venu pour écouter", a simplement indiqué M. Philippe à l'AFP.

- Hexagone dynamique -

Parmi les ambitions que les Entrepreneurs veulent soutenir, augmenter la croissance française de 10% en cinq ans, et les salaires d'autant, hors inflation. "Si nous voulons que le pays produise plus, ceux qui travaillent doivent en voir les effets", selon M. Reza-Tofighi, notamment via un transfert de charges vers d'autres assiettes.

Pour "reconstruire le modèle français autour du travail, (...) des entrepreneurs et des salariés", les Entrepreneurs veulent créer "un espace de proposition", la Fabrique des entrepreneurs, qui ramènera des idées depuis le terrain, en y associant économistes, experts et élus.

Le nouveau nom, accepté à l'unanimité des bureaux régionaux, avec "quatre ou cinq abstentions", selon le président, s'accompagne d'un nouveau logo, "bleu pour affirmer la confiance, la stabilité et la légitimité" de l'organisation, et en forme d'hexagone pour évoquer la France, texturé en trois parties qui symbolisent "la diversité des entreprises représentées", et incliné pour une allure dynamique.

Cédric Thiollet, conseil en gestion de patrimoine venu à la Grande assemblée avec l'idée de peut-être s'affilier à la CPME, découvre le nouveau nom et sa première réaction est très négative : "ils trustent le mot comme si les autres organisations n'étaient pas des entrepreneurs, ça me déplaît".

- Rivaliser avec le Medef? -

Sylviane Kouemo, qui dirige Soluti Group - projets de santé innovants - voit au contraire sa tentation d'adhérer renforcée par ce nom "formidable, direct, simple et clair" : "chaque fois qu'on m'appelle +entrepreneure+ je suis contente!".

"L'objectif n'est pas de rivaliser avec le Medef", le Mouvement des entreprises de France, a assuré M. Reza-Tofighi à l'AFP, "mais d'avoir une parole collective plus forte: celle des Entrepreneurs est complémentaire de celle de toutes les autres organisations patronales".

Le Medef représente actuellement un poids de 63,42% dans le patronat, contre 32,05% aux Entrepreneurs et 4,53% pour le troisième, l'U2P (entreprises de proximité).

M. Reza-Tofighi veut moderniser son mouvement: il a par exemple engagé pour plusieurs mois une équipe informatique de douze personnes, là où il n'y en avait aucune il y a un an.

Celui qui a cocréé dès ses 20 ans l'entreprise de services à la personne Vitalliance, qui emploie aujourd'hui 13.500 collaborateurs, "aime aller vite, prendre des risques", et reconnaît auprès de l'AFP avoir parfois "pu brusquer un peu".

"C'est un peu le défaut de l'entrepreneur lorsqu'il est à la tête d'une organisation patronale. Mais c'est aussi sa force, qui fait qu'il arrive à faire avancer les choses", dit-il.

O.Mucciarone--PV

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