Trump limoge des responsables électoraux et inquiète avec les élections de mi-mandat
Donald Trump s'est attiré vendredi de nouvelles accusations de vouloir s'emparer du contrôle des élections aux Etats-Unis après avoir renvoyé les deux derniers membres démocrates d'une agence fédérale de supervision des scrutins.
Le limogeage décidé par le président républicain intervient au moment où il accentue la pression sur les parlementaires de son camp pour adopter le "SAVE America Act".
Cette proposition de loi -- dans l'impasse au Congrès -- vise à imposer des restrictions sur les modalités de vote en amont des élections de mi-mandat de novembre, lors desquelles les républicains pourraient perdre leur majorité à la Chambre des représentants, voire au Sénat.
La Maison Blanche a défendu la décision de Donald Trump de renvoyer les membres démocrates de la Commission d'aide aux élections, en la justifiant par une décision de la Cour suprême le mois dernier qui a étendu les pouvoirs du président pour révoquer le mandat de responsables d'agences fédérales indépendantes.
"Le président, à la tête du pouvoir exécutif, se réserve le droit de renvoyer des individus qui ne seraient pas totalement alignés avec la mission importante de sécurisation des élections de l'Amérique", a déclaré un responsable de la Maison Blanche dans un communiqué transmis à l'AFP.
- "Coup de force" -
Le responsable a ajouté que le gouvernement Trump "travaillait avec toutes les agences et tous ses partenaires locaux pour préserver les élections de la fraude et des abus" avant les élections de mi-mandat.
Plusieurs élus démocrates ont promis de s'opposer à ce qu'ils qualifient de "coup de force" de Donald Trump au sein de cette agence électorale, qui certifie la sécurité des équipements de vote et distribue des centaines de millions de dollars d'aide fédérale pour l'organisation des scrutins.
Le chef de la minorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer, a condamné sur X une "tentative flagrante de s'emparer du contrôle des élections".
Pour le sénateur démocrate Mark Warner, cette décision "inouïe requiert une explication immédiate de la part du gouvernement".
Donald Trump a accentué ses accusations sans fondement de fraude électorale en amont des scrutins de novembre, faisant ainsi écho à ses propres allégations -- jamais prouvées -- que l'élection de 2020 lui avait été volée face à Joe Biden.
Mais au-delà de l'obsession du président pour cette supposée fraude électorale, les républicains craignent que son impopularité, qui atteint des niveaux presque record, ainsi que le coût de la vie toujours aussi haut aux Etats-Unis, ne leur coûtent la majorité au Congrès en novembre.
- Frustration -
Donald Trump avait précédemment bataillé avec la Commission d'aide électorale à propos d'un de ses décrets exécutifs.
Celui-ci prévoyait que l'agence impose une preuve de citoyenneté américaine pour s'inscrire sur les listes électorales. Une exigence finalement retoquée dans une large mesure par les tribunaux.
Pour approuver toute nouvelle mesure, l'accord de trois des quatre responsables de l'agence est requis. Après le limogeage des deux démocrates, un troisième membre républicain a démissionné.
Leur remplacement pourrait prendre plusieurs mois, et les exigences de Donald Trump risquent de ne pas être appliquées avant les prochaines élections.
Le président octogénaire a déjà montré une frustration évidente envers les élus du Congrès, où le "SAVE America Act" ne parvient pas à avancer.
Cette proposition de loi vise notamment à restreindre fortement le vote par correspondance et à imposer de nouvelles exigences pour l'inscription sur les listes électorales. Des mesures dénoncées comme liberticides par de nombreuses associations de défense des droits civiques.
Vendredi, Donald Trump a déclaré qu'il refuserait de promulguer une loi phare sur le logement, pourtant vantée par les républicains comme une victoire législative importante contre le coût de la vie, "en signe de PROTESTATION car le Sénat américain n'est pas capable d'adopter le SAVE AMERICA ACT".
Le texte doit tout de même entrer automatiquement en vigueur samedi à minuit, heure locale.
C.Grillo--PV