Nouvelles frappes américaines contre l'Iran, qui promet une riposte "décisive"
Les Etats-Unis ont déclenché des frappes contre l'Iran pour la deuxième fois en quelques jours, et Téhéran a dit lancer une riposte "décisive", malgré une mise en garde de Donald Trump contre toute opération de représailles.
"Une opération décisive menée par les forces armées iraniennes en riposte à l'ennemi américain a commencé", a écrit l'agence de presse iranienne Tasnim. "Les bases et les intérêts américains dans la région sont pris pour cible par des missiles et des drones iraniens".
"Aujourd'hui à 12h00 (16h00 GMT), les forces américaines ont commencé à frapper des cibles des Gardiens de la Révolution en Iran", a indiqué le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient dans un communiqué.
Si Téhéran "riposte à cette attaque parfaitement justifiée, elle sera de nouveau frappée, bien plus durement et plus fort", a menacé Donald Trump, sur son réseau Truth Social.
Le président américain, dont la cote de confiance ne cesse de baisser en raison en grande partie de ce conflit impopulaire aux Etats-Unis, a une nouvelle fois laissé planer la menace, vague, d'une future attaque encore plus dévastatrice.
"Un châtiment sévère attend les agresseurs; les Etats-Unis regretteront leurs nouvelles attaques", avait déjà déclaré le porte-parole de la puissante force armée iranienne, Hussein Mohebi, dans un message publié sur X.
Les frappes américaines ont commencé peu après que le président iranien Massoud Pezeshkian eut appelé à une reprise de la diplomatie, aujourd'hui au point mort.
Demandant aux Etats-Unis de respecter un compromis signé en juin et ayant presque aussitôt volé en éclats, il a dit: "Si les Etats-Unis reviennent à leurs engagements au titre du protocole d'accord (...), la République islamique d'Iran prendra immédiatement des mesures réciproques".
Le dirigeant iranien participait à un sommet au Kirghizstan, en Asie centrale.
- Le brut bondit -
La télévision d'Etat iranienne a fait état de plusieurs explosions dans le sud du pays, près de Bandar Abbas et de l'île de Qeshm, à proximité du détroit d'Ormuz. La chaîne a précisé qu'"aucun dégât" n'avait été signalé jusqu'à présent dans la province.
Puis elle a rapporté d'autres déflagrations aux mêmes endroits, mais aussi sur l'île de Lavan située dans le Golfe et qui abrite l'un des terminaux d'exportation de pétrole iranien.
Les médias d'Etat iraniens ont évoqué quatre projectiles ayant frappé des villes situées à l'est du détroit, et annoncé qu'un aéroport du sud de l'Iran, dans la province de Kerman, avait été visé
Ces frappes américaines de mardi arrivent peu après que deux pétroliers ont été touchés par "des projectiles d'origine inconnue" alors qu'ils sortaient de ce détroit hautement stratégique, selon l'agence maritime grecque Marisks.
Les cours du pétrole ont bondi mardi après ces nouveaux développements, le baril WTI américain repassant le seuil des 90 dollars pour la première fois depuis fin juillet
Les Etats-Unis avaient déjà mené dimanche des frappes, les premières en un mois, contre des cibles militaires situées sur une île iranienne.
L'Iran avait riposté en attaquant des cibles américaines en Jordanie et aux Emirats arabes unis.
- Asphyxie économique -
L'Iran veut prélever des droits de passage dans le détroit, où la navigation était libre avant le début du conflit.
Le gouvernement américain a de son côté promis une campagne d'"asphyxie" économique de l'Iran, passant par des sanctions dont les contours restent à préciser.
Les autorités iraniennes ont appelé mardi à réduire la consommation d'essence dans le pays, alors que Téhéran est confronté à des difficultés d'importation du fait d'un blocus naval imposé par les Etats-Unis.
Par ailleurs, l'agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a émis un avertissement sur le programme nucléaire iranien.
L'absence d'accès aux sites nucléaires iraniens pour y vérifier le matériel nucléaire "doit être réglée avec la plus grande urgence", souligne cet organisme dans un rapport confidentiel consulté mardi par l'AFP.
L'AIEA n'a pas eu accès aux installations nucléaires majeures Fordo, Natanz et Ispahan depuis des frappes menées par Israël, rejoint par les Etats-Unis, en juin 2025, contre ces sites.
Depuis le début du conflit avec Washington le 28 février, des installations nucléaires ont également été visées.
A.dCosmo--PV