Ukraine: un drone russe frappe les services de sécurité, son chef visé selon Kiev
Le siège des services de sécurité ukrainiens (SBU) a été touché vendredi par une frappe de drone russe en plein centre de Kiev, une attaque spectaculaire qui visait, selon le président Volodymyr Zelensky, le bureau du chef de ce puissant organisme.
Cette frappe survient deux jours avant la première visite attendue en Ukraine des émissaires du président Donald Trump, Steve Witkoff et Jared Kushner, dans le cadre de la tentative de médiation américaine pour mettre fin à la guerre meurtrière déclenchée par l'invasion russe de 2022.
Vendredi, en fin d'après-midi, un drone russe a frappé le bâtiment principal des SBU, dans le quartier historique de la capitale, a annoncé Volodymyr Zelensky. C'est une première depuis le début du conflit.
"Le drone visait directement le bureau du chef du service de sécurité", Oleksandre Poklad, a ajouté le président ukrainien, précisant s'être entretenu avec ce dernier et l'avoir chargé "d'apporter une réponse appropriée et tangible" à cette attaque.
Selon une source proche du dossier interrogée par l'AFP, M. Poklad n'était pas dans son bureau au moment de la frappe.
Volodymyr Zelensky a ensuite diffusé sur Telegram deux photos le montrant discutant avec le chef du SBU. "Les zones à cibler ont été identifiées. Le moment sera choisi de manière à garantir une issue favorable", a-t-il écrit.
Des journalistes de l'AFP ont vu de la fumée s'élever au-dessus du centre-ville, tandis que de nombreux passants observaient le travail des services de secours dépêchés sur place. Plusieurs rues autour du site ont été fermées à la circulation.
Douze personnes ont été blessées, a indiqué l'administration militaire de la capitale sans préciser si ces personnes se trouvaient dans le bâtiment visé.
Le SBU a de son côté indiqué que le bâtiment devrait "certainement être restauré". Ces services de sécurité ont, cette semaine, fait l'objet d'un recadrage de Volodymyr Zelensky après une fusillade ayant impliqué des agents du SBU et du renseignement militaire (GUR) à Kiev, un incident aux circonstances floues qui a exposé au grand jour leur rivalité.
- "Redynamiser la diplomatie" -
Alors qu'aucune issue diplomatique ne semble en vue, Moscou a multiplié ces dernières semaines ses frappes de drones et missiles, en pleine journée et de nuit, sur Kiev et d'autres villes du pays, où les alertes aériennes se succèdent à un rythme de plus en plus rapproché.
Cet été, l'armée ukrainienne a également intensifié ses bombardements en Russie, parfois très loin du front, disant cibler des infrastructures logistiques, militaires et énergétiques.
M. Zelensky a prévenu cette semaine que l'espace aérien russe était désormais dangereux en raison des drones ukrainiens, un avertissement que son homologue russe Vladimir Poutine a qualifié de "terroriste".
Kiev a indiqué mercredi avoir officiellement notifié cette situation à l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI). Et vendredi, Moscou a demandé à l'OACI de "condamner" les déclarations "illégales" de Kiev.
Dans ce contexte, les émissaires du président des Etats-Unis, Steve Witkoff et Jared Kushner, doivent effectuer, selon Kiev, un nouveau déplacement à Moscou et se rendre également, pour la première fois, dans la capitale ukrainienne.
Les responsables, qui se sont déjà rendus à Moscou à plusieurs reprises et dont le voyage à Kiev est négocié depuis des mois, se rendront dans la capitale ukrainienne "dimanche", a indiqué vendredi à l'AFP un haut responsable ukrainien, sous couvert d'anonymat.
Moscou n'a, pour sa part, pas confirmé officiellement la venue des émissaires américains.
La semaine dernière, le directeur de la CIA, John Ratcliffe, s'est rendu à Moscou lors d'un rare déplacement qui a suscité de nombreuses spéculations. Selon le Kremlin, il a rencontré les services de renseignements russes. Donald Trump a qualifié ce déplacement de "semi-routine".
Depuis son retour à la Maison Blanche, début 2025, Donald Trump a amorcé plusieurs cycles de pourparlers pour tenter de trouver une issue au conflit, qui pour l'heure n'ont mené à aucune avancée tangible.
Ces efforts diplomatiques sont par ailleurs passés au second plan de l'agenda de Washington depuis l'éclatement, en février, de la guerre au Moyen-Orient.
Fin juillet, le président ukrainien s'était entretenu par téléphone avec les émissaires de Donald Trump afin de "redynamiser la diplomatie".
La guerre déclenchée par l'invasion russe à grande échelle de l'Ukraine, en février 2022, est le conflit armé le plus sanglant en Europe depuis la Seconde guerre mondiale et a fait, selon les estimations, plusieurs centaines de milliers de morts et de blessés.
N.Tartaglione--PV