Pallade Veneta - L'administration Trump s'en prend à la protection des espèces menacées

L'administration Trump s'en prend à la protection des espèces menacées


L'administration Trump s'en prend à la protection des espèces menacées
L'administration Trump s'en prend à la protection des espèces menacées / Photo: Joseph Prezioso - AFP/Archives

L'administration de Donald Trump a encore réduit la portée des protections accordées aux espèces menacées, estimant que la mort accidentelle d'animaux protégés ne sera désormais plus considérée comme illégale, selon une note gouvernementale dont l'authenticité a été confirmée jeudi à l'AFP.

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Mise en ligne par l'ONG Center for Biological Diversity, la note datée du 14 septembre redéfinit la notion de "prise" ("take"), un terme juridique qui recoupe le fait de poursuivre, tuer ou capturer une espèce.

Cette nouvelle interprétation de l'Endangered Species Act, la principale loi américaine de protection de la faune, exclut désormais les morts d'animaux causées de manière indirecte par certaines activités humaines, comme la pêche commerciale ou l'exploitation forestière.

"Un navire qui percute accidentellement une baleine ne l'a pas "prise", puisque sa trajectoire n'était pas dirigée contre la baleine", affirme le document, citant l'ancien juge conservateur de la Cour suprême Antonin Scalia, aujourd'hui décédé.

"Abattre un arbre ne constitue pas une "prise" des chauves-souris qui y nichent, sauf si l'arbre est abattu dans le but de les tuer ou de les capturer", poursuit-il.

Le texte est signé par Brian Nesvik, directeur de l'agence fédérale en charge de la préservation de la faune aux Etats-Unis (FWS). Le ministère chargé de la gestion des terres fédérales, dont elle dépend, a confirmé à l'AFP l'authenticité du document.

"Cette note reflète fidèlement les orientations" de l'agence "concernant l'application de l'Endangered Species Act après l'adoption de la règle définitive supprimant la définition réglementaire du terme +préjudice+", indique-t-il.

Les organisations de protection de l'environnement ont vivement dénoncé cette décision, faisant valoir que la plupart des menaces pesant sur les espèces menacées ou vulnérables ne découlent pas de la chasse directe, mais d'activités autorisées par les autorités fédérales.

"Ces changements bouleversent l'équilibre établi par l'Endangered Species Act entre activité économique et protection nécessaire de la faune, poussant certaines espèces au bord de l'extinction", a déclaré Beth Lowell, vice-présidente de l'ONG Oceana.

Selon l'organisation, la baleine franche de l'Atlantique Nord - dont les principales causes de mortalité sont les collisions avec les navires et les enchevêtrements dans les engins de pêche - est particulièrement vulnérable face à cette nouvelle interprétation. Il n'en subsiste qu'environ 380 individus.

Z.Ottaviano--PV