Trump met en scène sa "grande amitié" avec Xi
Des apartés complices à la Maison Blanche aux déclarations de "grande amitié", Donald Trump a voulu souligner jeudi ses affinités avec Xi Jinping, qui ne l'a pas tout à fait suivi dans ce registre.
Deux vidéos diffusées par une conseillère du président américain illustrent les efforts déployés pour établir un rapport chaleureux avec son homologue chinois, en visite pour trois jours à Washington.
Sur l'une, Donald Trump montre à Xi Jinping un portrait les représentant tous deux, accroché non loin du Bureau ovale.
Il fait part à son invité du "grand respect" que les Etats-Unis ont pour lui, et lui donne une petite tape dans le dos.
Sur un autre clip, il présente au dirigeant chinois l'une de ses innovations décoratives: une galerie de portraits des présidents américains, dans laquelle il a remplacé le cliché de Joe Biden par la photo d'une machine à signer.
Xi Jinping est visiblement amusé par cette image volontairement dégradante du 46ème président américain. Pour Donald Trump, la photographie est censée montrer que son prédécesseur démocrate n'était plus en état de gouverner lui-même.
- "La moindre des choses" -
Lors de remarques publiques, le milliardaire de 80 ans a assuré avoir "forgé une amitié, vraiment une grande amitié" avec son homologue.
Le président chinois avait accueilli son homologue avec beaucoup d'égards en Chine en mai, mais sans les démonstrations d'amitié appuyées manifestées par Donald Trump.
Xi Jinping "est dans une position beaucoup plus forte" en termes économiques, juge Judith Shapiro, spécialiste de la Chine à l'American University. Donald Trump est lui en délicate posture avant des législatives en novembre qui pourraient lui coûter le contrôle du Congrès, et à cause de la guerre contre l'Iran, pays d'ailleurs allié de Pékin.
La Chine "considère qu'elle reçoit à nouveau la reconnaissance et le respect qu'elle mérite" et pour Xi Jinping, "une visite d'Etat à la Maison Blanche est la moindre des choses", juge l'experte auprès de l'AFP.
Sur son réseau Truth Social, le président américain a même vanté un Xi Jinping "fort", "dynamique" et "en meilleure forme que jamais", dans un contexte de récentes rumeurs sur l'état de santé du dirigeant chinois.
Dans ce même registre de complicité, selon des photographes présents dans le Bureau ovale au début d'une réunion de travail, le président américain a vanté devant son invité l'amabilité des journalistes chinois.
Cela alors que son administration vient d'être forcée par la justice de rétablir l'accès de trois médias qu'elle avait bannis, CNN, MSNOW et Politico.
- Liberté de la presse -
En 2025, l'ONG Reporters sans frontières a classé la Chine à la 178e place sur 180 pays en matière de liberté de la presse.
Dès l'arrivée mercredi de Xi Jinping, Donald Trump avait bousculé le protocole en se rendant à la base aérienne où arrivait le dirigeant chinois, ce que les présidents américains ne font jamais d'ordinaire - à l'exception de quelques visites papales.
Sur une photographie de l'AFP, l'on voit des militaires américains à genoux, dépoussiérant le tapis rouge au pied de l'avion transportant le président chinois. Un autre cliché montre le dirigeant américain grimaçant aux côtés d'un Xi Jinping impassible pendant un survol d'avion de combat en l'honneur de son hôte, qui a considérablement développé la puissance militaire chinoise depuis son arrivée au pouvoir en 2012.
Le président américain, accusé par ses opposants d'avoir une affection particulière pour les dirigeants autoritaires, a tenu à montrer jeudi à son invité l'un des chantiers qu'il a menés à la Maison Blanche, une gigantesque plate-forme d'hélicoptère flambant neuve.
Il a même fait monter brièvement son homologue dans l'hélicoptère présidentiel, "Marine One".
Bombardé de questions par des journalistes présents sur Taïwan, l'Iran ou le fentanyl, autant de sujets de friction, Donald Trump n'a pas répondu. Aux côtés de Xi Jinping, il a assuré que le président chinois partageait son amour du "beau granite".
A.Rispoli--PV