Pallade Veneta - Des lycées perturbés, Macron appelle au calme avant un "Acte V" mardi

Des lycées perturbés, Macron appelle au calme avant un "Acte V" mardi


Des lycées perturbés, Macron appelle au calme avant un "Acte V" mardi

A la veille d'une nouvelle mobilisation nationale des lycéens, des blocages d'établissements ont persisté lundi et au moins huit personnels ont été blessés, a déploré le ministère de l'Education nationale, dénonçant une intensification des violences.

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Lundi matin, 96,5 % des établissements étaient ouverts lundi matin avec 130 établissements fermés, contre 172 vendredi. "Le mouvement recule donc nettement (...) avec des foyers de perturbation désormais plus circonscrits", affirme le ministère, qui ne communique toutefois pas sur le nombre d'établissements dont l'activité est perturbée par des blocages.

"Le blocage au quotidien, ce n'est pas tenable", juge Anton Pichon, cheville ouvrière du mouvement à Toulouse. Désormais, "il faut se concentrer sur les jours où il y a un enjeu, c'est une inflexion stratégique pour garder l'adhésion, le soutien des parents, des enseignants, des gens", assure le lycéen de 16 ans.

Estimant n'avoir pour le moment obtenu "que des miettes", l'Union syndicale des lycéens appelle à la nouvelle mobilisation nationale mardi, exigeant toujours la suppression de Parcoursup - également réclamée par le leader insoumis Jean-Luc Mélenchon - et un plan de 10 milliards d'euros pour les lycées.

Pour cet "Acte V", l'Union étudiante a appelé à une manifestation étudiante et lycéenne à Paris à 14H00 au départ de la place d'Italie pour rallier les Invalides, non loin de Matignon et du ministère de l'Éducation. "Ils ne nous écoutent pas, on va les chercher", annonce le syndicat sur X.

 

À Reims, deux agents d'accueil du lycée François-Arago ont par ailleurs été blessés par des tirs de mortiers d'artifice, ainsi qu'un agent de la Région en banlieue parisienne, selon la région Île de France. Tout comme un policier devant le lycée Saint-Exupéry à Marseille, victime d'un tir de mortier d'artifice selon la préfecture.

En Gironde, où 13 lycées étaient fermés, 15 interpellations ont eu lieu à Mérignac après qu'un groupe de jeunes a allumé un feu sur la chaussée à proximité d'un lycée et lancé des projectiles sur des policiers.

"L'école, c'est sacré. On ne touche pas à un professeur, on ne touche pas à l'institution scolaire", a lancé le ministre de l'Éducation Edouard Geffray à Aubagne (Bouches-du-Rhône) où le principal d'un collège et une professeure ont été blessés par balles, sans lien avéré avec le mouvement lycéen.

- "Convergence" possible ? -

La mobilisation doit se faire "dans le calme, dans l'ordre et dans le respect à la fois des personnes et des biens", a demandé, en marge du Salon de l'Automobile, Emmanuel Macron. La parole du président est rare depuis le début du mouvement lycéen, démarré mi-septembre avant de s'étendre partout en France pour demander plus de moyens et protester contre la pression de Parcoursup, les professeurs non remplacés, les bâtiments délabrés ou des emplois du temps trop chargés.

Dans plusieurs grandes villes, des établissements sont encore bloqués ou perturbés : l'Île-de-France qui recense près de 80 lycées perturbés, a décompté par ailleurs un proviseur, un parent d'élève et un agent blessé lundi matin.

A Rennes, où une dizaine d'établissements sont perturbés comme le lycée Joliot-Curie, Naïla, 17 ans, veut manifester mardi et espère une "convergence" avec les +gilets jaunes+ qui ont lancé un appel à manifester samedi.

- "Déconnectée" -

Selon la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon, "le déploiement (des remplaçants, ndlr) a commencé" et "l'objectif, c'est d'optimiser l'organisation de ces remplacements".

M. Geffray avait promis jeudi soir 3.000 professeurs remplaçants allaient être déployés en urgence dans les lycées où la situation est la plus critique.

Une annonce "assez déconnectée des réalités du terrain" alors que certains enseignants "ont été appelés pour faire un remplacement dans une autre discipline que la leur", a relevé sur France 2 Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, premier syndicat des collèges et des lycées.

Après avoir privilégié une réponse de maintien de l'ordre face à la multiplication de scènes de violence et d'affrontements - un mineur a notamment eu une main arrachée à Lens, un autre a perdu un œil à Tours - le gouvernement a graduellement commencé à présenter des réponses plus politiques, sans toutefois convaincre les organisations lycéennes.

Matignon a annoncé dimanche que près des trois quarts des contributions à la plateforme de concertation lancée à l'adresse des lycéens font état d'emplois du temps surchargés et la moitié citent des problèmes de bâtiments. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a indiqué que le gouvernement déposerait des amendements au projet de budget pour 2027 qui reprendront "certaines propositions formulées".

"Ça n'est pas avec des annonces cosmétiques" que le gouvernement "va répondre à une colère de cette profondeur", a dénoncé lundi sur LCI Sophie Binet, la secrétaire générale de la CGT.

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I.Saccomanno--PV