Pallade Veneta - Attaque meurtrière des Houthis pro-iraniens contre le siège du gouvernement yéménite

Attaque meurtrière des Houthis pro-iraniens contre le siège du gouvernement yéménite


Attaque meurtrière des Houthis pro-iraniens contre le siège du gouvernement yéménite
Attaque meurtrière des Houthis pro-iraniens contre le siège du gouvernement yéménite / Photo: Sofiane ALSAAR - AFP

Les Houthis pro-iraniens du Yémen ont mené jeudi une frappe meurtrière contre le siège du gouvernement internationalement reconnu à Aden, la première depuis la reprise des hostilités en juillet, Ryad accusant Téhéran d'encourager l'intensification de leurs opérations militaires, qui visent aussi le royaume saoudien.

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Le palais présidentiel où siège depuis 2015 le gouvernement soutenu par Ryad a été visé par cinq missiles, a annoncé le ministre de l'Information, précisant que le Premier ministre et les membres du gouvernement étaient sains et saufs.

L'attaque a fait au moins quatre morts, et plus d'une dizaine de blessés, ont indiqué des sources gouvernementales à l'AFP.

Le porte-parole militaire des Houthis, Yahya Saree, a affirmé que ses forces avaient "ciblé le QG des opérations militaires de l'ennemi saoudien" au sein du palais, qualifiant "toute présence militaire saoudienne" de "cible légitime".

Un journaliste de l'AFP a vu de la fumée et des ambulances se diriger sur les lieux, dont l'accès a été bouclé.

Le gouvernement, chassé en 2015 de la capitale Sanaa par les Houthis un an après le début du conflit au Yémen, "continue de s'acquitter de ses fonctions", a affirmé le Premier ministre, Shaya Mohsen Zindani, sur les réseaux sociaux.

Selon les forces gouvernementales yéménites, les Houthis ont aussi tiré "plusieurs missiles balistiques" sur la ville de Marib, aux mains du gouvernement, dans une région pétrolière du centre du Yémen.

Et la coalition menée par Ryad a fait état de l'interception de drones houthis visant la ville de Khamis Mushait, dans le sud.

- "Escalade encouragée par l'Iran" -

L'Arabie saoudite, également visée depuis début octobre par des attaques houthies quasi-quotidiennes d'une ampleur inédite, a pointé la responsabilité de la République islamique.

"L'escalade engagée par les Houthis à ce stade (...) est encouragée par l'Iran", a déclaré à des journalistes le vice-ministre saoudien chargé de la diplomatie, Rayed Krimly, accusant Téhéran de continuer à "armer, entraîner et soutenir" le mouvement.

En 2023, les deux puissances régionales rivales avaient conclu, sous la médiation de la Chine, un accord visant au dégel de leurs relations.

Si le royaume reste en contact "direct" avec l'Iran, il n'a en revanche pas communiqué depuis plusieurs semaines avec les Houthis, qui avaient refusé une rencontre proposée à Mascate, chez le médiateur omanais, a précisé M. Krimly.

La reprise en juillet du conflit yéménite a ouvert un nouveau front dans la guerre au Moyen-Orient, mettant l'Arabie saoudite à l'épreuve.

Depuis début octobre, les Houthis ont attaqué l'aéroport international de la capitale à 20 reprises, en sus d'attaques visant les infrastructures pétrolières, selon la coalition dirigée par Ryad.

Son porte-parole Turki al-Malki les a appelés à "cesser immédiatement toutes les opérations terroristes visant des civils et des installations civiles".

Il a aussi évoqué la responsabilité "d'acteurs régionaux" -- sans les nommer -- ayant permis aux Houthis de se procurer des "missiles balistiques, drones d'attaque et drones suicide, ainsi que des vedettes rapides chargées d'explosifs".

- Report du sommet UE-Golfe -

Après l'attaque de samedi qui a fait 13 morts à l'aéroport, la capitale saoudienne a encore été secouée mercredi par des explosions.

Jeudi, l'aéroport de Ryad restait fermé et la coalition a affirmé avoir intercepté un missile dans la région de Médine, ville sainte de l'islam, après avoir fait dans la nuit état de l'interception d'un drone dans l'est du royaume, riche en pétrole.

Les Houthis, qui ont répété qu'ils épargneraient les villes saintes de La Mecque et Médine, ont nié être derrière le tir visant sa région.

Dans ce contexte tendu, les Etats membres de l'UE ont annoncé le report d'un sommet prévu le 24 octobre à Ryad avec les pays du Golfe.

D'autres événements internationaux ont aussi été reportés, alors qu'avec la fin des chaleurs estivales, le mois d'octobre marque traditionnellement en Arabie le début de la haute saison du pèlerinage à La Mecque et d'autres grandes rencontres.

Le Yémen, pays le plus pauvre de la péninsule arabique, est lui menacé de "catastrophe humanitaire" par l'intensification des combats, a mis en garde El-Khidir Daloum, directeur du Programme alimentaire mondial(PAM) dans le pays.

Dans l'ensemble du Yémen, "les hôpitaux et les structures de santé sont débordés", a averti de son côté cette semaine le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

F.Dodaro--PV