Pallade Veneta - Contre toute attente, Lula décroche un quatrième mandat inédit, le Brésil reste à gauche

Contre toute attente, Lula décroche un quatrième mandat inédit, le Brésil reste à gauche


Contre toute attente, Lula décroche un quatrième mandat inédit, le Brésil reste à gauche
Contre toute attente, Lula décroche un quatrième mandat inédit, le Brésil reste à gauche / Photo: MAURO PIMENTEL - AFP

Le président brésilien de gauche Luiz Inacio Lula da Silva a été réélu dimanche, obtenant à presque 81 ans un quatrième mandat inédit à la tête du plus grand pays d'Amérique latine.

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Le Brésil n'a finalement pas viré à droite comme l'Argentine, le Chili ou encore la Colombie, tous soutenus par le président américain Donald Trump. Il reste l'un des rares bastions progressistes en Amérique latine.

Avec 51,76 % des voix contre 48,24 % pour le sénateur conservateur Flavio Bolsonaro après un dépouillement quasi complet, le vétéran a déjoué tous les pronostics.

Il avait été devancé au premier tour par le fils de l'ancien président d'extrême droite Jair Bolsonaro (2019-2022).

"Je suis très émue. C’est une victoire historique pour le président Lula. Le peuple s'est mobilisé, s'est uni", dit à l'AFP Mariana Andrade, avocate de 33 ans, qui a suivi le dépouillement sur un écran géant dans le centre-ville de Rio de Janeiro.

Lors de ce quatrième mandat, la marge de manoeuvre du chef de l'Etat s'annonce cependant limitée après le raz-de-marée conservateur aux législatives il y a trois semaines.

La campagne a montré combien le pays reste divisé et une controverse a même perturbé la journée électorale.

Sur décision d'un juge de la Cour suprême, le vote a été prolongé de deux heures, après un recours de l'équipe de campagne de Lula.

Dénonçant "une chose abominable", le président sortant a affirmé que des électeurs ont été "empêchés de voter". Selon lui, des bus ont été retirés de la circulation dans des villes comme Sao Paulo (sud-est), dirigée par un maire de droite, ou Salvador de Bahia, dans son fief du Nord-Est.

- Mesures sociales -

Du point de vue personnel, la réélection de Lula est le couronnement d'une trajectoire hors du commun. Et un ultime pied de nez au destin pour l'ancien gamin pauvre du Pernambouc (nord-est).

Il détenait déjà un record: aucun président démocratiquement élu n'a dirigé aussi longtemps le Brésil.

Celui qui est déjà un des dirigeants les plus âgés au monde aura 85 ans au terme de son nouveau mandat en 2030. Il totalisera ainsi 16 années au pouvoir, après un premier passage à la présidence de 2003 à 2010.

Vétéran inoxydable à l'heure du dégagisme, Lula a conjuré l'usure du temps et une lassitude très forte à l'égard de son Parti des travailleurs (PT).

Le PT reste associé par beaucoup aux scandales qui l'ont abîmé dans les années 2000.

Son leader lui-même a connu l'opprobre d'une condamnation pour corruption qui lui a valu 580 jours en prison en 2018-2019, avant d'être annulée pour motifs de procédure.

Pour renverser le score, l'icône internationale de la gauche a multiplié dans la dernière ligne droite les mesures populaires et souvent coûteuses.

Le premier président brésilien issu de la classe ouvrière a notamment revalorisé la Bolsa Familia, son programme social phare destiné aux familles les plus pauvres.

- Défense du drapeau -

Durant sa campagne, Lula a brandi l'étendard de la souveraineté, face aux pressions commerciales et diplomatiques des Etats-Unis.

Les électeurs doivent "choisir un pays où le drapeau est respecté", a-t-il dit d'une voix fatiguée après avoir voté, accusant son rival de vouloir "gouverner avec le drapeau américain".

Donald Trump s'est toutefois gardé d'apporter un soutien explicite au fils Bolsonaro.

Interrogé dimanche au sujet du scrutin, le président américain s'est contenté de dire: "On observe".

Mais c'est Meta qui dans les derniers jours a été la cible des attaques de la gauche. La maison mère de Facebook, WhatsApp et Instagram a été accusée par l'équipe de Lula d'"ingérence" et de favoriser Flavio Bolsonaro sur ses plateformes.

Le géant américain de la tech a nié tout parti pris, mais reconnu des "problèmes techniques" ayant pénalisé la campagne de la gauche sur ses plateformes.

R.Zarlengo--PV