Pallade Veneta - Jusqu'au bout de la nuit: Vienne renoue avec la fièvre des bals

Jusqu'au bout de la nuit: Vienne renoue avec la fièvre des bals


Jusqu'au bout de la nuit: Vienne renoue avec la fièvre des bals
Jusqu'au bout de la nuit: Vienne renoue avec la fièvre des bals / Photo: Alex HALADA - AFP

Les danseurs attendaient ce moment depuis deux ans: revêtir leurs plus beaux atours et virevolter au rythme de l'incontournable beau Danube bleu de Johann Strauss.

Taille du texte:

Après la parenthèse Covid, la saison des bals bat son plein à Vienne.

Deasy et Wahyuni, très élégantes dans leur longue robe, trépignent d'impatience à leur arrivée vendredi soir au Bal des fleurs, l'un des plus réputés des quelque 450 animant chaque hiver la capitale.

"Nous adorons venir ici", s'enthousiasment ces deux Indonésiennes vivant en Autriche, qui n'ont pas souhaité donner leur nom de famille.

Agées respectivement de 46 et 50 ans, elles admirent la débauche de couleurs.

Dans le majestueux bâtiment néo-gothique de la mairie, 2.400 convives se pressent dans un éblouissant décor d'arrangements... composés de 100.000 fleurs.

"L'atmosphère est spéciale", offrant comme un avant-goût du "printemps" dans la grisaille de janvier, résume Peter Hucik, directeur artistique du bal, interrogé par l'AFP.

- Record en vue -

Cette tradition remonte au 18e siècle lorsque les bals de cour des Habsbourg ont cessé d'être réservés à la seule aristocratie. Les Viennois reprirent à leur compte les moeurs et l'étiquette liée à ces fêtes.

Bal des chasseurs, des gérants de café, des confiseurs, chaque corps de métier, mais aussi chaque coterie, chaque quartier a son événement, des plus excentriques au plus prestigieux, le bal de l'Opéra, prévu le 16 février.

Oubliée la pandémie de Covid-19, la foule est au rendez-vous.

"Les bals font un retour en force", se félicite Markus Griessler, chargé du tourisme au sein de la Chambre de commerce.

Malgré un prix élevé (de 55 à 180 euros pour le Bal des fleurs par exemple), les ventes de billets se déroulent "extrêmement bien" et plusieurs dates affichent déjà complet.

Vienne espère même battre le record de 2019/20, tablant sur 170 millions d'euros de recettes (contre 152 millions précédemment), soit 320 euros dépensés en moyenne par bal et par personne.

De l'hôtellerie à la gastronomie, des couturiers aux salons de coiffure, le secteur se frotte les mains après la récente disette.

- "Indécence" -

"Un Viennois sur trois de 15 ans et plus prévoit d'assister à un bal cette année", à comparer à seulement un sur quatre en 2019, précise M. Griessler, sans compter les nombreux participants qui viennent spécialement de l'étranger.

En ces temps moroses, "les gens veulent clairement voyager et danser", abonde Norbert Kettner, directeur de l'Office de tourisme de la ville, qui a lui-même inscrit trois soirées à son agenda et est intarissable sur le sujet.

La saison, qui culmine en janvier et février, est historiquement "plus ou moins calquée sur le calendrier chrétien", explique-il. Elle se termine ainsi juste avant le mercredi des Cendres, représentation symbolique du péché et de la fragilité de l'homme.

L'occasion de se purifier après une pratique qui n'était pas au goût de l'Eglise catholique: "valser de manière aussi intime avec son cavalier frôlait l'indécence", raconte M. Kettner en souriant.

Loin de ces préoccupations d'un autre âge, Emma Kennedy, 17 ans, et son partenaire Luca Stamenov, ont ouvert tout fiers - et un peu nerveux - la 99e édition du Bal des fleurs.

Aux côtés d'autres "débutants" en robe blanche et smoking noir, ils n'avaient qu'une idée en tête: danser en rythme et surtout ne pas laisser échapper le bouquet.

J.Lubrano--PV

En vedette

Ebola en RDC: lancement de l'essai clinique du vaccin Ervebo en Ituri

Médecins, infirmiers ou encore employés chargés de la désinfection: à Bunia en Ituri, province épicentre de l'épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo (RDC), les premiers volontaires parmi les personnels en première ligne de la région ont été vaccinés samedi, dans le cadre d'un essai clinique, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Au Kenya, la politique sida de l'administration Trump tue déjà

Sous une dalle de béton inachevée d'un cimetière de Nairobi repose Judy, prostituée kényane séropositive de 36 ans. Malade après avoir été privée de ses antirétroviraux par les coupes brutales de l'aide américaine, elle est morte le 7 août, quelques heures avant une rencontre prévue avec l'AFP.

Le trouble de la personnalité borderline, entre stigmatisation et manque de prise en charge

Encore méconnu, stigmatisant et sous-diagnostiqué, le trouble de la personnalité borderline pâtit d'une insuffisance de moyens et de prise en charge, laissant de nombreux malades en errance et en souffrance, regrettent des professionnels de santé qui tentent de développer des soins spécialisés.

En Inde, une loi inquiète les personnes transgenres et leurs médecins

Quand Kali Sidharth Medepalli a commencé son traitement hormonal, elle espérait achever sa transition en un an. Mais la clinique qui l'accompagnait a suspendu son traitement après le vote d'une loi qui redéfinit le statut des personnes transgenres en Inde.

Taille du texte: