Pallade Veneta - Echec des négociations entre Sécu et médecins libéraux

Echec des négociations entre Sécu et médecins libéraux


Echec des négociations entre Sécu et médecins libéraux
Echec des négociations entre Sécu et médecins libéraux / Photo: JULIEN DE ROSA - AFP/Archives

Les désaccords étaient connus, l'échec attendu. Cinq des six syndicats de médecins libéraux ont finalement rejeté les propositions des nouveaux tarifs de consultation, actant la fin du faux suspens dans les négociations avec l'Assurance-Maladie, le ministre de la Santé déplorant une absence de "responsabilité".

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"Il n'y aura pas d'accord d'ici demain soir, c'est à peu près certain, même si je veux toujours croire au bon sens", pronostiquait lundi matin le ministre François Braun sur France Inter.

Les six syndicats représentatifs des médecins libéraux ont théoriquement jusqu'à mardi soir pour dire s'ils acceptent ou non la nouvelle grille de tarifs proposée pour cinq ans par la Sécu. Mais MG France, chez les généralistes, et l'union Avenir Spé-Le Bloc, les spécialistes, ont déjà dit "non" dimanche soir.

Sans ces deux organisations pesant plus de 30% chacune dans leurs catégories, le projet d'accord soumis en fin de semaine dernière par l'Assurance maladie avait déjà du plomb dans l'aile. Depuis d'autres syndicats leur ont emboité le pas: le SML a ainsi dénoncé lundi une proposition "anti-libérale", tandis que l'UFML avait annoncé son opposition "dès le début des négociations" a indiqué son président Jérôme Marty à l'AFP.

Lundi soir, c'est la FMF qui annonçait un refus massif de ses adhérents (97%) du projet gouvernemental.

La Sécu avançait pourtant une enveloppe annuelle de 1,5 milliard d'euros, notamment pour revaloriser l'ensemble des consultations médicales de 1,50 euro. Soit 26,50 euros pour le tarif de base des généralistes, maintenu à 25 euros depuis 2017.

Pour obtenir un prix plus élevé - 30 euros pour les généralistes - les praticiens devaient souscrire à un "contrat d'engagement territorial" avec des contreparties au choix: voir davantage de patients, participer aux gardes, exercer dans un désert médical, consulter le samedi...

Selon le ministère, plus de 40% des médecins cochent déjà ces cases et auraient pu ainsi gagner en moyenne 20.000 euros de plus par an sans travailler davantage. "On demandait un effort aux autres parce qu'il faut répondre aux besoins de santé des Français", justifie l'entourage du ministre, pour qui "la revalorisation sans condition n'était pas une option", surtout au vu des "sommes colossales" en jeu.

- "On va perdre du temps" -

"On passe à côté d'une occasion d'améliorer la prise en charge de nos concitoyens", a pour sa part estimé M. Braun, jugeant que "les syndicats de médecins ne sont pas responsables".

Le refus s'est toutefois exprimé "à l'unanimité" lors du vote interne chez les généralistes de MG France, a souligné leur présidente Agnès Gianotti. La question du tarif a été "marginale" dans l'issue du scrutin, a-t-elle assuré, expliquant que ses confrères souffrent surtout d'un "manque de reconnaissance".

Une situation qui n'est pas près de s'arranger, car faute d'accord les nouveaux tarifs seront fixés par un "arbitre". En l'occurrence, une haute fonctionnaire désignée par l'exécutif, qui aura trois mois pour consulter tous les protagonistes et présenter un texte qui, une fois validé par le ministre, s'imposera à tous jusqu'à la prochaine négociation. "On va perdre du temps", a déploré M. Braun.

L'enveloppe budgétaire devrait au passage être revue à la baisse: l'entourage du ministre ne cache pas qu'il n'a "pas envie de donner la même chose" que si les syndicats avaient signé. Au risque de raviver la colère des médecins, qui ont déjà manifesté deux fois depuis le début de l'année.

Certains syndicats agitent désormais la menace du déconventionnement, qui permet aux médecins de fixer librement leurs tarifs mais sans aucun remboursement de leurs patients par la Sécu. Une pratique qui concerne actuellement "un peu moins de 1%" des praticiens selon le ministère.

Cela "pénaliserait encore plus les Français en créant une médecine à deux vitesses, avec seuls les riches qui pourraient se soigner", a mis en garde M. Braun, qui cherche toujours un remède pour les quelque 6 millions de Français actuellement sans médecin traitant.

En particulier pour les 600.000 malades chroniques auxquels Emmanuel Macron a promis une solution "avant la fin de l'année". Le ministre de la Santé, qui avait déjà annoncé que ces personnes seraient "contactées" avant l'été, a précisé qu'il ferait des annonces sur ce sujet "la semaine prochaine".

A.Tucciarone--PV

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