Pallade Veneta - JO-2024: le cycle menstruel, un "élément de la performance"

JO-2024: le cycle menstruel, un "élément de la performance"


JO-2024: le cycle menstruel, un "élément de la performance"
JO-2024: le cycle menstruel, un "élément de la performance" / Photo: Jonathan NACKSTRAND - AFP/Archives

Depuis un an, la nageuse olympique Caroline Jouisse note régulièrement sur son téléphone l'avancement de son cycle menstruel, une information précieuse pour ses entraîneurs à quelques mois des JO de Paris et un paramètre qui commence à être étudié par les fédérations.

Taille du texte:

Cela permet à l'athlète de savoir quand planifier ses séances intensives de musculation, de préférence en milieu et en fin de cycle, quand son taux de testostérone est au maximum.

"C'est important de savoir quand sont mes pics de testostérone, c'est le moment où on se sent le mieux et on sera le plus fort à l'entraînement", explique la nageuse de 29 ans, qualifiée pour les 10 kilomètres en eau libre des Jeux olympiques (26 juillet-11 août).

Des enseignements tirés du programme "Empow'her" de l'Insep (Institut national du sport, de l'expertise et de la performance), créé pour mieux comprendre les interactions, différentes d'une athlète à l'autre, entre cycle menstruel et performance sportive.

"Il n’y a pas lieu d’être gênée par son cycle. C’est un élément de la performance, comme la nutrition, comme l'entraînement", qui peut engendrer des effets négatifs ou positifs, assure Carole Maître, gynécologue à l'Insep.

En 2023, une équipe a relevé chaque jour pendant six mois, lors des entraînements, des données hormonales, cardiaques ou ayant trait à l'état psychologique de Caroline Jouisse. Des données qui ont ensuite été analysées en fonction des étapes de son cycle menstruel.

"Avant de commencer le programme, je ne savais pas qu'il y avait toutes ces phases", reconnaît la sportive, qui pratique actuellement dix séances de natation et trois de musculation par semaine.

- "Tendances impressionnantes" -

Pour la skieuse de fond Juliette Ducordeau, "Empow'her" a permis de dégager "des tendances assez impressionnantes" sur ses performances et de "mieux connaître (son) corps".

"Mes séances sont optimales pendant la phase d'ovulation, du premier au quinzième jour du cycle", tandis que les derniers jours sont plus laborieux, a constaté l'athlète de 25 ans, membre de l'équipe de France de ski de fond.

Depuis son lancement en 2020, 130 sportives françaises de neuf fédérations ont participé à "Empow'her", qui entend aussi combler le manque de recherche scientifique sur la physiologie féminine.

Seulement 9% des études en sciences du sport, sur les cinq dernières années, concernent les femmes, contre 71% pour les hommes (les 20% restant traitent des hommes et des femmes), relève Juliana Antero, coordinatrice du programme.

On trouve "très peu d'études de haute qualité, donc pour l'instant, il n'y a pas un consensus sur l'impact du cycle menstruel sur la performance sportive", étaye la chercheuse.

- Des entraîneurs "gênés" -

En 2020, la handballeuse Estelle Nze Minko s'insurgeait dans une tribune du tabou des règles dans le sport et du manque d'études scientifiques, ce qui avait suscité des débats dans plusieurs fédérations.

La parole peine à émerger: la skieuse alpine Clara Direz, ancienne participante de "Empow'her", constate que ses entraîneurs, en majorité masculins, "sont gênés de parler de cycle menstruels, ils ne se montrent pas hyper impliqués ou intéressés".

"C'est important de sensibiliser les athlètes, mais il faut avant tout sensibiliser les coachs", opine Caroline Jouisse, qui assure que la question est "taboue" dans son sport.

A l’approche des JO, les fédérations s’emparent davantage du sujet: celle de cyclisme a récemment participé à une étude qui indique que ses athlètes sont, en moyenne, davantage performantes en milieu de cycle.

"Avant, il fallait qu’il y ait une gêne, que la sportive demande une prise en charge. Maintenant, on est en train de systématiser l'accompagnement", relève Carole Maître, de l'Insep.

Consciente de l'aspect "élitiste" du programme "Empow'her", réservé aux athlètes de haut niveau, Juliana Antero est en train de créer un "kit scientifique" pour accompagner les sportives amatrices.

F.Abruzzese--PV

En vedette

Sextorsion : les signes avant-coureurs et la réaction des parents face au chantage numérique

Le chantage sexuel en ligne, ou sextorsion, s'attaque à des adolescents de plus en plus jeunes via des profils fictifs sur les réseaux sociaux. Face à ce fléau numérique, l'anxiété et la honte poussent souvent les victimes au silence. Samuel Comblez, psychologue de l'association e-Enfance, décrypte le piège et explique comment réagir sans culpabiliser l'enfant.

Florent Pagny : son rituel pour surmonter la claustrophobie lors des examens médicaux

En rémission depuis plus de deux ans après son diagnostic de cancer du poumon, Florent Pagny affronte désormais les contrôles médicaux réguliers. Bien que la chanteur de 64 ans affirme aller bien, il doit composer avec une claustrophobie qui rend les IRM et scanners particulièrement anxiogènes. Dans le documentaire Cancer, la vie devant, il détaille les stratégies mises en place pour traverser ces épreuves.

Rapport du HCE : Les femmes plus touchées par la dépression en raison de pressions sociales

Selon un nouveau rapport du Haut Conseil à l'Égalité (HCE), les troubles dépressifs touchent significativement plus les femmes que les hommes en France. Avec 18,2 % des femmes concernées contre 12,8 % des hommes en 2024, le document attribue cet écart non seulement à des facteurs biologiques, mais surtout à un environnement socioculturel et économique défavorable aux femmes.

Matinée scientifique sur la médecine générale à Champion le 14 novembre 2026

La Clinique Saint-Luc Bouge et l’Association des Généralistes de Haute Hesbaye Namuroise (AGHHN) organisent une matinée scientifique à Champion le samedi 14 novembre 2026. Cet événement vise à actualiser les connaissances des médecins généralistes sur des problématiques cliniques et administratives concrètes.

Taille du texte: