Pallade Veneta - Rescapé mais affaibli, Boris Johnson cherche un second souffle

Rescapé mais affaibli, Boris Johnson cherche un second souffle


Rescapé mais affaibli, Boris Johnson cherche un second souffle
Rescapé mais affaibli, Boris Johnson cherche un second souffle / Photo: Niklas HALLE'N - AFP

Il a sauvé son poste mais sa position est pour certains intenable: Boris Johnson cherche mardi à tourner la page des scandales en s'attaquant aux problèmes qui "comptent" pour rassembler un parti divisé et reconquérir les Britanniques.

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Le chef du gouvernement britannique a survécu lundi à un vote de défiance des députés de son Parti conservateur provoqué par des frondeurs excédés des scandales comme le "partygate", ces fêtes à Downing Street pendant les confinements anti-Covid.

Même s'il ne peut pas être visé par une autre motion de défiance pendant un an, selon les règles actuelles, il a pour délicate mission de séduire de nouveau ses troupes et son électorat échaudé par les scandales et étranglé par l'inflation, au plus haut en 40 ans.

Lors d'un conseil des ministres prévu dans la journée, il va rappeler les priorités de son gouvernement dans les semaines à venir: la santé, la sécurité et l'économie, en pleine crise du pouvoir d'achat.

"C'est un gouvernement qui réalise ce qui compte le plus pour la population de ce pays", doit-il dire, selon ses services. "Nous sommes du côté des Britanniques qui travaillent dur et nous allons nous mettre au travail."

Bien qu'il se soit félicité d'un résultat "convaincant" à l'issue du vote à bulletin secret, plus de quatre députés de son camp sur dix (148 sur les 359 votants) ont indiqué qu'ils n'ont pas confiance en lui, reflétant l'ampleur du malaise et du coup porté à son autorité sur sa majorité.

A titre de comparaison, l'ancienne Première ministre Theresa May avait survécu en 2018 à une motion de défiance avec une plus grande marge, avant d'être contrainte à la démission quelques mois plus tard.

Boris Johnson reste donc en position précaire, comme le soulignaient les journaux mardi.

- "Humiliation" -

"Johnson blessé est en danger", a titré The i Paper tandis que le journal de gauche The Guardian a évoqué une "humiliation". Côté conservateur, The Telegraph affirme que c'est une "victoire dérisoire (qui) divise les Tories".

Soucieux de restaurer son autorité, le dirigeant âgé de 57 ans pourrait remanier son gouvernement pour récompenser ses proches alliés et évincer ses plus tièdes soutiens, selon la presse.

Parmi les fidèles, le ministre de la Justice, Dominic Raab a exhorté les rebelles à "respecter le vote" et appelé à "aller de l'avant", en écho au message du Premier ministre.

Boris Johnson est fort d'une "énergie renouvelée" après avoir "clairement" remporté le vote, a-t-il assuré sur SkyNews.

Mais même s'il a survécu, les dégâts sont "considérables", a prévenu l'ancien dirigeant conservateur William Hague dans The Times. "Des mots ont été prononcés qui ne peuvent être rétractés, des rapports publiés qui ne peuvent être effacés et des votes ont été exprimés qui montrent un niveau de rejet plus grand que jamais pour un dirigeant conservateur".

Loin d'être convaincu par les résultats du vote, le député frondeur Roger Gale a estimé qu'"un Premier ministre avec un sens de l'honneur regarderait les chiffres, accepterait le fait qu'il a perdu le soutien d'une partie importante de son parti et réfléchirait à sa position".

Malgré le soulagement d'avoir convaincu une majorité de députés tories, Boris Johnson n'en a pas terminé avec les répercussions du "partygate".

Après celles de la police et de la haute-fonctionnaire Sue Gray, une autre enquête, cette fois parlementaire, est prévue. Si cette dernière conclut, a priori à l'automne, que Boris Johnson a trompé la Chambre des Communes en affirmant ne pas avoir enfreint les règles, il est censé démissionner.

Deux élections partielles le 23 juin auront aussi valeur de test pour le dirigeant conservateur qui a écarté lundi l'hypothèse de législatives anticipées. Les sondages se succèdent et sont catastrophiques pour la majorité, de moins en moins convaincue que son chef, triomphant dans les urnes en 2019, est le mieux placé pour les conduire à la victoire aux législatives de 2024.

A.Rispoli--PV

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