Pallade Veneta - La pollution de l'air du métro doit être mieux mesurée, s'inquiète l'Anses

La pollution de l'air du métro doit être mieux mesurée, s'inquiète l'Anses


La pollution de l'air du métro doit être mieux mesurée, s'inquiète l'Anses
La pollution de l'air du métro doit être mieux mesurée, s'inquiète l'Anses / Photo: THOMAS COEX - AFP/Archives

L'Anses recommande mercredi de renforcer les actions pour améliorer la qualité de l'air dans les réseaux de métro - renouvellement des matériels, meilleure ventilation - et la mesurer, alors qu'elle est en moyenne trois fois plus chargée en particules fines qu'en surface et bien au delà des seuils fixés par l'OMS.

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L'Agence nationale de sécurité sanitaire avait été chargée en 2019 par les pouvoirs publics d'une étude sur la faisabilité d'élaborer des "valeurs guides de l'air intérieur" dans les "enceintes ferroviaires souterraines" (EFS). Sept agglomérations en France ont des réseaux souterrains: Lille, Lyon, Marseille, Paris, Rennes, Rouen et Toulouse.

Le taux de particules dans l'air y est "en moyenne trois fois plus élevé que dans l'air extérieur urbain", en raison du frottement avec les voies, notamment au freinage. Les poussières sont en outre remises régulièrement en suspension dans l'air au passage des rames.

Mais après avoir passé en revue les données disponibles, l'Anses estime ne pas pouvoir définir de telles "VGAI", basées uniquement sur des critères sanitaires, car "le corpus d'études épidémiologiques et toxicologiques spécifiques est trop limité pour pouvoir tirer des conclusions fermes sur d'éventuels effets sanitaires de l'exposition des usagers à la pollution de l'air des EFS".

Mais elle relève que les données existantes "suggèrent la possibilité" d'effets cardio-respiratoires.

L'agence propose donc à la place de VGAI, des "indicateurs" de qualité de l'air, déterminés notamment en fonction des durées respectives des trajets sur les différents réseaux et qui "intègrent les expositions sur une journée dans différents environnements - à la maison, au travail et dans les transports".

Le cumul de ces concentrations en particules devrait respecter les normes d'exposition fixées par une directive européenne de 2008 sur la qualité de l'air et si possible celles de l'OMS, plus strictes que la réglementation UE et durcies en 2021 pour prendre en compte les connaissances les plus récentes sur l'impact sanitaire de la pollution de l'air.

Par ailleurs, l'agence recommande de renforcer les mesures de la qualité de l'air dans ces réseaux souterrains, pour l'heure peu généralisées.

- Nouveaux systèmes de freinage -

Sur le réseau parisien "il n'y a que trois stations qui sont bien instrumentées", relève Eric Vial, directeur de l'évaluation des risques à l'Anses. Et ces mesures sont réalisées par des capteurs fixes sur les quais, alors qu'il faudrait également étudier régulièrement couloirs et rames, souligne l'avis.

Les mesures disponibles suggèrent que la règlementation européenne est "globalement respectée," explique Marion Keirsbulck de l'Anses, qui souligne que "c'est beaucoup moins le cas" pour les valeurs de l'OMS.

Pour améliorer la situation il faut poursuivre les mesures engagées par les opérateurs et "s'attaquer à l'émission de ces particules, par le remplacement des matériels roulants, le changement des systèmes de freinage et l'amélioration de la ventilation" notamment, poursuit Eric Vial.

Et une surveillance plus systématique et élargie de la qualité de l'air permettrait alors de vérifier "si ces actions portent leurs fruits".

La qualité de l'air dans le métro parisien a déjà donné lieu à une action en justice. L'association Respire a porté plainte contre la RATP en mars 2021 pour "tromperie aggravée" et "blessures involontaires", mettant en cause les niveaux de pollution de l'air.

Ile-de-France Mobilités (IDFM) a lancé fin mai un plan d'action pour améliorer la qualité de l'air dans les stations de métro et RER. De nouveaux points de mesures sont prévus, notamment sur les particules ultra-fines, dont les résultats seront publics comme ceux déjà pratiqués.

La RATP "est extrêmement mobilisée" sur le sujet, misant notamment sur "l'amélioration technologique" pour réduire les émissions à la source, insiste Sophie Mazoué, responsable du développement durable à la régie parisienne.

Des tests ont ainsi été lancés dans le RER sur de nouvelles garnitures de frein, dont les résultats préliminaires "très prometteurs" sur banc d'essai ont affiché une diminution de 90% des émissions de particules, explique la responsable. Des investissements de 57 millions d'euros sont en outre prévus pour la ventilation, avec des expérimentations en station de "filtration électro-statique" et de "systèmes de piégeage de particules".

Selon les autorités, la pollution de l'air est responsable de quelque 40.000 décès prématurés par an en France.

A.Rispoli--PV

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