Pallade Veneta - Favoriser l'achat de produits bio pour protéger la femme enceinte et son bébé

Favoriser l'achat de produits bio pour protéger la femme enceinte et son bébé


Favoriser l'achat de produits bio pour protéger la femme enceinte et son bébé
Favoriser l'achat de produits bio pour protéger la femme enceinte et son bébé / Photo: Philippe LOPEZ - AFP

Chou-fleur, poireaux, patates douces, kiwis… Dans une ferme maraîchère de l'agglomération de La Rochelle, Cassandra remplit son panier de produits bio chaque semaine, comme d'autres femmes enceintes que la collectivité aide financièrement à mieux s'alimenter pour protéger leur bébé.

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La future maman, âgée de 25 ans et habituée d'ordinaire aux supermarchés, bénéficie du programme "Jeunes pousses" lancé fin mars, inspiré d'initiatives similaires ailleurs en France.

Vingt-cinq femmes enceintes de plus de trois mois bénéficient pendant six mois de 15 euros par semaine pour acheter des fruits et légumes bio chez des producteurs locaux. Des ateliers de sensibilisation à la santé environnementale, à la cuisine et à la diététique complètent le dispositif.

"L'objectif est de convaincre les femmes enceintes de la nécessité absolue d'avoir une alimentation de qualité", souligne Marc Maigné, vice-président de la communauté d'agglomération chargé du contrat local de santé.

"Les 1.000 premiers jours de la vie, dès la conception, sont les plus dangereux" pour l'enfant. "Il est important qu'il soit exposé le moins possible aux produits chimiques de synthèse, dont les pesticides et les perturbateurs endocriniens", ajoute-t-il.

Les sages-femmes du territoire ont fait connaître le programme. "J'ai tout de suite été intéressée. J'ai pris conscience que je mangeais aussi pour mon bébé et j'ai envie de mieux m'alimenter", témoigne Cassandra Fleury. "Je découvre des producteurs locaux près de chez moi, qui me permettent d'éviter les pesticides. C'est tout bénef !", estime la jeune femme.

- Changer les habitudes -

Même enthousiasme chez Marine Serpette, qui attend son deuxième enfant. Cette femme de 33 ans, enceinte de sept mois, admet avoir une "alimentation pas très variée". Son chéquier en poche, elle achète désormais ses légumes aux Jardins de l'Aubreçay, près de chez elle.

"Il n'y a que du positif dans ce programme. Les produits sont de qualité, on me donne plein de conseils pour cuisiner", apprécie celle qui voudrait "garder l'habitude de venir" après son accouchement.

Les maraîchers saluent aussi l'initiative.

"Cela permet de sensibiliser. Les gens viennent souvent au bio quand ils deviennent parents mais j'espère que leur consommation changera sur le long terme", souligne Pierre-François Robin, cogérant de la ferme Les Enfourneaux, à Saint-Xandre (Charente-Maritime), où s'approvisionne Cassandra.

"C'est une façon d'apporter notre pierre à l'édifice sur un territoire particulièrement touché par les cancers pédiatriques", abonde Boris Georges, des Jardins de l'Aubreçay.

Une étude récente a révélé un risque accru pour ces pathologies en plusieurs endroits de Charente-Maritime, où la pollution aux pesticides agricoles est régulièrement dénoncée. Notamment dans la plaine céréalière d'Aunis, près de La Rochelle, où des résidus de produits phytosanitaires ont été retrouvés dans les cheveux et urines de dizaines d'enfants.

- Proposition de loi -

La collectivité rochelaise s'est inspirée de "l'ordonnance verte" expérimentée à Strasbourg depuis plus de deux ans et qui a déjà essaimé en France, de Caen à Lons-le-Saunier en passant par Angoulême. La métropole alsacienne, pionnière, touche désormais 1.500 femmes enceintes ou en parcours de procréation médicale assistée (PMA).

"L'expérience de Strasbourg n'a que des vertus positives. Elle sensibilise les femmes enceintes et fait fonctionner l'économie locale", juge Sandra Regol, députée EELV du Bas-Rhin.

Elle a déposé en septembre une proposition de loi visant à généraliser une ordonnance verte financée par l'État, sur le budget de la Sécurité sociale. "C'est de la politique de prévention sur le long terme", justifie l'élue.

En partant du budget strasbourgeois et du nombre de naissances national, la parlementaire chiffre le besoin de financement annuel autour de 700 millions d'euros, en intégrant le coût des séances avec les écoconseillers en santé qui seraient confiées aux services départementaux de la protection maternelle et infantile.

"En comparaison, les coûts engendrés par l'exposition aux perturbateurs endocriniens atteindraient près de 160 milliards d'euros au niveau européen", indique la proposition de loi que soutient l'association Alerte des médecins sur les pesticides, basée à Limoges.

"Nous plaidons pour la mise en place d'ordonnances vertes dans tout le pays, en s'inspirant du modèle de Strasbourg qui est le plus abouti. Nous voulons qu'elles s'inscrivent dans la loi, c'est un enjeu de santé publique", souligne son coprésident, Pierre-Michel Périnaud, pour qui "l'exposition aux pesticides pendant la grossesse fait partie des angles morts de la prévention".

O.Mucciarone--PV

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