Pallade Veneta - Meurtres aux champignons vénéneux en Australie: l'accusée reconnue coupable

Meurtres aux champignons vénéneux en Australie: l'accusée reconnue coupable


Meurtres aux champignons vénéneux en Australie: l'accusée reconnue coupable
Meurtres aux champignons vénéneux en Australie: l'accusée reconnue coupable / Photo: Paul Tyquin - Cour suprême de Victoria/AFP/Archives

Le jury d'un tribunal australien a reconnu coupable lundi une quinquagénaire accusée d'avoir tué trois personnes en leur servant des champignons vénéneux, une affaire qui a tenu en haleine les médias du monde entier.

Taille du texte:

A l'occasion de ce repas, elle leur avait servi en juillet 2023 une spécialité culinaire anglaise, un bœuf Wellington avec des amanites phalloïdes - un des plus dangereux champignons vénéneux.

Pendant son procès de plus de deux mois, l'accusée a maintenu que cet empoisonnement était accidentel.

Mais après une semaine de délibérations, un jury composé de 12 membres l'a reconnue coupable de triple meurtre lundi, et également de tentative de meurtre sur un quatrième convive.

Le tribunal fixera bientôt la date de l'audience qui déterminera la durée de l'emprisonnement de Mme Patterson, la peine maximale étant la réclusion à perpétuité.

Son équipe juridique aura 28 jours après la sentence pour faire appel de ses condamnations pénales et de sa peine d'emprisonnement.

Le procès, qui s'est tenu dans la petite ville rurale de Morwell, dans le sud-est de l'Australie, a attiré de nombreux médias, notamment internationaux, et des passionnés d'affaires criminelles.

- "Délicieux" -

Le 29 juillet 2023, Erin Patterson avait organisé un repas de famille sur sa propriété dans le sud-est australien.

A table ce jour-là: Don et Gail Patterson, les parents de son époux Simon, dont la tante Heather et l'oncle Ian - un pasteur d'une église bapstiste locale - étaient également présents.

Simon, lui, avait décliné, expliquant son malaise face à cette invitation. En toile de fond, leur relation se détériorait, en raison d'un désaccord sur une question de pension alimentaire.

L'Australienne a acheté des filets de boeuf à prix d'or et mixé la viande avec des champignons, enrobant le tout de pâte feuilletée pour confectionner des portions individuelles de boeuf Wellington.

Les champignons, identifiés ensuite comme des amanites phalloïdes, peuvent avoir un goût sucré qui cache leur caractère toxique.

La tablée a dit le bénédicité puis commencé le repas, "délicieux" aux dires de la tante invitée, Heather.

- Mensonges -

Mais le poison contenu par les champignons a vite envahi l'organisme des invités et déclenché des effets dévastateurs. Don, Gail et Heather ont succombé en une semaine. Seul Ian, le pasteur, a survécu.

"Il est particulièrement évident qu'ils ne pouvaient en réchapper", a décrit un spécialiste en soins intensifs, Stephen Warrillow, au cours du procès.

Des détectives ont vite trouvé des indices suggérant qu'Erin Patterson, passionnée d'histoires criminelles à ses heures perdues, avait préparé son repas avec l'intention de tuer.

Mme Patterson avait annoncé aux convives souffrir d'un cancer et demandé des conseils sur la façon dont elle devait l'annoncer à ses enfants, selon le parquet.

Pourtant, aucun dossier médical n'a fait état d'un tel diagnostic. Le ministère public a déclaré qu'il s'agissait d'un mensonge pour attirer à sa table ses convives.

Elle a également nié avoir eu en sa possession un déshydrateur alimentaire, alors que la police a retrouvé l'objet dans une décharge à proximité. Les analyses ont ensuite montré qu'il contenait des traces d'amanite phalloïde.

"Je reconnais avoir menti parce que j'avais peur qu'on me tienne pour responsable", a-t-elle déclaré lors du procès.

- "Détective hors pair" -

Les amanites phalloïdes comptent parmi les champignons les plus mortels de la planète, et sont responsables de quelque 90% de tous les décès dûs à la consommation de champignons vénéneux.

Seul le pasteur, Ian Wilkinson, a survécu au repas, après des semaines d'hospitalisation. Il n'a pu expliquer pourquoi la quinquagénaire avait pu vouloir le tuer.

Erin Patterson a été décrite comme une mère attentive, qui jouait un rôle actif dans sa petite communauté, se portant volontaire pour éditer le bulletin du village.

Passionnée d'affaires criminelles, elle était aussi membre d'un groupe Facebook où elle discutait des meurtres australiens les plus célèbres. Son amie Christine Hunter a dit au procès qu'elle avait une réputation de "détective hors pair".

Erin Patterson a affirmé ne pas savoir comment les champignons mortels s'étaient retrouvés dans son plat.

L'empoisonnement était un "terrible accident", a déclaré son avocat, Colin Mandy lors du procès. "Elle ne l'a pas fait délibérément. Elle ne l'a pas fait intentionnellement".

Médecins, détectives, experts en informatique et spécialistes des champignons se sont exprimés lors du procès pour disséquer chaque aspect du déjeuner.

Confronté à d'innombrables heures de témoignages, le jury a mis une semaine à déclarer Mme Patterson coupable.

H.Lagomarsino--PV

En vedette

Ebola en RDC: lancement de l'essai clinique du vaccin Ervebo en Ituri

Médecins, infirmiers ou encore employés chargés de la désinfection: à Bunia en Ituri, province épicentre de l'épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo (RDC), les premiers volontaires parmi les personnels en première ligne de la région ont été vaccinés samedi, dans le cadre d'un essai clinique, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Au Kenya, la politique sida de l'administration Trump tue déjà

Sous une dalle de béton inachevée d'un cimetière de Nairobi repose Judy, prostituée kényane séropositive de 36 ans. Malade après avoir été privée de ses antirétroviraux par les coupes brutales de l'aide américaine, elle est morte le 7 août, quelques heures avant une rencontre prévue avec l'AFP.

Le trouble de la personnalité borderline, entre stigmatisation et manque de prise en charge

Encore méconnu, stigmatisant et sous-diagnostiqué, le trouble de la personnalité borderline pâtit d'une insuffisance de moyens et de prise en charge, laissant de nombreux malades en errance et en souffrance, regrettent des professionnels de santé qui tentent de développer des soins spécialisés.

En Inde, une loi inquiète les personnes transgenres et leurs médecins

Quand Kali Sidharth Medepalli a commencé son traitement hormonal, elle espérait achever sa transition en un an. Mais la clinique qui l'accompagnait a suspendu son traitement après le vote d'une loi qui redéfinit le statut des personnes transgenres en Inde.

Taille du texte: