Pallade Veneta - Nos cousins chimpanzés consomment eux aussi de l'alcool

Nos cousins chimpanzés consomment eux aussi de l'alcool


Nos cousins chimpanzés consomment eux aussi de l'alcool
Nos cousins chimpanzés consomment eux aussi de l'alcool / Photo: PATRICK MEINHARDT - AFP

En mangeant des fruits mûrs chargés en éthanol, les chimpanzés consomment à l'état sauvage l'équivalent de plusieurs verres d'alcool par jour, avance mercredi une étude, éclairant sur les possibles raisons de notre penchant pour la boisson.

Taille du texte:

Menée dans des forêts africaines où ces animaux vivent, l'étude vient appuyer la théorie selon laquelle les hommes auraient hérité des singes cet attrait ainsi que leur capacité à métaboliser l'alcool, pourtant toxique.

En recueillant des fruits habituellement consommés par les chimpanzés et en mesurant leur taux en éthanol, une forme d'alcool produite par la fermentation de sucres, les chercheurs ont pu établir que nos plus proches cousins étaient quotidiennement exposés à cette substance via leur alimentation.

Et pas qu'un peu. Selon leurs calculs basés sur la teneur mesurée et la quantité très importante de fruits ingérés par jour par ces primates, ils évaluent que leur consommation journalière se situe autour de 14 grammes d'éthanol.

"On peut dire que ça équivaut à une pinte" de bière pour un humain, pesant bien plus lourd qu'un chimpanzé, explique à l'AFP Aleksey Maro, auteur principal de l'étude publiée dans la revue Science Advances.

Sont-ils ivres pour autant? La question reste ouverte, car si cette consommation "n'est pas négligeable", elle "est très diluée et davantage associée à la nourriture", relève ce doctorant en biologie des systèmes à l'université de Californie à Berkeley.

- Théorie du "singe ivre" -

Quoi qu'il en soit, ces expériences menées en Ouganda et en Côte d'Ivoire ont permis de montrer "pour la première fois que nos plus proches parents vivants consomment quotidiennement des doses d'alcool physiologiquement significatives", poursuit-il.

Un élément qui vient consolider l'hypothèse du "singe ivre" formulée il y a plus de dix ans par un biologiste américain, Robert Dudley, d'ailleurs co-auteur de l'étude.

Selon ce postulat, l'appétence de l'être humain pour l'alcool ainsi que sa capacité à le métaboliser viendraient du fait que nos ancêtres primates étaient quotidiennement exposés à cette substance à travers leur régime frugivore.

"Le nom est mal choisi, on devrait plutôt l'appeler la théorie de la gueule de bois évolutionniste", plaisante M. Maro.

D'abord reçue avec scepticisme par plusieurs experts, cette théorie avait gagné en popularité ces dernières années, plusieurs travaux de recherche ayant montré un intérêt de certains singes pour des substances alcoolisées ou encore pour des fruits très mûrs fortement chargés en éthanol.

Pour Nathaniel Dominy, professeur d'anthropologie et de biologie de l'évolution au Darmouth College, interrogé par l'AFP, l'étude publiée mercredi est "un véritable tour de force" mais soulève de "nombreuses nouvelles questions", notamment sur les conséquences biologiques et comportementales d'une telle exposition chronique chez ces singes.

Ou encore sur le réel attrait de ces primates pour cette substance psychoactive, les chercheurs n'ayant pas pu déterminer si les chimpanzés recherchaient délibérément ou non les fruits à forte teneur en éthanol.

Loin d'être anecdotique, ce sujet devrait continuer à être creusé pour permettre de mieux comprendre les origines de la consommation humaine d'alcool et mieux évaluer ses risques et potentiels bénéfices, plaide Aleksey Maro: "Nous pouvons en apprendre davantage sur nous-mêmes à travers les chimpanzés".

B.Cretella--PV

En vedette

Ebola en RDC: lancement de l'essai clinique du vaccin Ervebo en Ituri

Médecins, infirmiers ou encore employés chargés de la désinfection: à Bunia en Ituri, province épicentre de l'épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo (RDC), les premiers volontaires parmi les personnels en première ligne de la région ont été vaccinés samedi, dans le cadre d'un essai clinique, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Au Kenya, la politique sida de l'administration Trump tue déjà

Sous une dalle de béton inachevée d'un cimetière de Nairobi repose Judy, prostituée kényane séropositive de 36 ans. Malade après avoir été privée de ses antirétroviraux par les coupes brutales de l'aide américaine, elle est morte le 7 août, quelques heures avant une rencontre prévue avec l'AFP.

Le trouble de la personnalité borderline, entre stigmatisation et manque de prise en charge

Encore méconnu, stigmatisant et sous-diagnostiqué, le trouble de la personnalité borderline pâtit d'une insuffisance de moyens et de prise en charge, laissant de nombreux malades en errance et en souffrance, regrettent des professionnels de santé qui tentent de développer des soins spécialisés.

En Inde, une loi inquiète les personnes transgenres et leurs médecins

Quand Kali Sidharth Medepalli a commencé son traitement hormonal, elle espérait achever sa transition en un an. Mais la clinique qui l'accompagnait a suspendu son traitement après le vote d'une loi qui redéfinit le statut des personnes transgenres en Inde.

Taille du texte: