Pallade Veneta - Variole du singe: le chef de l'OMS dira samedi s'il déclenche le plus haut niveau d'alerte

Variole du singe: le chef de l'OMS dira samedi s'il déclenche le plus haut niveau d'alerte


Variole du singe: le chef de l'OMS dira samedi s'il déclenche le plus haut niveau d'alerte
Variole du singe: le chef de l'OMS dira samedi s'il déclenche le plus haut niveau d'alerte / Photo: Fabrice COFFRINI - AFP

Face à la flambée de variole du singe, le directeur général de l'OMS doit annoncer samedi s'il a choisi de déclencher -ou non- le plus haut niveau d'alerte de l'organisation.

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Tedros Adhanom Ghebreyesus donnera une conférence de presse virtuelle à 13H00 GMT, a annoncé l'organisation onusienne vendredi soir.

Le communiqué ne dit rien de la nature de l'annonce du Dr. Tedros au moment où l'éruption de cas de variole du singe frappe désormais plus de 15.800 personnes dans 72 pays, selon le tableau de bord du Centre américain pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) à la date du 20 juillet.

Jeudi encore, lors d'une longue réunion du Comité des experts qui doivent le guider dans sa décision et ses recommandations, le Dr. Tedros a expliqué qu'il "reste inquiet" de la diffusion de la maladie, même si le rythme de propagation a diminué dans certains endroits.

C'est au patron de l'OMS qu'incombe la responsabilité d'éventuellement déclarer l'urgence de santé publique de portée internationale, le plus haut degré d'alerte de l'agence de santé, censé déclencher toute une série d'actions des pays membres.

Lors d'une première réunion le 23 juin, la majorité des experts avaient recommandé au Dr. Tedros de ne pas prononcer l'urgence de santé publique de portée internationale (USPPI).

"La variole du singe est hors de contrôle, il n'y a aucune raison légale, scientifique ou sanitaire de ne pas déclarer une urgence de santé publique de portée internationale", a tweeté vendredi soir Lawrence Gostin, professeur américain de droit de la santé publique et directeur du Centre de l'OMS pour le droit de la santé.

- Informer, sensibiliser -

Détectée début mai, la recrudescence inhabituelle de cas de variole du singe en dehors des pays d'Afrique centrale et de l'ouest où le virus est endémique, s'est depuis étendue dans le monde entier, avec comme épicentre l'Europe.

Décelée pour la première fois chez l'humain en 1970, la variole du singe est moins dangereuse et contagieuse que sa cousine la variole, éradiquée en 1980.

Dans la plupart des cas, les malades sont des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes, relativement jeunes, et vivant essentiellement en ville, selon l'OMS.

Une étude publiée jeudi dans la revue scientifique New England Journal of Medicine, la plus large réalisée sur le sujet et basée sur des données de 16 pays différents, confirme que la vaste majorité -- 95% -- des cas récents ont été transmis lors d'un contact sexuel et que 98% des personnes touchées étaient des hommes gays ou bisexuels.

"Ce mode de transmission représente à la fois une opportunité pour mettre en place des interventions de santé publique ciblées, et un défi, car dans certains pays, les communautés affectées sont face à des discriminations qui menacent leur vie", a relevé le Dr. Tedros.

"Il y a une réelle inquiétude que les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes puissent être stigmatisés ou blâmés pour la flambée de cas, la rendant beaucoup plus difficile à tracer et à stopper", a-t-il averti.

Si la raison de ne pas déclarer une USPPI "tient au fait qu'elle est restreinte à la communauté des hommes ayant des relations sexuelles avec les hommes, c'est une erreur et c'est scandaleux", a tweeté le professeur Gostin.

- Vacciner -

Vendredi, l'Agence européenne des médicaments (EMA) a déclaré avoir approuvé l'utilisation d'un vaccin contre la variole humaine pour étendre son utilisation contre la propagation de la variole du singe. Ce vaccin est de fait déjà utilisé à cette fin dans plusieurs pays, dont la France.

Le vaccin Imvanex, de la société danoise Bavarian Nordic, est approuvé dans l'UE depuis 2013 pour la prévention de la variole.

L'OMS recommande de vacciner les personnes les plus à risque ainsi que les personnels de santé susceptibles d'être confronté à la maladie.

A New York ce sont des milliers de personnes qui ont déjà été vaccinées avec le vaccin Jynneos.

P.Colombo--PV

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