Pallade Veneta - Lait infantile: un bébé décédé début janvier, enquête pénale à Bordeaux

Lait infantile: un bébé décédé début janvier, enquête pénale à Bordeaux


Lait infantile: un bébé décédé début janvier, enquête pénale à Bordeaux
Lait infantile: un bébé décédé début janvier, enquête pénale à Bordeaux / Photo: Fabrice COFFRINI - AFP/Archives

Une enquête pénale a été ouverte sur la mort début janvier d'un nourrisson ayant consommé un lait infantile rappelé par Nestlé pour cause de "possible contamination" par une bactérie, a annoncé jeudi le parquet, sans "lien de causalité" établi pour l'heure selon les autorités.

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Ce décès, évoqué sans précisions de lieu mardi par l'un des services du ministère de la Santé qui a lancé des investigations sanitaires, concerne un bébé né le 25 décembre et décédé le 8 janvier à l'hôpital Haut Lévêque de Pessac, dans la banlieue de Bordeaux.

"Une fois sorti de la maternité, le nourrisson avait notamment été alimenté, entre le 5 et le 7 janvier 2026, avec un lait artificiel de marque Guigoz ayant fait l'objet d'un rappel pour une possible contamination par une bactérie Bacillus Cereus", a précisé à l'AFP Renaud Gaudeul, procureur de la République à Bordeaux.

Le 5 janvier, Nestlé, géant suisse de l'agroalimentaire, avait engagé un vaste rappel de laits infantiles des marques Guigoz et Nidal à cause de la présence potentielle de cette bactérie, susceptible de provoquer des troubles digestifs, comme des diarrhées et vomissements, avec des complications parfois graves.

- Alerte sanitaire "d'ampleur" -

Le bébé avait été conduit en urgence à l'hôpital le 7 janvier, "la mère ayant constaté des troubles digestifs chez l'enfant". Le CHU de Bordeaux a signalé son décès au parquet le 9 janvier.

Ce dernier a sollicité une autopsie ainsi que l'analyse "des prélèvements anatomopathologiques et toxicologiques, dont les résultats ne sont pas encore connus". Le lait artificiel ayant servi à alimenter l'enfant "a été saisi aux fins d'analyse, notamment pour déterminer la présence ou non de la bactérie Bacillus Cereus", a ajouté M. Gaudeul.

Dans un communiqué, les ministères de l'Agriculture et de la Santé ont évoqué jeudi une alerte sanitaire "d'ampleur, qui reste évolutive", assurant déployer une "surveillance continue" du dossier.

"À ce stade, il n'a pas été mis en évidence de lien de causalité entre la consommation des laits infantiles concernés et la survenue de symptômes chez des nourrissons", ont-ils fait valoir.

- Fournisseur chinois -

"La conjonction des deux choses n'est pas établie, c'est ça que l'enquête va déterminer", a confirmé la ministre de l'Agriculture Annie Genevard, en déplacement dans la Manche, disant suivre le dossier "avec très grande vigilance".

"Il est de la responsabilité des entreprises de réaliser des contrôles et de rappeler les lots contaminés", a-t-elle insisté.

Le rappel diligenté par Nestlé concerne une soixantaine de pays, dont la France, et le patron du géant suisse, Philipp Navratil, a présenté des excuses mi-janvier alors que le groupe est accusé par certaines ONG d'avoir tardé à prendre des mesures.

Mercredi, le groupe français Lactalis a également annoncé un vaste rappel de lait infantile dans plusieurs pays dont la France, la Chine, l'Australie et le Mexique.

Selon les ministères de l'Agriculture et de la Santé, ce retrait est, comme pour celui de Nestlé, lié à un ingrédient soupçonné d'être source de la contamination, "une huile riche en acide arachidonique utile au bon développement des bébés, produite par un fournisseur chinois".

"À ce jour, l'ensemble des fabricants de lait infantile au niveau mondial, dès lors qu'ils ont eu recours à de l'huile riche en acide arachidonique de ce fournisseur, doivent conduire une analyse de risque leur permettant d'évaluer la sécurité de chacun des lots", ajoutent-ils.

L'ONG Foodwatch a annoncé mercredi porter plainte contre X pour "faire la lumière" sur ces rappels, affirmant que "des millions de nourrissons dans le monde étaient concernés".

pgr-jdy-mdz-aro-kal-jed/gf/vmt

L.Bufalini--PV

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