Pallade Veneta - L'herpès facial, un virus peut-être vieux de 5.000 ans

L'herpès facial, un virus peut-être vieux de 5.000 ans


L'herpès facial, un virus peut-être vieux de 5.000 ans
L'herpès facial, un virus peut-être vieux de 5.000 ans / Photo: Andreas SOLARO - AFP/Archives

La souche moderne du virus de l'herpès facial, qui cause les boutons de fièvre, remonterait à environ 5.000 ans, selon les auteurs d'une récente étude.

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"Nous avons pu déterminer que les variations des souches modernes remontent toutes à une certaine époque à la fin du Néolithique, au début de l'âge du bronze", a expliqué Christiana Scheib, co-autrice principale de cette étude parue mercredi dans la revue Science Advances.

L'herpès actuel n'aurait donc que 5.000 ans, un âge moins élevé qu'imaginé : "c'est un peu surprenant car on a supposé que l'herpès a co-évolué avec l'homme pendant très longtemps", a déclaré à l'AFP cette experte en ADN ancien et en génétique des populations, liée à l'université de Cambridge.

Chez les humains, environ 3,7 milliards sont infectées à vie par le virus HSV-1 responsable de l'herpès facial, selon l'Organisation mondiale de la santé.

L'histoire de ce virus et la manière dont il s'est diffusé restent cependant peu connues, notamment car il est compliqué d'en trouver des exemples anciens.

L'équipe de Mme Scheib a examiné l'ADN des dents de centaines de personnes à partir d'anciennes découvertes archéologiques. Seules quatre d'entre elles étaient porteuses du virus de l'herpès. C'est en séquençant leur génome que les chercheurs ont déterminé quand était apparue son incarnation contemporaine.

L'humain vit probablement avec l'herpès depuis bien plus longtemps. On peut imaginer qu'une précédente souche circulait probablement chez les humains lorsqu'ils ont quitté l'Afrique pour la première fois voici des millions d'années.

Mais il a fallu attendre une époque relativement récente pour qu'il prenne sa forme actuelle.

- Un suspect potentiel, le baiser -

Comment expliquer ce changement?

Première théorie des chercheurs: il y a environ 5.000 ans, l'humanité était dans une période de grande migration de l'Eurasie vers l'Europe, et ce mouvement aurait pu affecter le virus.

Autre hypothèse: le développement de l'herpès facial au Néolithique détecté dans l'ADN ancien a peut-être coïncidé avec une nouvelle pratique culturelle, le baiser romantique et sexuel. "Des preuves textuelles commencent à apparaître à l'âge du bronze sur les baisers romantiques", qui peuvent modifié le mode de propagation du virus, selon Christina Scheib.

La première mention connue de baisers se trouve dans un manuscrit d'Asie du sud à l'âge du bronze, suggérant que la pratique a pu passer ensuite vers l'Europe.

Le virus de l'herpès facial se transmet généralement d'un parent à son enfant, mais s'embrasser lui aurait donné une nouvelle façon de passer d'un hôte à l'autre, a exposé la co-autrice de l'étude.

S'embrasser "n'est pas un trait humain universel", a-t-elle déclaré, pointant la difficulté de déterminer quand cette pratique a commencé ou si elle est assurément liée à la propagation du HSV-1.

L'autre co-autrice principale de l'étude, Charlotte Houldcroft, également de Cambridge, a par ailleurs souligné qu'un virus comme l'herpès évolue sur une échelle de temps bien plus grande qu'un virus comme le Covid-19.

"L'herpès facial se cache dans son hôte pour la vie et ne se transmet que par contact oral, de sorte que les mutations se produisent lentement au fil des siècles et des millénaires", a-t-elle précisé.

"Auparavant, les données génétiques sur l'herpès ne remontaient qu'à 1925", a-t-elle relevé, appelant à davantage "d'enquêtes en profondeur" pour comprendre l'évolution des virus.

"Seuls des échantillons génétiques datant de centaines, voire de milliers d'années, permettront de comprendre comment les virus à ADN tels que l'herpès ou la variole du singe, ainsi que notre propre système immunitaire, s'adaptent les uns aux autres", selon cette chercheuse.

A.Tucciarone--PV

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