Pallade Veneta - Les chiens nous accompagnent depuis 16.000 ans

Les chiens nous accompagnent depuis 16.000 ans


Les chiens nous accompagnent depuis 16.000 ans
Les chiens nous accompagnent depuis 16.000 ans / Photo: NATALIA KOLESNIKOVA - AFP/Archives

D'où viennent les chiens et depuis quand accompagnent-ils l'être humain ? De nouvelles études établissent leur présence en Europe il y a près de 16.000 ans, soit 5.000 ans plus tôt que ce que les précédentes recherches évaluaient.

Taille du texte:

"L'origine des chiens - probable mélange de deux types de loups gris - reste un mystère intéressant", pour le généticien suédois Pontus Skoglund, de l'Institut Francis Crick, qui a participé à une vaste étude génomique sur les premiers chiens en Europe.

Retracer avec précision les origines de la domestication des loups gris par l'Homme s'avère impossible en se basant uniquement sur les restes archéologiques des canidés. Car les squelettes de loups et de chiens sont difficilement distinguables les uns des autres.

Deux études publiées cette semaine dans Nature tentent de lever un peu le voile sur ce mystère, en ayant recours à l'analyse des ADN de ces restes.

Dans une première étude, l'équipe menée par William Marsh, du Muséum d'histoire naturelle de Londres, en compagnie de 21 autres instituts de recherche, a découvert la plus ancienne trace d'ADN canin au monde.

"Ce chien vivait il y a 15.800 ans, à Pinarbasi en Turquie actuelle, dans l'Anatolie centrale. Son ADN provient d'un bout de son crâne. Il ressemblait probablement à un petit loup. C'était un chiot de quelques mois probablement, de sexe féminin", décrit Laurent Frantz, de l'université Ludwig-Maximilian de Munich.

- 5.000 ans plus tôt -

Jusqu'à présent, la plus ancienne trace d'un chien remontait à 10.900 ans. Les découvertes induisent donc une domestication des chiens bien plus ancienne qu'imaginé auparavant.

"On ne sait pas exactement quel était le rôle de ces chiens. Chasser, servir d'alarme... On peut aussi supposer qu'un lien s'était tissé entre les gens et leurs chiens, notamment avec les enfants. Même s'ils n'étaient pas considérés comme des animaux de compagnie au sens où on l'entendrait aujourd'hui, il existait sans doute un lien très fort. A Pinarbasi, les chiots sont ainsi enterrés au-dessus de sépultures humaines", note Laurent Frantz.

Les chercheurs ont établi la présence de chiens génétiquement similaires au Royaume-Uni, en Allemagne, Italie, Suisse et en Turquie durant le Paléolithique supérieur, il y a entre 15.800 et 14.200 ans.

Mais d'où venaient-ils ?

- Chaînon manquant -

Dans une autre publication, l'équipe menée par le biologiste Anders Bergström a comparé les génomes tirés de 216 squelettes de canidés dont au moins 181 provenaient de sites pré-néolithiques en Europe (Suisse, Belgique, Allemagne, Arménie, Turquie, Suède, Pays-Bas, Danemark et Ecosse).

Ils ont ainsi pu montrer que l'ascendance des chiens des premiers agriculteurs du Néolithique (-6.000 ans en Europe) remontait fidèlement aux chiens des populations de chasseurs-cueilleurs, il y a plus de 14.000 ans.

Ce fait apporte un éclairage nouveau quant aux bouleversements apportés par la révolution agricole du Néolithique.

Alors que chez les humains le passage à l'agriculture s'est accompagné d'une migration à grande échelle de l'Asie du Sud-Ouest vers l'Europe et donc d'un brassage majeur des génomes humains, ce n'est pas le cas chez les chiens.

"C'est la grande surprise que nous avons eue", témoigne Anders Bergström. "Nous ne voyons pas ce brassage pour les chiens".

La différenciation entre chiens d'Europe et chiens d'Asie a donc eu lieu avant et hors d'Europe, plus probablement en Asie.

"Il existe toujours un fossé génétique entre les chiens et les loups. La recherche du chaînon manquant se poursuit", conclut Pontus Skoglund.

A.Tucciarone--PV

En vedette

Ebola en RDC: lancement de l'essai clinique du vaccin Ervebo en Ituri

Médecins, infirmiers ou encore employés chargés de la désinfection: à Bunia en Ituri, province épicentre de l'épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo (RDC), les premiers volontaires parmi les personnels en première ligne de la région ont été vaccinés samedi, dans le cadre d'un essai clinique, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Au Kenya, la politique sida de l'administration Trump tue déjà

Sous une dalle de béton inachevée d'un cimetière de Nairobi repose Judy, prostituée kényane séropositive de 36 ans. Malade après avoir été privée de ses antirétroviraux par les coupes brutales de l'aide américaine, elle est morte le 7 août, quelques heures avant une rencontre prévue avec l'AFP.

Le trouble de la personnalité borderline, entre stigmatisation et manque de prise en charge

Encore méconnu, stigmatisant et sous-diagnostiqué, le trouble de la personnalité borderline pâtit d'une insuffisance de moyens et de prise en charge, laissant de nombreux malades en errance et en souffrance, regrettent des professionnels de santé qui tentent de développer des soins spécialisés.

En Inde, une loi inquiète les personnes transgenres et leurs médecins

Quand Kali Sidharth Medepalli a commencé son traitement hormonal, elle espérait achever sa transition en un an. Mais la clinique qui l'accompagnait a suspendu son traitement après le vote d'une loi qui redéfinit le statut des personnes transgenres en Inde.

Taille du texte: