Pallade Veneta - Paludisme: les coupes dans l'aide américaine menacent des "dizaines de milliers de vies d'enfants", selon l'Alliance du vaccin

Paludisme: les coupes dans l'aide américaine menacent des "dizaines de milliers de vies d'enfants", selon l'Alliance du vaccin


Paludisme: les coupes dans l'aide américaine menacent des "dizaines de milliers de vies d'enfants", selon l'Alliance du vaccin
Paludisme: les coupes dans l'aide américaine menacent des "dizaines de milliers de vies d'enfants", selon l'Alliance du vaccin / Photo: Fabrice COFFRINI - AFP/Archives

Les coupes dans l'aide internationale, principalement américaines, ont contraint un programme mondial de vaccination à réduire fortement le déploiement des vaccins contre le paludisme en Afrique, menaçant des "dizaines de milliers de vies d'enfants", a déploré vendredi sa responsable à l’AFP.

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L’Alliance du vaccin Gavi réunit des donateurs publics et privés afin d’aider les pays en développement à se procurer à prix abordable des vaccins.

Les Etats-Unis, qui contribuaient à près d'un quart de son budget, lui ont retiré l'an passé, sous la férule de leur ministre de la Santé Robert Kennedy Jr., 1,58 milliard de dollars (1,35 milliard d'euros) de financement, selon Gavi.

M. Kennedy Jr., connu pour ses positions vaccino-sceptiques, avait annoncé en juin que les Etats-Unis "ne contribueront pas davantage" tant que Gavi n'aura pas regagné la "confiance du public", accusant l'Alliance du vaccin d'avoir "négligé la question essentielle de (leur) sécurité", sans plus de précisions.

"Notre programme contre le paludisme a subi les coupes les plus importantes", a déploré depuis le Rwanda la directrice générale de Gavi, Sania Nishtar, lors d'un entretien téléphonique avec l'AFP.

Gavi soutient le déploiement du vaccin antipaludique dans 25 pays africains. Cette maladie cause chaque année quelque 600.000 décès, principalement des enfants, en Afrique.

L'objectif d’atteindre une couverture vaccinale de 85% dans les pays ciblés d’ici 2030 a été ramené à 70%, a indiqué Mme Nishtar.

Gavi avait estimé que ce déploiement permettrait d’éviter 180.000 décès sur cette période. L’impact des coupes "se traduira probablement par des dizaines de milliers de vies d’enfants perdues", a-t-elle estimé.

"Si vous avez déjà vu un enfant hospitalisé souffrir de convulsions liées au paludisme, vous savez ce que cela signifie", a encore commenté la directrice générale de Gavi. "C'est une vision horrible."

- "Baguette magique" -

Sania Nishtar a également évoqué auprès de l’AFP les difficultés rencontrées dans les efforts de développement de la production de vaccins en Afrique — un enjeu mis en lumière pendant la pandémie de Covid, lorsque les pays développés s'étaient largement réservé les doses.

Gavi avait annoncé en 2024 un programme de subventions d’un milliard de dollars (850 millions d'euros) pour aider les futurs fabricants africains de vaccins à démarrer leurs activités. Mais 18 mois plus tard, "aucun des fabricants n’a été en mesure d’encaisser une subvention à ce jour", a-t-elle constaté.

Des entreprises en Afrique du Sud, au Sénégal, au Maroc et au Ghana sont en lice, mais elles ont besoin de davantage de financements et de soutien pour lancer les laboratoires et les lignes de production, a observé Sania Nishtar.

"Nous nous plions en quatre pour aider, mais nous n’avons pas de baguette magique", a-t-elle affirmé, appelant les gouvernements africains à investir dans ces projets, ou à défaut à leur accorder des allègements fiscaux.

Gavi aspirait à récolter 11,9 milliards de dollars (10,2 milliards d'euros) pour son programme de 2026 à 2030, mais 1,9 milliard (1,6 milliard d'euros) manquent encore, essentiellement du fait du retrait des États-Unis mais aussi de réductions de la part d’autres donateurs occidentaux.

"Nous sommes très optimistes quant à un renouvellement du partenariat avec les États-Unis, car ils sont extrêmement importants pour Gavi", a observé Mme Nishtar, visiblement réticente à critiquer Washington.

Seul côté positif du retrait américain de Gavi, des pays africains ont commencé l'an passé à investir davantage dans leur système de santé et dans la politique vaccinale.

"L’an dernier, nous avons terminé avec 300 millions de dollars (256 millions d'euros) de contributions (... en provenance d’Afrique), créditées concrètement sur notre compte en banque", s'est-elle félicitée.

S.Urciuoli--PV

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