Pallade Veneta - En RDC, les habitants désarmés face à Ebola, attendent l'aide médicale

En RDC, les habitants désarmés face à Ebola, attendent l'aide médicale


En RDC, les habitants désarmés face à Ebola, attendent l'aide médicale
En RDC, les habitants désarmés face à Ebola, attendent l'aide médicale / Photo: Jorkim Jotham PITUWA - AFP

A l'hôpital de Rwampara, dans l'un des foyers de l'épidémie d'Ebola qui se propage en RDC, une simple bandelette en plastique délimite le site d'isolement des malades, pas encore sorti de terre.

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La réponse tarde à s'organiser en République démocratique du Congo, où la 17e flambée d'Ebola frappe des provinces orientales difficilement accessibles par les routes et en proie aux violences des groupes armés.

L'hôpital de Rwampara n'est situé qu'à une douzaine de kilomètres de Bunia, la capitale de l'Ituri, l'une des provinces les plus troublées de l'Est congolais, où les groupes armés commettent régulièrement des massacres.

Mais le matériel attendu, pour isoler et soigner les personnes infectées par ce virus extrêmement meurtrier, n'a commencé à arriver que lundi à Rwampara.

Devant le portail de l'hôpital, le gardien muni d'un simple masque chirurgical, fait de son mieux pour contrôler les allées et venues.

Quelques stands de lavage des mains ont été installés à proximité des bâtisses peintes en bleu de l'hôpital, qui compte déjà une centaine de cas suspect, selon un responsable.

A l'intérieur, les infirmiers étaient dépourvus de kits de protection complets jusqu'à vendredi. Les habitants de la zone sont encore plus démunis.

"Nous creusons des tombes et enterrons des personnes mortes sans gants ni aucune protection", s'inquiète Salama Bamunoba, représentant d'une organisation de jeunesse locale.

Il n'existe ni vaccin, ni traitement spécifique pour la souche du virus responsable de la flambée actuelle, appelée Bundibugyo.

Les mesures pour tenter d'endiguer sa propagation reposent donc essentiellement sur le respect des mesures barrières et la détection rapide des cas.

"L’installation d’un lieu approprié de triage et d’isolement était notre souci majeur", mais "le gouvernement et ses partenaires ont beaucoup traîné", estime Salama Bamunoba.

Passants et motos continuent de circuler comme d'habitude dans les rues poussiéreuses du centre-ville. les clients déambulent encore entre les étals des marchés. Les écoles sont restées ouvertes.

- "Négligence" -

A Rwampara comme dans d'autres localités de la périphérie de Bunia, ville de plus d'un million d'habitants auxquels s'ajoutent des dizaines de milliers de personnes déplacées par les conflits, l'inquiétude commence toutefois à gagner la population.

"Nous prenions cette épidémie comme de la blague, mais aujourd’hui nous constatons que la situation devient de plus à plus sérieuse", déclare Gims Maniwa, un habitant de la zone.

"Chez nous au Congo, beaucoup de choses sont faites avec négligence et ce n’est pas bon", s'émeut-il.

Le ministre de la Santé congolais Samuel Roger Kamaba a assuré que les autorités disposent "de tout ce dont les prestataires de soin auront besoin".

Le porte-parole du gouvernement a rappelé mardi la longue expérience de la RDC dans la gestion des épidémies d'Ebola, la plupart du temps en l'absence de vaccin.

La dernière flambée d'ampleur survenue dans les régions de l'est secouées depuis trente ans dans des conflits, avait fait fait près de 2.300 morts pour 3.500 malades, entre 2018 et 2020.

Sur le tarmac de l'aéroport de Bunia, des dizaines d'employés de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) vêtus de gilets fluorescents s'activent pour décharger des cartons d'un avion cargo.

Kits de protection, tests... l'OMS a annoncé mardi avoir livré 12 tonnes de matériel médical dans les régions frappées par le virus.

Des tonnes de matériel s'empilent dans les entrepôts de l'ONG Médecins sans frontières (MSF) à Bunia, notamment de précieux kits de protection individuels destinés aux équipes de santé, particulièrement exposées.

L'épidémie intervient alors que les ONG font face à une baisse générale des aides internationales, en particulier des Etats-Unis depuis le deuxième mandat de Donald Trump.

Les kits de protection "seront un immense soulagement pour nos équipes", assure Trish Newport, responsable des urgences à MSF.

Selon elle, les structures sanitaires dans la région sont saturées de cas suspects.

"Toutes les structures appelées nous ont répondu : Nous sommes pleins de cas suspects. Nous n’avons plus de place. Cela vous donne une idée de la folie de la situation en ce moment", raconte-t-elle.

"Le plus important, c'est d'acheminer le matériel sur le terrain le plus rapidement possible", dit-elle.

M.Jacobucci--PV

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