Pallade Veneta - Ebola : la riposte humanitaire est en train de "rattraper" son retard selon l'OMS

Ebola : la riposte humanitaire est en train de "rattraper" son retard selon l'OMS


Ebola : la riposte humanitaire est en train de "rattraper" son retard selon l'OMS
Ebola : la riposte humanitaire est en train de "rattraper" son retard selon l'OMS / Photo: GLODY MURHABAZI - AFP

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a reconnu mercredi que l'épidémie d'Ebola en Afrique centrale avait bénéficié d'une "avance considérable", que la riposte commence à rattraper.

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Mais "nous sommes encore en retard", a déclaré le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus devant la presse à Genève.

"Seuls 45% environ des contacts ont fait l'objet d'un suivi, et pour maîtriser l'épidémie, nous devons porter ce chiffre à plus de 90%", a-t-il averti.

La RDC a déclaré le 15 mai une épidémie de maladie Ebola, la 17e dans le pays africain de plus de 100 millions d'habitants. L'OMS a déclenché une alerte sanitaire internationale.

Le chef de l'OMS, en visite récente en RDC, s'est dit "très encouragé par le niveau d'engagement" qu'il a constaté, affirmant que cela lui "a donné espoir, même si des défis persistent".

Il a pointé la détection tardive des premiers cas, l'insécurité dans les régions touchées, la méfiance d'une partie de la population et l'absence de vaccin.

Le Dr Tedros a aussi appelé les pays imposant des "restrictions de voyage générales" en raison de l'épidémie à y renoncer, avertissant qu'elles gênaient les efforts visant à contenir le virus mortel.

Il a ajouté que l'OMS "recommande un dépistage à la sortie dans les aéroports, ports et postes frontaliers pour prévenir l'exportation de cas et de contacts".

En RDC, 344 cas confirmés, dont 60 décès, ont été recensés dans 24 zones sanitaires réparties sur trois provinces différentes (Ituri, Nord-Kivu et Sud-Kivu), selon M. Tedros. Les cas suspects ont été ramenés à 116, contre plus de 1.000 la semaine dernière.

En Ouganda, un décès confirmé et 15 cas confirmés ont été signalés, dont un résident congolais ayant voyagé aux Emirats arabes unis, avant d'aller en Ouganda, a-t-il détaillé.

L'OMS collabore avec les autorités sanitaires de l'Ouganda et des Emirats arabes unis pour recueillir des informations supplémentaires sur ce cas, évaluer les risques et faciliter les activités de recherche et de suivi des contacts.

Par ailleurs, un citoyen américain ayant contracté le virus en RDC est toujours soigné en Allemagne.

- "1.000 tests par jour" -

L'évaluation des risques de l'OMS reste inchangée : très élevé au niveau national, élevé au niveau régional et faible au niveau mondial, a indiqué le Dr Tedros.

"La véritable mesure de notre réussite n'est pas de savoir si nous parviendrons à arrêter cette épidémie (...) La seule question est de savoir à quelle vitesse nous y parviendrons", a-t-il insisté.

A Bunia, capitale de l'Ituri, trois centres de traitement d'une capacité totale de 80 lits sont désormais opérationnels. Des unités de traitement ont également été mises en place à Mongbwalu, Rwampara, Beni, Goma et Bukavu, tandis que d'autres sont actuellement en cours de construction, selon M. Tedros.

En outre, "nous nous employons à décentraliser les capacités de laboratoire et de diagnostic dans les zones prioritaires, notamment à Mongbwalu, Beni, Aru, Nyakunde et Tchomia", en Ituri, a-t-il ajouté.

"Je pense qu'avec la décentralisation, ils pourront effectuer 1.000 tests par jour grâce aux cinq laboratoires qui seront mis en place d'ici le début de la semaine prochaine", a affirmé Abdi Rahman Mahamud, directeur du programme d'alerte et de réponse d'urgence de l'OMS.

L'OMS souhaite également renforcer les capacités de préparation, notamment en matière de surveillance, de diagnostic en laboratoire et d'accès aux services de santé, dans les provinces et les pays voisins.

Selon Marie Roselyne Bélizaire, directrice des urgences de l'OMS pour l'Afrique, l'organisation a déployé à ce jour 106 agents dans trois provinces de la RDC et espère en déployer plusieurs dizaines de plus.

Les besoins de l'OMS pour les trois premiers mois de la riposte sont estimés à 115 millions de dollars, un plan financé à ce jour à seulement 35%.

R.Zarlengo--PV

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