Pallade Veneta - MSF s'inquiète de "dangereuses lacunes" dans la réponse à Ebola en RDC

MSF s'inquiète de "dangereuses lacunes" dans la réponse à Ebola en RDC


MSF s'inquiète de "dangereuses lacunes" dans la réponse à Ebola en RDC
MSF s'inquiète de "dangereuses lacunes" dans la réponse à Ebola en RDC / Photo: Jospin Mwisha - AFP

L'épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo (RDC) se diffuse plus rapidement que les capacités de réponse mises en œuvre sur le terrain, a alerté lundi Médecins sans frontières (MSF), s'inquiétant de "dangereuses lacunes" dans la réponse sanitaire.

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"Un mois après la déclaration d'épidémie, la maladie progresse plus rapidement que la réponse", s'inquiète dans un communiqué Kate White, coordinatrice médicale d'urgence de Médecins sans frontières en RDC.

"Personne ne connaît l'ampleur réelle de l'épidémie en RDC, ni quelles sont précisément les zones où le virus circule", estime-t-elle.

L'ONG lance un appel urgent en faveur d'une réponse "à la hauteur de la crise en cours".

La RDC a déclaré le 15 mai une épidémie d'Ebola, la 17e dans ce pays africain de plus de 100 millions d'habitants. L'OMS a déclenché l'alerte sanitaire internationale deux jours après.

Il n'existe ni vaccin, ni traitement homologué contre la rare souche Bundibugyo à l'origine de l'épidémie.

"En dépit de l'intensification récente de la réponse, d'importantes lacunes compromettent les efforts visant à contrôler (l'épidémie, ndlr), que ce soit en matière de diagnostic, de surveillance, de recherche des contacts ou d'engagement communautaire", indique MSF.

Selon l'OMS, qui utilise les chiffres des autorités congolaises, 782 cas ont été recensés jusqu'à présent dont 181 décès.

Mais les chiffres officiels "ne reflètent probablement qu'une partie de la réalité", affirme MSF.

- "La marge de manœuvre se réduit" -

L'OMS a indiqué vendredi dernier que l'épidémie continuait de se propager en RDC, mais un responsable de l'organisation avait souligné que "la situation s'améliore" sur le traçage des contacts, avec un peu plus de 70% des contacts correctement tracés, contre 45% début juin.

MSF avait été l'un des critiques les plus virulents de l'OMS aux débuts de la grande épidémie d'Ebola en Afrique de l'Ouest, estimant qu'elle avait été trop lente à réagir. Cette épidémie d'Ebola, la plus violente de l'histoire, avait frappé l'Afrique de l'Ouest entre fin 2013 et 2016, causant plus de 11.300 morts sur quelque 29.000 cas recensés, à plus de 99% en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone.

Selon Frédéric Lai Manantsoa, coordinateur d'urgence de MSF en RDC, l'épidémie en cours en RDC "peut encore être maîtrisée, mais plus nous attendons, plus la marge de manœuvre se réduit".

Le taux de létalité de l'épidémie est pour l'instant de 23%, selon l'OMS.

"Le dépistage reste l'une des principales faiblesses de la réponse, malgré des améliorations récentes des capacités de laboratoire et l'arrivée de centaines de tests mobiles dans l'est de la RDC", selon Mme White.

"De nombreuses zones, en particulier celles touchées par l'insécurité, ont encore un accès limité à ces tests, et les centres de traitement continuent d'attendre longtemps les résultats des tests", poursuit-elle.

Dans la région du Nord-Kivu, un seul laboratoire est disponible pour analyser les échantillons sanguins, avec des délais de plusieurs jours, selon l'ONG.

En Ituri, qui comptabilisé près de 95% des cas recensés, MSF a observé "de la peur et de la méfiance parmi les habitants face à l'arrivée soudaine des équipes de réponse Ebola".

"Mettre en place des activités et expliquer la maladie ne suffit pas à instaurer la confiance - il faut aussi écouter les préoccupations de la population, et l'inclure pleinement dans la manière de façonner la réponse", souligne M. Lai.

MSF indique envoyer des équipes dans "des zones plus reculées et instables" pour améliorer "les capacités de détection et de réponse là où des alertes sont signalées".

S.Urciuoli--PV

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