Pallade Veneta - Coup de chaleur, déshydratation, décompensation: les maux du chaud

Coup de chaleur, déshydratation, décompensation: les maux du chaud


Coup de chaleur, déshydratation, décompensation: les maux du chaud
Coup de chaleur, déshydratation, décompensation: les maux du chaud / Photo: Ed JONES - AFP

Coup de chaleur, déshydratation, décompensation... Voici un lexique de termes fréquents de l'impact de la chaleur sur les organismes, à l'occasion de la canicule historique touchant quelque 150 millions d'Européens.

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Coup de chaleur

Confronté à la chaleur, qui affecte son fonctionnement dès que la température dépasse 25°C, le corps déclenche plusieurs mécanismes pour se maintenir à 37°C. (transpiration, augmentation du débit sanguin dans les vaisseaux les plus en surface de la peau).

Mais, parfois, cela ne suffit pas, ou l'organisme n'a pas les capacités optimales pour le faire, et un coup de chaleur se produit.

Sous l'effet de cette "hyperthermie", le rythme cardiaque se dérègle et s'accélère fortement, la respiration et la ventilation pulmonaires aussi. Malgré la montée de la température interne, le corps en vient à économiser l'eau au maximum, la sudation s'arrête et les urines foncent, voire disparaissent plusieurs heures.

Dans les signes d'alerte: une fièvre dépassant 40°C, un pouls extrêmement rapide, une peau chaude, rouge et sèche, des maux de tête, des nausées et vomissements, des troubles de la conscience (somnolence ou, au contraire, confusion, irritabilité, voire agressivité).

Les enfants de moins de cinq ans et les personnes âgées, aux mécanismes de défense moins performants, sont les plus à risque. Une santé dégradée, une diarrhée ou une fièvre préexistante, certains médicaments ou l'alcool augmentent aussi les risques.

Mais des adultes bien portants ne sont pas à l'abri. Un effort musculaire intense ou prolongé sous une forte chaleur, pour travailler ou faire du sport, peut exposer au risque du "coup de chaleur d'effort" ou "hyperthermie maligne d'effort", car la chaleur des muscles s'ajoute à la température extérieure.

Déshydratation

Lorsque l'organisme perd davantage d'eau que les boissons et aliments ne lui en apportent, le sang circule moins, et moins bien: certains organes peuvent manquer d'oxygène.

Sans compensation rapide par un apport en eau suffisant, la déshydratation risque de s'aggraver. Lorsqu’elle devient sévère, elle peut provoquer une défaillance de plusieurs organes vitaux, notamment les reins.

Si les personnes âgées, à la sensation de soif réduite, sont particulièrement à risque, les enfants sont aussi très vulnérables, surtout les nourrissons.

Ceux qui travaillent en plein air ou font du sport en extérieur sont également plus exposés. Et certains médicaments, qui augmentent l'élimination d'eau, accroissent le risque.

En asséchant les bronches, la déshydratation peut, par ailleurs, accentuer des pathologies respiratoires, alors même que la chaleur favorise notamment la formation d’ozone, irritant pour les voies respiratoires.

Hyponatrémie

Complication grave mais moins fréquente liée à la chaleur, l’hyponatrémie correspond à une réduction de la concentration de sodium dans le sang - sous les 135 mmol/L. Or le sodium est un des sels minéraux indispensables au bon fonctionnement de l’organisme.

Cette anomalie biologique peut découler d’un apport excessif d’eau par rapport au sodium, ou d’un excès de perte de sel par rapport à l’élimination en eau.

L'âge, certaines maladies chroniques (insuffisance rénale, cardiaque, hépatique, respiratoire, cancers, troubles neuropsychiatriques...) et certains médicaments, à commencer par les diurétiques et les psychotropes, peuvent la favoriser.

Mais l'hyponatrémie peut aussi toucher des personnes en bonne santé, lors d'efforts prolongés, surtout en cas de forte chaleur.

Fatigue anormale, nausées, vomissements, oedèmes figurent dans les symptômes à surveiller. Dans les cas les plus graves, l’hyponatrémie peut conduire à des troubles de la conscience, de la confusion mentale, des convulsions, voire un coma.

Décompensation

La canicule, d'autant plus éprouvante qu'elle dure, provoque aussi parfois une aggravation d'une maladie chronique, notamment cardiaque ou respiratoire.

Des personnes souffrant d'insuffisance cardiaque, de maladie rénale chronique, de broncopneumopathie chronique obstructive ou de diabète de type 2 peuvent ainsi subir une dégradation brutale de leur état lorsque les mécanismes de compensation de l'organisme ne suffisent plus à maintenir un fonctionnement normal.

Face à une aggravation inhabituelle des symptômes (essoufflement, confusion, fatigue intense, diminution importante des urines, malaise, douleurs thoraciques, etc.), une évaluation médicale rapide s'impose.

Ce phénomène de décompensation entraîne des consultations, des hospitalisations, voire des décès parfois plusieurs jours après le début des fortes chaleurs.

C.Grillo--PV

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