Pallade Veneta - Prison à vie pour l'auteur de l'attentat du marché de Noël de Magdebourg

Prison à vie pour l'auteur de l'attentat du marché de Noël de Magdebourg


Prison à vie pour l'auteur de l'attentat du marché de Noël de Magdebourg
Prison à vie pour l'auteur de l'attentat du marché de Noël de Magdebourg / Photo: Ronny HARTMANN - AFP

L'auteur saoudien de l'attaque à la voiture-bélier contre le marché de Noël de Magdebourg, qui avait fait 6 morts et plus de 300 blessés dans cette ville allemande fin 2024, a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité vendredi.

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Le tribunal de Magdebourg (est) a reconnu Taleb Jawad al-Abdulmohsen, 51 ans, coupable de six meurtres, notamment, et retenu la particulière gravité de la culpabilité.

Le tribunal a également ordonné, pour ce quinquagénaire de 51 ans, une rétention de sûreté sous réserve, laquelle sera un jour examinée par la justice.

Ces deux mesures compliquent en pratique une libération anticipée. Sans elles, dans le système juridique allemand, une libération anticipée est en effet possible après 15 ans de prison, même en cas de condamnation à perpétuité.

Le parquet comme les victimes espéraient que la mesure de sûreté, réservée aux détenus dangereux, lui soit imposée d'office.

L'accusé voulait faire "un nombre très élevé de victimes" et a "accepté que toute personne se trouvant dans le rayon d'action de son véhicule puisse être tuée ou grièvement blessée", a déclaré le juge Dirk Sternberg.

Une par une, il a ensuite détaillé les blessures de toutes les victimes, si nombreuses que le tribunal avait construit une salle d'audience pour l'occasion, une structure légère provisoire.

- "Un vide absolu" -

Inge Bormann en est sortie les yeux embués de larmes, se sentant "mal, seule, isolée".

Tremblante, elle a montré à l'AFP une photo d'identité de son amie de "plus de 30 ans", morte dans l'attaque à l'âge de 67 ans. "C'était une partie de ma vie".

"Je souhaite chaque jour qu'elle revienne, ce qui n'arrivera pas. Pour moi, c'est un vide absolu", ajoute-t-elle.

"Je viens de revenir de vacances. Même quand on fait du vélo (avec sa propre famille), on pense au fait qu'on a parcouru ces trajets ensemble."

Tous ses amis et connaissances, qui "souffrent encore aujourd'hui de dépression", auraient souhaité la perpétuité assortie d'une "véritable mesure de sûreté", ajoute-t-elle.

Spectateur assidu du procès, Jens Bergholz, 59 ans, a dit espérer que cette condamnation fasse office de "conclusion" pour les victimes, mais aussi de "première étape pour commencer à aller de l'avant".

Vêtu d'un jeans et d'une chemise longue bleu sombre, le psychiatre saoudien à la barbe grise n'a pas eu de réaction manifeste à l'énoncé du verdict.

Le 20 décembre 2024, un vendredi soir, le médecin avait foncé avec une BMW X3, un SUV compact de plus de 340 chevaux, sur le marché de Noël du centre de cette ville de l'est de l'Allemagne.

Un garçon de neuf ans et cinq femmes âgées de 45 à 75 ans sont morts, plus de 300 personnes ont été blessées.

Au lendemain de l'attentat, les autorités allemandes avaient souligné le profil "islamophobe" de Taleb Jawad al-Abdulmohsen, arrivé en Allemagne en 2006.

Le médecin reprochait aux autorités allemandes de ne pas assez protéger les Saoudiens fuyant leur pays pour des raisons religieuses ou politiques, et de se montrer à l'inverse généreuses à l'égard de réfugiés musulmans venus du Moyen-Orient.

- "Attirer l'attention" -

Par son acte, Taleb Jawad al-Abdulmohsen a voulu "attirer l'attention du public sur ses thèmes", a estimé le juge président Dirk Sternberg.

Un procès perdu contre une association de réfugiés de Cologne et une "faille narcissique" ont contribué à façonner son désir de "vengeance contre la population allemande, qu'il assimilait à l'État", a ajouté le magistrat.

Outre un trouble de la personnalité narcissique, les expertises psychiatriques effectuées avaient conclu à sa responsabilité pénale, sans altération de sa capacité de discernement, et à sa dangerosité persistante.

Accusation et parties civiles ont elles souligné son absence de remords.

"Je n'ai jamais été confrontée à autant de souffrance dans une seule procédure pénale", a insisté Ina Alexandra Tust, avocate d'une famille de victimes, dans une réaction écrite à l'AFP.

"Et malheureusement, l'accusé n'a, jusqu'au bout, pas compris l'ampleur de la souffrance qu’il a infligée aux gens", a-t-elle ajouté.

H.Ercolani--PV

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