Pallade Veneta - Aux Etats-Unis, les restrictions sur plusieurs peptides en passe d'être levées malgré les inquiétudes

Aux Etats-Unis, les restrictions sur plusieurs peptides en passe d'être levées malgré les inquiétudes


Aux Etats-Unis, les restrictions sur plusieurs peptides en passe d'être levées malgré les inquiétudes
Aux Etats-Unis, les restrictions sur plusieurs peptides en passe d'être levées malgré les inquiétudes / Photo: Sarah Silbiger - GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP

Un comité d'experts a recommandé jeudi d'autoriser les pharmacies aux Etats-Unis à concevoir et vendre plusieurs peptides, des substances vantées par des célébrités et influenceurs pour leurs supposés bienfaits thérapeutiques, un assouplissement auquel s'opposaient pourtant de nombreux experts médicaux.

Taille du texte:

Ce groupe doit se prononcer jeudi et vendredi sur l'ajout ou non de sept peptides à la liste des substances autorisées à la fabrication par des établissements spécialisés aux Etats-Unis, les rendant de fait davantage accessibles au public.

Après avoir donné son feu vert au BPC-157, une substance promue pour son potentiel de réparation des tissus, le comité a également voté en faveur d'un autre peptide, le KPV, vanté pour ses effets anti-inflammatoires.

Les peptides sont de courtes chaînes d'acides aminés, les éléments constitutifs des protéines.

Ces dernières années, les peptides synthétiques ont suscité un intérêt croissant, de nombreux influenceurs et célébrités leur attribuant des bienfaits allant d'une peau plus éclatante à une augmentation de la masse musculaire ou l'amélioration de la santé cérébrale.

Toutefois, les preuves cliniques étayant ces promesses sont très limitées, voire inexistantes.

Des experts médicaux ont accusé le ministre de la Santé de Donald Trump, Robert Kennedy Jr, d'avoir composé ce comité d'experts consultatif chargé de conseiller l'Agence américaine du médicament (FDA) avec des personnalités ayant des liens étroits avec l'industrie des peptides.

Connu pour ses positions antivaccins et sa promotion de médecines alternatives, le ministre est un défenseur de ces substances, qu'il dit avoir lui-même utilisé pour traiter des blessures.

- "Potentiellement nuisible" -

La fabrication des substances examinées par le comité avait été restreinte sous la présidence de Joe Biden en raison d'un manque de données issues d'essais cliniques chez l'humain.

Ces restrictions n'avaient toutefois pas freiné leur popularité. Dans de nombreux cas, les peptides peuvent être achetés en ligne auprès de fournisseurs les proposant "pour usage en laboratoire".

Les partisans d'un accès légal élargi, parmi lesquels Robert Kennedy Jr, estiment que les restreindre ne fait que pousser davantage les Américains vers les marchés parallèles.

Par 8 voix contre 6 et une abstention, le comité a approuvé jeudi des recommandations invitant la FDA à ajouter le BPC-157 et le KPV à sa liste des substances autorisées, invoquant "l'intérêt général" et la "liberté médicale".

"Je pense que cette approbation pourrait être potentiellement nuisible et je ne peux, en toute conscience, voter en sa faveur", a déclaré le médecin Brian Lee, membre du comité, pour justifier son opposition à la mesure.

Bien que non-contraignantes, les décisions de ce groupe sont généralement suivies par la FDA.

Elles vont toutefois à l'encontre de l'avis des scientifiques de l'agence, pour qui les preuves cliniques restent à ce jour insuffisantes pour justifier un tel assouplissement.

- "Pseudoscience et arnaque" -

Avant d'examiner chaque cas, le comité a suivi de longues présentations scientifiques sur le sujet et entendu des témoignages favorables comme défavorables d'experts.

Pour Peter Lurie, ancien responsable de la FDA aujourd'hui à la tête de l'ONG CSPI, un allègement des restrictions sur ces produits qui relèvent pour lui de la "pseudoscience et de l'arnaque" est "incompatible" avec les normes de la FDA et dangereuse pour les consommateurs.

Un tel allègement était défendu par plusieurs acteurs du secteur dont la société de télémédecine Hims & Hers.

"Je ne vais pas vous dire que les preuves concernant le BPC-157 sont solides. Elles ne le sont pas (...) ce que je vous demande, c'est de ne pas considérer des preuves limitées comme inexistantes", a plaidé l'un de ses responsables, Anant Vinjamoori, au comité, tout en reconnaissant que son entreprise "bénéficierait commercialement" d'un tel allègement.

A.Fallone--PV

En vedette

Sextorsion : les signes avant-coureurs et la réaction des parents face au chantage numérique

Le chantage sexuel en ligne, ou sextorsion, s'attaque à des adolescents de plus en plus jeunes via des profils fictifs sur les réseaux sociaux. Face à ce fléau numérique, l'anxiété et la honte poussent souvent les victimes au silence. Samuel Comblez, psychologue de l'association e-Enfance, décrypte le piège et explique comment réagir sans culpabiliser l'enfant.

Florent Pagny : son rituel pour surmonter la claustrophobie lors des examens médicaux

En rémission depuis plus de deux ans après son diagnostic de cancer du poumon, Florent Pagny affronte désormais les contrôles médicaux réguliers. Bien que la chanteur de 64 ans affirme aller bien, il doit composer avec une claustrophobie qui rend les IRM et scanners particulièrement anxiogènes. Dans le documentaire Cancer, la vie devant, il détaille les stratégies mises en place pour traverser ces épreuves.

Rapport du HCE : Les femmes plus touchées par la dépression en raison de pressions sociales

Selon un nouveau rapport du Haut Conseil à l'Égalité (HCE), les troubles dépressifs touchent significativement plus les femmes que les hommes en France. Avec 18,2 % des femmes concernées contre 12,8 % des hommes en 2024, le document attribue cet écart non seulement à des facteurs biologiques, mais surtout à un environnement socioculturel et économique défavorable aux femmes.

Matinée scientifique sur la médecine générale à Champion le 14 novembre 2026

La Clinique Saint-Luc Bouge et l’Association des Généralistes de Haute Hesbaye Namuroise (AGHHN) organisent une matinée scientifique à Champion le samedi 14 novembre 2026. Cet événement vise à actualiser les connaissances des médecins généralistes sur des problématiques cliniques et administratives concrètes.

Taille du texte: